Ordination d’Éric Blanchard : « Le prêtre est le messager de l’Amour »

Ordination d’Éric Blanchard : « Le prêtre est le messager de l’Amour »

Dans la cathédrale de Gap archicomble, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri a ordonné Éric Blanchard prêtre en ce dimanche 15 janvier. Une célébration de deux heures et demie empreinte de dignité, de simplicité, d’émotion, d’authenticité et de ferveur.

« Jour sublime » dira Éric Blanchard pour remercier. Sublime pour tous ceux, du diocèse ou d’ailleurs, qui entouraient Éric de leur prière et de leur joie.

Ci-dessous, retour sur l’événement avec notamment une trentaine de photos légendées, l’homélie dans son intégralité de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, des vidéos, et l’accès à trois albums-photos de la célébration et du dîner au CMCL de Gap.

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Extraits du Livre d’or

« Le prêtre Éric sera passeur de la beauté du Christ,
musicien de l’Évangile. »

« Tout comme un enfant qui se mire dans l’eau,
toi tu as décidé de le faire dans le ciel. »

« Le 15 janvier 2012 restera en mémoire,
un moment fort de partage d’une émotion palpable, ressentie de tous.
Fier et admiratif, c’est la joie simple qui reste. »

« Dans ta progression, reste l’homme que tu es,
un regard intelligent, sensible,
un humour décapant,
un coeur affectueux
et un musicien hors norme. »

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PhotOs légendées

Une cathédrale archicomble !
La procession d'entrée.
Eric Blanchard avec à sa droite sa mère Laurette, sa belle-soeur Laetitia, sa cousine Nathalie, et son frère Stéphane.
Džana Develter, de la paroisse Saint-Arnoux, professeur au collège-lycée Saint-Joseph, apporte son témoignage sur Éric.
Proclamation de l’Évangile par le diacre Nelson Da Costa.
Après son homélie (voir texte et vidéo ci-dessous), Mgr Jean-Michel di Falco Léandri interroge l'ordinand : "Éric, avant d’être ordonné prêtre, il convient que tu déclares devant l’assemblée ta ferme intention de recevoir cette charge."
Ses mains dans celles de son évêque, Éric promet de vivre en communion avec lui et ses successeurs, dans le respect et l’obéissance.
Avec tous les saints qui intercèdent pour tous, l'assemblée confie à la miséricorde de Dieu celui qu’il a choisi comme prêtre.
Fidèle à la tradition reçue des apôtres, l'évêque impose les mains en silence.
Puis tous les prêtres présents font de même.
Les prêtres gardent leur main étendue pendant que l'évêque proclame la prière consécratoire qui achève de faire d'Éric un prêtre : "Nous t’en prions, Père tout-puissant, donne à ton serviteur que voici d’entrer dans l’ordre des prêtres. Répands une nouvelle fois au plus profond de lui-même l’Esprit de sainteté."
Le nouveau prêtre, aidé par Cyrille Delort (séminariste pour les MEP au séminaire universitaire des Carmes) et le Père Emmanuel Poppon (MEP), revêt l’étole presbytérale et la chasuble.
L’évêque oint les mains du nouveau prêtre : "Éric, que le Seigneur Jésus Christ, lui que le Père a consacré par l’Esprit Saint et rempli de puissance, te fortifie pour sanctifier le peuple chrétien et pour offrir à Dieu le sacrifice eucharistique."
Les Soeurs de La Salette apportent le pain et le vin à l'évêque qui les remet à Éric en disant : "Reçois l’offrande du peuple saint pour la présenter à Dieu. Aie conscience de ce que tu feras, imite dans ta vie ce que tu accompliras par ces rites, et conforme-toi au mystère de la croix du Seigneur."
Début de la célébration eucharistique. Mgr Jean-Michel di Falco Léandri encense l'autel et les offrandes.
Première concélébration du Père Éric Blanchard. Ici au moment de la consécration.
Guides et Scouts, jeunes et enfants de tous âges sont invités à dire le Notre Père autour de l'autel.
Le Père Éric Blanchard se dirige vers les premiers bancs. Il apporte ici la paix du Christ à son frère Stéphane.
Stéphane Blanchard joue "Una Limosna por el Amor de Diós (El Último Trémolo)" de Agustín Barrios Mangoré (1885-1944). "La charité, pour l'amour de Dieu !"
Le Père Éric Blanchard donne la communion.
"Les Prêtres", repris en choeur par toute l'assemblée, chantent "Alléluia" !
Photo de "famille" avant la procession de sortie.

  

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Homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

 

Homélie
pour la célébration de l’ordination presbytérale
d’Éric Blanchard

Dimanche 15 janvier 2012
Cathédrale de Gap

Frères et sœurs,

Sans doute n’avez-vous pas oublié ce que j’ai dit ici même il y a quelques mois, lors de l’ordination diaconale d’Éric et de Nelson. À savoir que nous entourions deux fous de notre prière. Ce soir, encore vous avez devant vous quelqu’un habité par la même folie.

« Regardez Éric, jeune, intelligent, particulièrement doué en musique, et voilà qu’il fait le choix de répondre à l’appel du Christ et de son Église en devenant prêtre et en renonçant à tout ce que la carrière de concertiste international qui s’ouvrait devant lui pouvait lui apporter de satisfaction, de plaisir et d’argent. »

Mais pourquoi dire qu’il est fou ? Cela ne se voit pas. Il y a bien certaines personnes qui trouvent qu’il porte des cheveux trop longs. Si si, on me l’a écrit ! Est-ce là un signe de folie ? Auraient-ils oublié, ceux qui m’ont écrit, que le saint curé d’Ars lui-même portait les cheveux bien plus longs. Ce n’est pas pour autant un signe de sainteté malgré toutes les qualités attribuées à Éric lors du témoignage entendu tout à l’heure.

Alors où est la folie ? Y-a-t-il quelque chose de fou dans le choix d’Éric de se mettre ainsi au service du Christ, de son Église et de ses frères ? Et pour son évêque, y-a-t-il folie d’accueillir favorablement sa demande en authentifiant au nom de l’Église son appel ?

Certes c’est folie de renoncer à marcher sur le tapis rouge du succès qui se déroulait sous les pas d’Éric.

Mais il y a plus grave.

Sa folie […] s’appelle la folie d’aimer.

C’est folie de prendre un tel engagement au moment où l’on voit les chrétiens malmenés, moqués, caricaturés par des prétendus artistes qui construisent leur notoriété dans la recherche du scandale en bafouant les symboles chrétiens.

C’est folie que de vouloir devenir prêtre alors que dans certaines régions du monde des chrétiens, tels les martyrs de l’Église primitive, sont assassinés par des extrémistes au nom même de Dieu.

C’est folie que de vouloir servir le Christ dans une Église affaiblie par le manque de prêtres, fragilisée par la diminution du nombre de fidèles, humiliée par les défaillances de certains de ses membres.

Non, si folie il y a, celle d’Éric est ailleurs.

Sa folie à lui, comme celle de tous les jeunes gens qui s’engagent à la suite du Christ dans le sacerdoce, s’appelle la folie d’aimer. Éric n’écrivait-il pas dans un texte récent : « Je suis assoiffé d’amour ! » Aimer celles et ceux que le Christ rassemble dans son Église mais aussi celles et ceux qui attendent sur le seuil et n’osent le franchir par crainte de ne pas être accueillis. Pas crainte d’être jugés, rejetés, condamnés parce que leur vie n’est pas toujours en conformité avec ce que le Christ attend de nous.

L’amour est l’ADN des enfants de Dieu.

Souvent résonne en mon cœur ce que me disait un jour un animateur de télévision connu de vous tous et dont la vie n’était pas à donner en exemple : « Je n’attends pas que l’Église me dise que ce que je vis est bien, je sais que c’est mal, mais ce que j’attends, c’est qu’elle m’aime. »

C’est le pape Jean Paul II qui a dit : « l’amour est l’ADN des enfants de Dieu. »

Seul l’amour peut relever le pire des pécheurs. Le Christ, ne juge pas et ne condamne pas les pécheurs, il les invite à changer de vie, à la conversion, à ne plus pécher. En revanche il juge et condamne sévèrement ceux qui jugent et condamnent les pécheurs.

N’est ce pas la même folie d’aimer qui a conduit le Christ au sommet de la croix ? Souvenez vous : « Mon commandement le voici : Aimez-vous les uns le autres comme je vous aimés. Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux que l’on aime. »

Dans le creuset de nos renoncements le Christ Jésus vient loger l’abondance de sa grâce qui est source de joie et de bonheur.

Je ne sais si vous avez remarqué lors de la lecture du premier livre de Samuel, alors que celui-ci s’est entendu appeler par son nom, la phrase que je vais vous lire : « Samuel ne connaissait pas encore le Seigneur, et la parole du Seigneur ne lui avait pas encore été révélée. »

Pourquoi j’attire votre attention sur cette phrase ? Parce qu’aujourd’hui des jeunes gens viennent frapper à la porte de l’Église avec le désir de devenir prêtres alors que dans certains cas ils ne sont pas baptisés et que, comme pour Samuel, la parole du Seigneur ne leur a pas encore été révélée, et cependant ils ont entendus son appel.

C’est dire combien le Seigneur sait rejoindre les cœurs bien au-delà de tout ce qu’humainement nous pouvons préparer pour lui ouvrir le chemin.

C’est ainsi qu’il y a des vocations atypiques. De quelle manière sommes-nous capables de les accueillir ? De quelle manière sommes-nous capables de sortir des schémas classiques ? De quelle manière sommes-nous capables de créer, d’inventer de nouvelles façons d’annoncer la parole du Christ sauveur ? Il nous faut sortir des ornières de la routine sans avoir peur d’être critiqués. Et quand bien même le serions-nous, mieux vaut affronter la critique que le mépris de l’indifférence.

Je crois pouvoir dire que la vocation d’Éric est atypique. Prêtre pianiste ou pianiste prêtre ?

Éric a reçu le don de la musique, ce langage universel capable d’ouvrir les cœurs les plus endurcis. Quelle plus belle récompense peut-on espérer que de voir des cœurs meurtris se trouver pacifiés, reprendre espoir, croire à nouveau en un amour possible. C’est ce que l’on peut lire dans les milliers de lettres reçues suite à la sortie des deux albums des “Prêtres” chanteurs du diocèse. Par le chant, la musique, certains disent avoir retrouvé le chemin de la prière, du pardon et de l’Église. Nous en avons tous les jours le témoignage dans les lettres reçues depuis bientôt deux ans et dans ce que nous disent des personnes parmi les 100 000 rencontrées au cours des concerts.

Le monde aime les prêtres […] pour ce qu’ils sont au milieu d’une société meurtrie et d’une population en souffrance.

Grâce à tous ces témoignages je n’hésite pas à dire que le monde aime les prêtres, pas uniquement pour eux-mêmes mais pour ce qu’ils sont au milieu d’une société meurtrie et d’une population en souffrance. Seul l’amour du Christ peut panser les blessures, le prêtre est le témoin de cet amour, il en est le messager. Le doute, l’incertitude, la précarité dans lesquels sont littéralement aspirés certains de nos contemporains à cause de la crise économique donneront naissance, je le crois et je l’espère, à de nouveaux Saint Vincent de Paul, à de nouvelles Mère Teresa.

Éric, en plus de ton ministère dans le diocèse, je te confie donc la mission d’une présence pastorale dans le monde de l’art et de la culture par le biais de la musique. N’écoute pas ceux qui te diront, peut-être, que plutôt que d’aller donner un concert tu ferais mieux de rester dans ton Église. Il est possible de faire l’un et l’autre. Le Christ n’a pas dit à ses disciples ne quittez jamais votre Église, ne vous éloignez pas de vos fidèles, mais au contraire : « Allez et de toutes les nations faites des disciples ». Et si d’autres encore te faisaient ce reproche, invite-les à méditer la parabole de la brebis perdue ou le pasteur abandonne pour un temps tout le troupeau pour aller à la recherche de la brebis qui s’est égarée.

Lors de la pêche miraculeuse, le Christ n’a pas dit à ses apôtres de rester sur le rivage pour attendre les poissons. Il leur a donné comme consigne d’avancer au large pour jeter les filets. Fais de même !

Tout n’est-il pas histoire de rencontres dans nos vies. Tout est histoire de qualité de regards, de dialogue, d’écoute, d’amour. On le voit dans l’évangile que nous avons entendu tout à l’heure. Jean-Baptiste pose son regard sur Jésus. Les deux disciples entendent la parole de Jean-Baptiste. Ils l’accueillent et suivent Jésus. Jésus se retourne. Jésus leur parle. Une quête habite les disciples, un désir de savoir, d’aller plus loin dans la rencontre : « Où demeures-tu ». Juste quelques mots sibyllins en réponse de la part de Jésus, comme un appel : « Venez et voyez ».

Dans quelques instants, après avoir invoqué tous les saints, par l’imposition des mains, tu seras consacré prêtre de Jésus Christ. Certes tu seras prêtre sacramentellement mais c’est tout au long de ta vie, dans un cœur à cœur avec le Christ, aux côtés de celles et ceux qui te seront confiés, comme pasteur, que tu apprendras à devenir chaque jour davantage le prêtre que le Christ veut que tu sois.

Tu as besoin de la communauté chrétienne, comme la communauté chrétienne a besoin de toi. Comme dans un concerto, tu seras le pianiste entrant en dialogue avec l’orchestre.

Tu as besoin de la communauté chrétienne, comme la communauté chrétienne a besoin de toi. Comme dans un concerto, tu seras le pianiste entrant en dialogue avec l’orchestre. Il y aura des moments où vous jouerez ensemble, d’autres où tu joueras ta partie en soliste, d’autres où l’orchestre jouera sans que tu interviennes, mais ce sera toujours dans un dialogue où l’un a besoin de l’autre.

Tu deviens membre du presbyterium du diocèse de Gap et d’Embrun. Tes frères prêtres t’accueillent parmi eux. Tu sais qu’ils ont des personnalités bien différentes, chacun avec ses talents et ses limites, mais tous unis au Christ. En priant avec eux et pour eux je rends grâce au Seigneur qui m’a appelé à en être l’évêque, le père et le frère.

Pour le cœur de père d’un évêque c’est une joie d’accueillir des jeunes qui s’engagent sur le chemin du sacerdoce, tout en sachant que certains pourront peut-être au cours de leur formation emprunter un autre chemin. L’essentiel est de trouver la place où le Seigneur les veut. Alors merci à vous, Nelson, Jean-Baptiste, Paul-André, Mickael, Eduardo, Édouard, Arnaud et Damien d’avoir emprunté cette route sur laquelle le Seigneur vous accompagne.

Vous les jeunes […] écoutez la voix du Seigneur qui peut-être s’adresse à vous.

Vous les jeunes qui êtes ici présents ce soir, écoutez, écoutez la voix du Seigneur qui peut-être s’adresse à vous comme il s’est adressé au petit Samuel pour vous inviter à le suivre à l’exemple d’Éric. Ne répondez pas trop vite négativement et laissez grandir en vous cet appel.

Chers frères et sœurs, merci d’être venus si nombreux pour rendre grâce au Seigneur du don qu’il nous fait, un prêtre pour servir son peuple.

Chers prêtres, chers diacres, l’ordination d’Éric est une invitation à retrouver au fond de notre cœur la joie qui nous habitait au jour de notre ordination. Souvenez-vous !

Que cette joie soit communicative et rayonne autour de nous et que nous puissions répondre sans crainte comme le Christ à la question : « Où demeures-tu ? Venez et vous verrez. »

Éric, Francesco Borgia (je te rassure, il s’agit d’un saint jésuite qui vécu entre le XVe et le XVIe siècle) raconte que l’origine de sa vocation fut l’émotion qu’il éprouva devant le beau visage défiguré par la mort de l’impératrice Isabelle d’Espagne qu’il avait servi. Il dit alors : « Jamais plus je ne servirai un roi mortel ». Et il décida de devenir prêtre.

Éric, tu as fait le bon choix en décidant de servir un roi vivant pour toujours au milieu de nous et pour nous : le Christ Jésus ressuscité.

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Vidéos de la célébration

De la procession d’entrée
à la proclamation de l’évangile

 

De l’homélie par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri
à l’imposition des mains par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri et Mgr André Fort

 

De l’imposition des mains des prêtres
à la communion
 

De la lettre de nomination et du mot de remerciement du Père Éric Blanchard
à la photo de sortie

 

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Au CMCL de Gap

Au CMCL, le Père Éric Blanchard salue les uns et les autres.
Ici le Père Jean-Michel Bardet, le Père Ludovic Frère, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri et Christian Berger, cuisinier au collège-lycée Saint-Joseph de Gap
Au cours du dîner, tous les regards se tournent vers une des prestations...
...ici les Soeurs de La Salette dans une de leurs danses malgaches
Les gâteaux apportés par les soeurs et les séminaristes du diocèse
Le Père Éric Blanchard coupant un des gâteaux confectionné pour l'occasion.

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Albums photos

Des photos supplémentaires de l’ordination et du dîner au CMCL de Gap
disponibles sur les albums suivants :

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Cet article a été rédigé par le service communication du diocèse de Gap.
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