La miséricorde pour tous les cœurs contrits
  • Post published:22 novembre 2016

Les deux battants de la Porte Sainte de la Basilique Saint-Pierre se sont refermés. L’année extraordinaire de la Miséricorde a pris fin en ce dimanche 20 novembre. Devant plusieurs dizaines de milliers de fidèles, le Pape François a procédé au rite de fermeture de l’imposante porte de bronze, traversée par plus de 22 millions de pèlerins cette année, avant de présider l’Eucharistie sur une place Saint-Pierre éclairée par un beau soleil.

En ce jour où l’Église célébrait la Solennité du Christ-Roi de l’Univers, le Pape a proposé une réflexion sur la royauté du Jésus, avant d’évoquer les fruits de cette année de grâce. « Même si la Porte Sainte se ferme, la vraie porte de la miséricorde reste pour nous toujours grande ouverte », a-t-il notamment tenu à rappeler.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri ferme la porte sainte après les vêpres en la cathédrale de Gap en présence du Secours catholique

À Gap, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri clôturait également l’année sainte pour son diocèse de Gap et d’Embrun, tenant sans le savoir les mêmes propos dans son homélie : « La porte sainte de la cathédrale va être fermée cet après-midi. Que nos cœurs, eux, restent grand ouverts à nous-mêmes et aux autres. Si notre cœur venait à nous condamner, Dieu est plus grand que notre cœur ». Mgr Jean-Michel di Falco Léandri disait ceci après avoir lu le témoignage qu’il avait reçu quelques jours avant d’une femme meurtrie par trois avortements et qui était repartie réconciliée avec Dieu et avec elle-même après avoir découvert la miséricorde de Dieu. (Voir le texte de cette femme ci-dessous.)

Le Pape François signe la lettre apostolique “Misericordia et Misera” à la fin de la messe conclusive du Jubilé, dimanche 20 novembre 2016.

La lettre apostolique du pape François “Misericordia et Misera” (“Miséricorde et pauvreté”) qui vient d’être rendue publique ce lundi 21 novembre va dans le même sens. « Voici venu le temps de la miséricorde », le Pape François le clame avec force dans cette lettre apostolique.

Une journée mondiale des pauvres

Premier signe concret pour encourager à « continuer avec fidélité, joie et enthousiasme à faire l’expérience de la richesse de la miséricorde » : l’instauration « à la lumière du jubilé des personnes exclues » d’une journée mondiale des pauvres. Elle sera célébrée dans toute l’Église le 33e dimanche du temps ordinaire. Une journée, précise le Pape, « qui aidera les communautés et chaque baptisé à réfléchir sur la manière dont la pauvreté est au cœur de l’Évangile ».

La confession au-delà du jubilé

Le Pape dans ce texte présente également deux autres dispositions particulièrement importantes, rappelant que le sacrement de la réconciliation doit retrouver sa place centrale dans la vie chrétienne.

Juste avant l’ouverture de l’année sainte, le Pape avait annoncé, fait inédit, que durant toute la durée du Jubilé, il concédait à l’ensemble des prêtres, en vertu de leur ministère,  « la faculté d’absoudre le péché d’avortement ». Eh bien « cette disposition qui s’inscrivait dans un temps limité est désormais étendu dans le temps, nonobstant toutes choses contraires », c’est ce qu’a annoncé le Pape François qui rappelle avec force que « l’avortement est un péché grave, parce qu’il met fin à une vie innocente ». Cependant, indique-t-il, « je dois affirmer avec la même force qu’il n’existe aucun péché que ne puisse rejoindre et détruire la miséricorde de Dieu quand elle trouve un cœur contrit qui demande à être réconcilié avec le Père ».

L’autre disposition qui s’étend au-delà de la période jubilaire concerne la fraternité Saint-Pie-X. Le Pape avait décidé que l’absolution reçue en se confessant aux prêtres lefebvristes serait « valide » et « licite » pendant le Jubilé. Le Saint-Père, là aussi, « étend cette faculté au-delà de la période jubilaire, jusqu’à ce que soient prises de nouvelles dispositions, pour que le signe sacramentel de la réconciliation à travers le pardon de l’Église ne fasse jamais défaut à personne ». Une décision, précise-t-il, pour le bien pastoral des fidèles et en comptant sur la bonne volonté de leurs prêtres afin que la pleine communion dans l’Église catholique puisse être recouvrée avec l’aide de Dieu.

Concernant les missionnaires de la miséricorde, « une expérience de grâce que l’Église a vécue avec beaucoup d’efficacité », le Pape souhaite que leur ministère extraordinaire ne s’arrête pas avec la fermeture de la Porte Sainte. François désire qu’il demeure comme signe concret que la grâce du Jubilé est toujours vivante et efficace partout dans le monde.

Le Pape renouvelle aux prêtres l’invitation à se préparer avec grand soin au ministère de la confession, qui est une vraie mission sacerdotale. Enfin, autre suggestion du Pape : qu’un dimanche dans l’année soit entièrement consacré à la Parole de Dieu pour comprendre « l’inépuisable richesse qui provient du dialogue permanent entre Dieu et son peuple ».

Cette lettre apostolique adressée à toute l’Église pour continuer à vivre la Miséricorde a été signée ce dimanche par le Pape au terme de la messe conclusive du Jubilé. Il l’a remise à plusieurs représentants du Peuple de Dieu : au cardinal Tagle, archevêque de Manille, à l’archevêque de Saint-Andrews et Edimbourg en Écosse, à deux « missionnaires de la Miséricorde », à un diacre permanent, deux religieuses, une famille, un couple de fiancés, deux catéchistes, une personne handicapée et une personne malade.

Article inspiré de Radio Vatican

Lien vers le texte intégral de “Misericordia et Misera”

Témoignage

d’une femme
envoyé à Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
et lu à la messe de clôture du jubilé sur la Miséricorde
en la cathédrale de Gap
le dimanche 20 novembre 2016

« Dans les grandes étapes de ma vie, une seule chose a été pour moi impardonnable, c’est celle de mes trois avortements. J’avais beau les confesser, savoir que Dieu me les pardonnait, moi, j’étais malade de remords car j’avais pris conscience que j’avais tué la vie.

Il m’a fallu tomber un jour sur un texte de Marthe Robin, disant que les enfants avortés s’offraient en victime d’amour pour obtenir la Rédemption de leur mère, pour que mon âme s’apaise, et qu’un chant de gratitude se déverse sur mes enfants dans le ciel, un chant venu du cœur d’une mère indigne. Ma joie a été totale quand un autre prêtre m’a dit « As-tu songé qu’il y a dans le ciel des petits saints qui t’attendent et te préparent une place auprès de ton Bien-Aimé ? » À ces enfants qui ont payé de leur vie ma Rédemption et qui m’ont montré le chemin de la sainteté, je ne peux que les prier d’intercéder pour moi auprès du Père Céleste pour qu’il accepte mon offrande de tout mon être à son Amour miséricordieux et me permette de répondre à son appel. Je m’en sens si peu digne, moi, qui l’ai tant trahi, bafoué en rejetant son Église. Seule, sa miséricorde infinie et sa souffrance d’Amour ont eu raison de mon errance et m’ont ramenée dans le Sein du Père. Et que dire de sa patience, elle aussi, infinie !

Au sujet des enfants avortés, Marthe Robin disait : « Ce sont eux qui accueilleront leurs parents au Ciel » « Ces enfants sont les sauveurs de leurs parents ». Cette annonce est inouïe, et le Seigneur a permis que j’en fasse l’expérience pour témoigner de la véracité de ces dires. Oui, Marthe a raison, j’ai envie de le crier sur les toits, de l’écrire en gros caractères ! C’est une nouvelle incroyable qui m’a métamorphosée. C’est par ma propre expérience que j’ai compris que j’étais attendue par eux au ciel et qu’ils veillaient sur moi. Cette nouvelle a provoqué en moi une telle joie qu’est né spontanément, inspiré par l’Esprit Saint, cet « Hymne au Père d’infinie miséricorde » que vous trouverez joint à cette lettre. Et depuis la blessure est guérie, complètement guérie. Je suis dans l’allégresse de savoir ces enfants veillant sur moi. Je sais qu’ils sont là à mes côtés. Je les prie, je peux parfois sentir leur présence. Ils ne sont pas morts, ils sont avec le Père dans la joie du Paradis. Comprenez alors, Monseigneur, que je ne peux plus me taire, il faut que cela se sache pour guérir toutes mes sœurs qui ont un jour connu cette blessure. En cette année de la miséricorde, ce message ne doit pas rester caché. Je sais combien cette bonne nouvelle peut aider à la reconstruction de l’être, et surtout guérir l’âme qui sera conquise par l’amour du Père qu’une telle chose soit possible.

Voici le chant de mon cœur quand j’ai réalisé l’incroyable bonté du Père. Ce poème ne m’appartient pas. Il est pour toutes les femmes. Aussi vous pouvez le donner :

HYMNE AU PÈRE D’INFINIE TENDRESSE

Ô Père d’infinie tendresse
Plus tendre qu’une mère
Aux entrailles plus vibrantes
Que la feuille sous le vent
Nous abreuvant de caresses
Pour panser notre plaie amère

Oui, tu nous fis mères :
Mères, nous avons refusé de l’être
Par peur de n’être pas à même
De pouvoir dire à l’enfant : « je t’aime »,
Trop blessées nous-mêmes pour enfanter
De la vie, nous nous sentions abandonnées.

Abandonnées, seules au monde
Pleurant notre crime immonde,
Meurtries au plus profond de notre ventre,
Ventre sanguinolent où la mort est entrée
Nous avons erré, atterrées, exténuées,
Gémissantes devant la grande béance

De notre cœur. Impardonnables, coupables,
De quoi avons-nous été capables ?
L’aveuglement fatal nous a conduites à l’agir
Qui devait nous faire perdre notre innocence
Et nous conduire à l’errance de la conscience
Aux confins des terres arides.

Mais toi, Père, tu veillais, attendant patiemment
Qu’une lueur dissipe le voile de nos yeux.
Ces enfants que nous n’avions pas voulus,
Ces enfants que nous avons méconnus,
Ces enfants te suppliaient dans les cieux
De n’avoir aucune part à notre châtiment.

Ces enfants plaidaient notre cause :
« Ô Père d’infinie miséricorde, ose,
Ose, ose ce qui est impensable pour la femme,
Obtiens-nous la Rédemption de nos mères.
Nous nous offrons en victimes, petites flammes
En Jésus, pour elles, à jamais offertes ».

Le cœur du Père devant une telle quête,
Sentit ses entrailles frémir,
Pouvait-il s’amoindrir, se durcir,
Ignorer la requête ?
Son cœur se déchira comme le voile du temple
Et un cri jaillit : « Allez, mes enfants »,

« Allez porter la bonne nouvelle sur la terre,
Descendez avec un baume de miel
Pour apaiser l’amertume, la rancœur
Du cœur blessé de votre mère.
Caressez-la, chantez-lui les douceurs du ciel
Et la tendresse ineffable de mon cœur ».

Oh, comble d’allégresse, venue dissiper notre détresse,
Père, tu alchimisas notre crime en grâce de Rédemption.
Nos enfants avortés, tu les fis « enfants de la promesse »,
Et l’abîme de tes entrailles révéla l’infinie compassion
De ton cœur déchiré de Père, plein de miséricorde.
Ces petits Saints adorateurs auprès de ton trône sacré
Nous attendent en chantant ta louange à jamais,
Oh, comble de tendresse !!!

Cet article a 2 commentaires

  1. croassant arlette

    Merci, Monseigneur,
    Ce témoignage poignant d’une femme meurtrie dans ses entrailles, mais sa blessure et son âme apaisées par le Père d’infini tendresse!
    Un poème à lire et très émue Monseigneur.
    Ces enfants accueilleront leurs parents aux Cieux. Merveilleux!

  2. Pons

    Mon seigneur, MERCI, pour avoir lu ce témoignage, très émue , ces paroles bouleverssantes, mon fait venir des larmes aux yeux.MERCI encore Mon seigneur.Avec toute ma reconnaissance, à bientôt

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