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Jeudi 8 septembre 2022 – Nativité de Marie11h15 – Pélé des malades au Laus

C’est la nativité de Marie ; c’est l’anniversaire de la Vierge Marie. Les plus anciens se rappellent que cette fête du 8 septembre était la date traditionnelle du grand pèlerinage annuel au Sanctuaire du Laus; qui fut ensuite fort judicieusement transféré au 1er mai, premier jour du mois de Marie, permettant ainsi de regrouper un nombre plus important de fidèles. Il me semble que ce matin nous lui fêtons dignement son anniversaire en étant monté au Laus et en lui offrant notre participation à cette fête et à ce pèlerinage, chers amis malades.

Voyez qu’au fil des premiers siècles, l’Eglise s’est plu a détailler divers moments de la vie de la Vierge, commençant par sa Nativité, première apparition visible de celle en qui le salut sera donné, puis la présentation de Marie au Temple, et enfin l’Annonciation. Bien sûr tout est lié à la naissance du Sauveur; ce qui explique le choix de l’évangile de cette fête. Dans sa version courte que nous avons entendu, il nous rapporte l’Annonce à Joseph, autre préalable à la Nativité de Jésus. Quand l’Eglise acclame ce jour la nativité de Marie, elle ne sépare pas la naissance de l’Emmanuel et celle de la Vierge. C’est admirable que Jésus, étant Fils de Dieu de toute éternité, voulut l’être aussi dans la nature humaine et dans le temps. Il avait donc résolu qu’il aurait une Mère. Et c’est extraordinaire pour nous, car Jésus a voulu vivre la même expérience que nous, avoir une mère. En cette fête de la Nativité de Marie, rendons grâce à Dieu pour notre propre Mère, quel que fut d’ailleurs son exercice de la maternité qui a pu comporter des zones d’ombre.

Et il eut un père adoptif, Saint Joseph. Les versets précédents sont la longue liste des aïeux de Joseph, la généalogie de Jésus par son père adoptif, qui le fait naître dans cette famille qui fait de lui la descendance promise à Abraham et le fils promis à David.

Nous voyons que d’emblée Matthieu annonce la conception virginale : « avant qu’ils aient habité ensemble, elle fut enceinte par l’action de l’Esprit Saint ». Alors quand Joseph – le juste – a découvert le pot aux roses, sa réaction fut de se refuser à la dénoncer et de songer à la renvoyer secrètement. St Jérôme se demande : « comment Joseph est-il déclaré juste si l’on suppose qu’il cache la faute de son épouse ? Loin de là : c’est un témoignage en faveur de Marie : Joseph connaissant sa chasteté, et bouleversé par ce qui arrive, cache par son silence, l’évènement dont il ignore le mystère ». L’ange confirmera l’intuition de Joseph qu’il est devant un mystère qui le dépasse. Juste, il ne se tient pas habilité à garder Marie pour épouse et l’enfant pour son fils. St Bernard dit que c’est la même motivation qui poussa Pierre à dire à Jésus : « Eloigne toi de moi Seigneur, car je suis un pécheur. » L’évangéliste poursuit : « Comme il avait formé ce projet, voici que l’ange du Seigneur lui apparut en songe et lui dit :  « Joseph, fils de David » C’est bien l’enjeu, que Jésus soit reconnu comme le fils promis à David. « Ne crains pas de prendre chez toi Marie ton épouse ». « Ne crains pas », fait écho à cette sainte crainte dont parlait st Bernard. « Prendre chez toi » est l’inverse de « renvoyer ». Marie est bien son épouse, Joseph est bien son époux ; quel merveilleux couple, plein de respect entre eux. L’ange lui révèle ensuite sa mission d’adoption : « tu lui donneras le nom ». Car selon la coutume juive, donner à l’enfant son nom, c’est le reconnaître pour son fils. Jésus entre alors pleinement dans la lignée de Joseph et donc de David et d’Abraham.

L’ange lui donne aussi la raison de sa demande, par les deux noms qu’il propose : « Jésus, Dieu sauve », car « c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés », et « Emmanuel, qui se traduit : Dieu-avec-nous », selon la prophétie d’Isaïe.

Frères et soeurs, soyons dans la joie, car la Nativité de la BVM fit lever sur le monde l’Espérance et l’aurore du Salut.

Avec l’Eglise, implorons comme fruit de cette fête, d’accueillir toujours plus comme Joseph et comme Marie ce mystère de notre Salut. Oui, Jésus est Dieu-sauve ; l’Emmanuel est Dieu-avec-nous. C’est la source d’une paix profonde. 

Implorons aussi comme fruit de cette fête la paix, qui semble fuir nos temps malheureux. Comme nous l’a proposé la prière d’ouverture : « puisque la maternité de la BVM fut à l’origine de notre salut, que la fête de sa nativité nous apporte un surcroit de paix ».

Soyons dans la paix, soyons dans l’émerveillement du dessein de Dieu. Jésus a voulu avoir une mère. Amen !