Ce jour de Noël, Dieu n’a qu’une parole à nous dire, son Fils – Homélie 25 décembre 2020 Crots – Crévoux

11h00 CROTS – 18h00 CREVOUX

La messe de ce jour de Noel a une saveur différente que celle de cette nuit. Les textes se complètent admirablement. Je le signale car beaucoup de chrétiens ne connaissent pas cette richesse, et la grâce qu’il y a de participer aux deux liturgies, celle de la nuit et celle du jour. A vrai dire, il y aurait même 4 liturgies possibles en ajoutant une messe dite de la veille au soir et une messe de l’aurore ou messe des bergers ; ce qui se vit encore dans les monastères.

Cette nuit donc, c’était la naissance à Bethléem qui nous était rapportée. Ce jour, nous approfondissons le mystère à partir de 3 magnifiques lectures.

L’auteur de la lettre aux Hébreux nous donne la clef de ces lectures : « À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils ». 

Saint Jean dans son prologue qui est un des sommets de la Bible proclame : « Au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu. Puis il ajoute : Et le Verbe s’est fait chair, il a habité parmi nous. »

Frères et soeurs, ce jour de Noël, Dieu n’a qu’une parole à nous dire, son Fils. De tout temps Dieu n’a dit qu’une parole, son Fils, que Jean appelle le Verbe, car il agit.

Mais Dieu n’a pas le Verbe haut. Il n’a pas le verbe fort. Il ne parle pas fort. Il ne crie pas fort. Il n’élève pas la voix… Il babille comme un nourrisson ! Rappelez vous quand Dieu apparaissait au prophète Elie pour le rasséréner alors que ses ennemis le poursuivaient et qu’il voulait mourir : Dieu n’est pas dans le tonnerre, Dieu n’est pas dans le tremblement de terre. Dieu est dans la brise légère.

Et qu’est-ce que dit le Verbe du Père ? Isaïe l’a prophétisé : « Comme ils sont beaux sur les montagnes, les pas du messager, celui qui annonce la paix, qui porte la bonne nouvelle, qui annonce le salut. » Voilà ce que Dieu dit, ce qu’une troupe céleste innombrable, chantera aux bergers : « Gloire à Dieu au plus haut des cieux, et paix sur la terre aux hommes, qu’Il aime. » Alors ajoute Isaïe : « Éclatez en cris de joie, vous, ruines de Jérusalem, car le Seigneur console son peuple. » Comment est-ce que le Seigneur nous console ? 

Lors de la terrible explosion qui a détruit en grande partie la ville de Beyrouth au Liban cet été, juste après l’explosion, à la lumière des téléphones portables, un bébé est né dans un hôpital dévasté. La vidéo de cette naissance a redonné l’espérance au peuple libanais. La vie est plus forte que la mort. A Bethléem, ce tout petit bébé qui vient de naître est fragile, à la merci des sbires d’Hérode, comme à la merci d’une maladie. Fragile mais c’est une promesse de vie, mais c’est le Sauveur incarné. Les anges l’ont annoncé aux bergers : « Aujourd’hui, dans la ville de David, vous est né un Sauveur qui est le Christ, le Seigneur. Et voici le signe qui vous est donné : vous trouverez un nouveau-né emmailloté et couché dans une mangeoire. »

Et pourtant cette parole de paix, va rencontrer la guerre. De la part d’Hérode et de la part de beaucoup dans le peuple élu, qui vont refuser cette lumière : « Le Verbe était la vraie Lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde, poursuit St Jean dans son prologue. Il était dans le monde, et le monde était venu par lui à l’existence, mais le monde ne l’a pas reconnu. Il est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas reçu. »

C’est contraire à l’invitation lancée par l’auteur de la lettre aux hébreux : « au moment d’introduire le Premier-né dans le monde à venir, il dit : Que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu. »

Frères et soeurs, ce jour de Noël, alors que l’enfant est né cette nuit, accueillons cette lumière, prosternons-nous devant lui, comme les anges. Accueillons, adorons celui venu nous apporter la lumière, comme disait le verset lu au moment de l’Alléluia : « Aujourd’hui la lumière a brillé sur la terre. Peuples de l’univers, entrez dans la clarté de Dieu ;venez tous adorer le Seigneur. »

Quelle belle expression ! Entrons dans la clarté de Dieu. Même si la situation personnelle ou internationale nous accable. Entrons dans la clarté de Dieu. Passons de l’ombre à la lumière de Noël. 

Amen.