“Mission impossible ? Pas si nous l’acceptons”, dit en substance Mgr Jean-Michel di Falco Léandri au Noyer
  • Post published:18 décembre 2013

Dimanche 15 décembre, à l’invitation du père Jean-Pierre Oddon, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri a présidé la messe au Noyer en présence de Jacques Fougairolle, maire de la commune, de Jean-Yves Dusserre, président du Conseil général, des artisans qui ont oeuvré à la rénovation de l’église (carrelage, peintures, boiserie), et de nombreux paroissiens venus des divers hameaux. La célébration était suivie d’un apéritif à la salle communale.

« Et si l’impossible devenait possible » est le thème mis en valeur dans les paroisses du Champsaur et du Valgaudemar durant ce temps de l’Avent. Mgr Jean-Michel di Falco Léandri a abordé ce thème à partir des lectures bibliques du jour et de la série américaine Mission impossible.

Ci-dessous quelques photos de la célébration et de la visite de la crèche aux Évarras, et l’homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri. 

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri et le père Jean-Pierre Oddon


Jacques Fougairolle, maire du Noyer
L’assemblée
Mgr Jean-Michel di Falco remercie les artisans
Bénédiction de l’assemblée et des murs
Procession des offrandes

 L’homélie 

“Mission impossible”

La plupart d’entre nous dans cette assemblée, nous nous rappelons la série télévisée américaine Mission impossible, diffusée à partir de la fin des années 60 en France, puis à nouveau à la fin des années 80, et devenue aujourd’hui un film pour le cinéma.

Mission impossible est une histoire d’agents secrets possesseurs de nombreux gadgets.

Les épisodes débutent tous de la même manière. L’agent secret reçoit un magnétophone avec un message commençant toujours par cette phrase : « Bonjour, Monsieur. Votre mission, si toutefois vous l’acceptez… etc. » La mission est alors décrite, une mission impossible à accomplir. Évidemment, l’agent secret accepte toujours et en vient à bout avec son équipe.

« Bonjour, Monsieur. Votre mission, si toutefois vous l’acceptez… »

L’impossible le plus souvent n’est pas un fait. Ce n’est qu’une opinion. On pense que c’est impossible. Alors qu’en fait c’est réalisable.

Que faut-il alors pour réaliser l’impossible ?…

De la volonté, du courage, de la patience, de la persévérance.

Dominique Villars (1745-1814), natif de Villard, sur la commune du Noyer
Une page de son registre d’observations botaniques

Impossible de recenser toutes les plantes de la région ? Et pourtant Dominique Villars se lance dans l’aventure, avec l’abbé Dominique Chaix d’abord, son aîné de quinze ans, et puis ensuite chacun de son côté. Et après plus de vingt ans d’observation, Dominique Villars publie son Histoire des plantes de Dauphiné avec la description minutieuse de plus de 2 700 espèces.

Le père Louis Guillaumier au centre, le 10 avril 2013, jour anniversaire de ses 70 ans d’ordination presbytérale

Impossible de s’imaginer prêtre pendant 70 ans ? Et pourtant c’est le témoignage de vie que nous a laissé le père Louis Guillaumier. Né à La Guinguette, baptisé à Lacou, il était un enfant de votre commune. En avril dernier il célébrait ses 70 ans de vie sacerdotale. Et en juillet il est allé rejoindre le Christ, le maître de l’impossible, qu’il a servi avec fidélité toute sa vie.

Impossible de restaurer toutes les églises d’une commune aussi étendue que la vôtre et pas vraiment surpeuplée ? Et pourtant vous vous êtes lancés dans l’aventure.

Impossible de faire tomber le mur de Berlin ? Impossible de faire tomber les murs de l’apartheid ? Et pourtant des hommes et des femmes ont œuvré en ce sens. À quel prix parfois ! Et par eux, avec eux, l’impossible est devenu possible.

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri concélébrant avec le pape François le 28 novembre 2013

Impossible de réformer l’Eglise ? Et pourtant le pape François s’attelle résolument à cette tâche. Lorsque je l’ai rencontré le mois dernier à Rome, il m’a dit : « Priez pour moi. Ce n’est pas facile. » Il ne m’a pas dit « c’est impossible », mais « ce n’est pas facile ». Nuance.

Et les lectures d’aujourd’hui, que nous disent-elles ? Impossible pour un désert un jour de reverdir ? Pour les boiteux de bondir ? Pour les sourds d’entendre ? Pour les muets de crier ? Pour les aveugles de voir ? Si, tout à fait possible.

Et pour Jean-Baptiste dans sa prison ? Est-ce en vain qu’il a annoncé le Christ ? Est-ce en vain qu’il a espéré sa venue ? Non. Il est en prison. Il a mouillé sa chemise. Ou plutôt sa tunique en poil de chameau. Il a dit à Hérode bien en face ses quatre vérités. Ça n’a pas été facile. Mais cela n’a pas été en vain. Sa mission portera du fruit, même si elle lui coûte sa tête.

Jean-Baptiste n’a pas cherché à plaire, à être à la mode, à être dans le vent. « Être dans le vent, c’est avoir le destin des feuilles mortes », disait le philosophe Jean Guitton. Jean-Baptiste n’est pas un roseau agité par le vent. Il est un roc ! Et pourtant le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui, nous dit l’Évangile.

Qui sont les plus petits ?… Mais nous voyons ! Chacun de nous peut l’être ! Il y a quelque chose d’étonnant dans cet évangile : c’est que Jean-Baptiste, qui est pourtant présenté comme un roc, se pose des questions sur Jésus. Il ne sait plus ce qu’il doit en penser. « Es-tu celui qui doit venir ou devons-nous en attendre un autre ? » Alors si même Jean-Baptiste se pose des questions au sujet de Jésus, pourquoi aurions-nous honte de nous en poser ?

Jean-Baptiste se pose des questions au sujet de Jésus car Jésus ne correspond pas à l’idée qu’il s’en faisait. Et nous alors ? Nous aussi nous pouvons être surpris par les manières d’être et d’agir de Jésus, avoir du mal à les accepter. Et puis nos vies elles-mêmes ne correspondent pas forcément à l’idée qu’on s’en faisait plus jeune, à ce que nous avions rêvé. En acceptant les manières d’être et d’agir de Jésus, en reconnaissant que nous avons besoin d’aide, que nous ne pouvons pas tout faire, que nous avons besoin des autres, nous devenons plus grands que Jean-Baptiste, car enfin nous comprenons que l’impossible n’est pas de notre seul ressort !

Le Messie n’est pas Zeus ou Jupiter ! Il ne vient pas avec la foudre et le tonnerre. Il vient dans la crèche. Il vient pour guérir. Il vient pour nous donner la main. Il vient nous accompagner.

Pour que l’impossible devienne possible, nous avons besoin les uns des autres. « Une personne n’est une personne que grâce aux autres personnes et avec les autres personnes. » C’est ce que rappelait Mgr Emmanuel Lafont, l’actuel évêque de Cayenne, à la suite du décès de Nelson Mandela. Emmanuel Lafont avait été curé pendant treize ans à Soweto, en Afrique du Sud, durant l’apartheid, et il avait rencontré le leader sud-africain.

Nous avons besoin les uns des autres pour rendre l’impossible possible. Pour en revenir à la série télévisée Mission impossible, ce n’est jamais seul que l’agent secret part remplir la mission qu’il a acceptée de remplir, c’est en équipe.

Alors voilà, mettons-nous aujourd’hui dans la peau de l’agent secret de Mission impossible. Faisons tourner le magnétophone. Écoutons ce qu’il nous dit : « Bonjour, habitants de la commune du Noyer. Votre mission, si toutefois vous l’acceptez, sera de préparer les chemins du Seigneur dans vos cœurs, dans vos familles, dans cette commune, sur ces paroisses. »

Allez-vous accepter cette mission ? Êtes-vous prêts à tenir bon et à durer malgré les moments de doute et de découragement ? À chacun de répondre dans le secret de son cœur.

+ Jean-Michel di FALCO LÉANDRI
Évêque de GAP et d’EMBRUN

 

Visite de la crèche animée des Évarras

Visite, après l’apéritif dans la salle communale, de la crèche dans le hameau des Évarras
Une partie de la crèche animée
Un détail du côté des montagnes
Autre détail : à Pindreau, la Vierge Marie montre le chemin du Laus à Benoîte Rencurel

La chapelle des Évarras est ouverte tous les jours de 14h00 à 17h30 jusqu’au 26 janvier.
Venez y découvrir cette crèche animée !

 Site internet de la commune du Noyer
Le Noyer

 

 

 

Cet article a 1 commentaire

  1. Luc-André Biarnais

    Le diocèse possède les registres de baptêmes, mariages et sépultures signés par l’abbé Chaix… car son engagement politique – modéré d’ailleurs – au temps de la Révolution française, ses recherches scientifiques accompagnaient le ministère qu’il exerçait. Ces registres sont conservés aux archives du diocèse. La Bibliothèque Mgr Depéry conserve, elle, les trois volumes de l’Histoire des plantes de Dauphiné ainsi que les planches.

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