Un oratoire à double-face à Pontis béni par Mgr Jean-Michel di Falco
  • Post published:2 juin 2014

Jeudi de l’Ascnesion, dans l’après-midi, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri s’est rendu à Pontis accompagné du Père Christophe Disdier-Chave, vicaire général du diocèse de Digne, pour bénir un oratoire.

La paroisse de Pontis, située entre Durance et Ubaye, fait partie du diocèse de Digne mais est desservie par le père André Bernardi, curé pour l’Embrunais et le Savinois. Géographie oblige !

Les paroisses de l’Embrunais et du Savinois fêtaient ce jour-là leur rassemblement annuel de l’Ascension, avec messe en plein air le matin, pique-nique, visite de l’église et de l’ancienne école communale, bénédiction de l’oratoire.

Ci-dessous des photos de la journée, puis le récit de l’histoire de l’oratoire par Sylvie Damagnez, publié sur le site de l’Association Connaissance et Sauvegarde des Oratoires.

Durant la messe en plein air le matin. De gauche à droite : le père Michel Matthieu, religieux dominicain à l’abbaye de Boscodon, le père André Bernardi, curé pour les paroisses de l’Embrunais et du Savinois, le père André Foy, prêtre à la retraite domicilié à Embrun, et André Vallet, diacre permanent domicilié à Savines

À la fin du pique-nique. De gauche à droite : le père Christophe Disdier-Chave, vicaire général pour le diocèse de Digne, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, le père andré Bernardi, curé pour les paroisses de l’Embrunais et du Savinois.

Visite de l’église de Pontis et présentation des deux tableaux tout juste restaurés sous l’égide du Conservateur des Antiquités et Objets d’Art, avec la participation notamment de la Fondation du Patrimoine. (voir ci-dessous pour les photos avant et après restauration)

Présentation par Georges Gambaudo, maire de Pontis, du “wagonnet des Espagnols”. Des plaques en quatre langues (espagnol, français, italien et anglais) racontent l’histoire des républicains espagnols fuyant la répression franquiste embauchés à Pontis de 1939 à 1940 dans la 93e compagnie de travailleurs étrangers (CTE).

Pontis a compté jusqu’à trois écoles communales simultées… Pour celle installée au coeur du village, une même maison servait à la fois de mairie, d’école communale et de presbytère.

… Un musée a été installé dans la dernière école de la commune fermée en 1966. Musée de Pontis

En route vers l’oratoire dans la superbe hêtraie sise sur la commune

Autour de l’oratoire pour la bénédiction

Avant restauration. Vierge à l’Enfant (date inconnue). L’Enfant Jésus tient deux scapulaires portant la croix rouge et bleue des Trinitaires. Il les tend aux âmes à libérer du purgatoire.

Après restauration. Les Trinitaires sont un ordre religieux créé par saint Jean de Matha, originaire de Faucon près de Barcelonnette. L’ordre avait été fondé en 1194 pour libérer les chrétiens prisonniers des Maures. Aujourd’hui les Trinitaires luttent contre tout ce qui enferme l’homme et l’entrave dans sa croissance humaine et spirituelle. Ils ont toujours un couvent à Faucon : Trinitaires

Avant restauration. Saint Jérôme (vers 1665)

Après restauration. Saint Jérôme est le patron de l’église et de la paroisse.

Article de Sylvie Damagnez
du site de l’Association Connaissance et Sauvegarde des Oratoires

Cette cérémonie [autour de l’oratoire] rassemblait les habitants et amis, qui, en ce jeudi de l’Ascension, dans une clairière du joli bois de hêtres, avaient assistés à la messe en plein air, célébrée par le Père André Bernardi, et qui fut suivie d’un pique-nique.

L’après-midi, dans le petit musée communal, les paroissiens ont accueilli Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap et d’Embrun, venu bénir l’oratoire en présence de M. Georges Gambaudo, maire de Pontis, de Mme Sylvie Jaubert, et de M. Charles Louison, anciens maires, tous deux à l’origine de la restauration de l’oratoire, décidée en 2011 par une délibération du conseil municipal et dont les statues avaient été volées il y a quelques années.

Notre-Dame de la Paix

Notre-Dame des Champs

Lors de la bénédiction des statues par Monseigneur l’Évêque, prières et chants se sont succédé en présence d’une soixantaine de personnes. La statue qui a pris place dans la niche de Notre-Dame de la Paix a été offerte il y a quelques années par un paroissien dont le père avait souhaité qu’elle fût remise à une église. Celle qui orne à présent la niche de Notre-Dame des Champs a été offerte par la famille de Sylvie Jaubert, à l’occasion de la naissance de sa petite-fille Louise. L’intérieur des niches a été décoré de jolies peintures murales par le fresquiste-cadranier Rémi Potey en 2011, comme le montrent les photos ci-dessus.

   
   
   

Cet oratoire, construit à l’emplacement et avec les pierres  de l’ancienne chapelle est en effet doté de deux niches opposées et les restes du muret des fondations de la chapelle affleurent encore autour de l’oratoire. Personne ne sait plus très bien quand il a été construit, mais il a été restauré à la fin du XXe siècle. On raconte qu’ici, il y a très longtemps, on amenait les enfants mort-nés sans baptême.  Ces enfants semblaient revivre quelques secondes, le temps de  les baptiser ; on croyait qu’ainsi ils ne passeraient pas le reste de leur éternité à errer dans les limbes. Après leur baptême dans ces “sanctuaires à répit”, ils étaient enterrés dans un “petit cimetière”  pour enfants près de la chapelle, dont il ne reste rien hors le souvenir.

Notre-Dame de la Paix

Notre-Dame des Champs

Il y avait beaucoup d’émotion pour la bénédiction de l’oratoire qui fait la fierté des villageois, en cette journée champêtre, illuminée par les rayons du soleil, filtrés par l’épais rideau de feuilles du bois de Saint-Canis.

Photos Sylvie Damagnez et Gaston Willems

Texte Sylvie Damagnez

Le 3 juin 2014