Dimanche 11 octobre en la cathédrale Notre-Dame de l’Assomption à Gap,
l’évêque de Gap et d’Embrun a ordonné diacre Henri Pascal, devenu ainsi le 6e diacre permanent du diocèse. Ancien garagiste et jeune retraité de 58 ans, Henri Pascal sera associé à la
vie pastorale de la paroisse centre-ville de Gap sous la responsabilité du curé, le Père Jean-Michel Bardet. 
“Merci de me donner l’une des plus grandes joies que puisse connaître un évêque, celle de conférer, au nom de
Jésus Christ et de son Eglise, le sacrement de l’ordre à un homme qui a fait le choix de donner sa vie pour ses frères” disait en s’adressant à Henri Pascal Mgr Jean-Michel di Falco Léandri.
Retour en images sur un événement marquant pour la vie du diocèse.


Vous pouvez écouter l’interview accordée à RCF Hautes-Alpes par Henri Pascal dimanche 11 octobre en cliquant sur le lien ci-dessous
:

Pour consulter le mot d’accueil de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, cliquez ici

Homélie prononcée par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri :

“Mon cher Henri, c’est une joie pour moi et pour nous tous d’être auprès de
vous ce soir. Hier, à Notre-Dame du Laus, lors de l’ouverture du parcours de formation, j’ai dit que l’on voyait les effets du réchauffement  climatique sur les glaciers des Ecrins. Et que
moi, je voyais le nombre de prêtres fondre comme neige au soleil. Grâce à Dieu, à l’inverse, le nombre de diacres dans le diocèse augmente timidement mais il augmente. C’est ainsi, Henri, que
vous allez rejoindre Pierre, Philippe, Michel, Hugues, Jean-Pascal, comme diacre. Merci de me donner l’une des plus grandes joies que puisse connaître un évêque, celle de conférer, au nom de
Jésus-Christ et de son Eglise, le sacrement de l’ordre à un homme qui a fait le choix de donner un peu de sa vie pour la vie de ses frères. Car c’est bien de cela qu’il s’agit, Henri, vous allez
recevoir le premier degré de ce sacrement et participer ainsi avec les prêtres et les évêques au ministère du peuple de Dieu.

 

C’est par l’intermédiaire de l’évêque et par l’imposition des mains que
s’exprime en plénitude la paternité de Dieu qui nous aime par-dessus tout. Au moment de  donner ce sacrement, l’évêque se sent profondément père. Alors merci Henri et à vous Jany de m’offrir
ce bonheur au lendemain du 11è anniversaire de mon ordination épiscopale à Notre- Dame de Paris.

 

Recevoir ce sacrement c’est s’engager devant Dieu et nous tous à aimer comme le
Christ aime. C’est la vocation de chaque chrétien, ce sera encore plus exigeant pour vous désormais. Que votre regard, comme celui du Christ plein d’amour et de compassion, fasse grandir ceux sur
lesquels vos yeux se poseront. Vos mains et vos bras sont ceux du Christ. Que votre langue sache trouver les mots qui apaisent et consolent. Que votre cœur soit celui du Christ. Peut-être vous
demandez-vous : « cela est-il possible ? Je ne suis qu’un pauvre homme. » Je réponds sans hésiter : « oui cela est possible, car rien n’est impossible à Dieu. »
Habité en plénitude par l’Esprit, il est votre force et votre guide.

 

Ce soir, il y a peut-être parmi nous quelques-uns de vos amis qui ne pénètrent
pas souvent dans une église. Ils ne comprennent pas vraiment ce qui se passe ici et quel est le sens de votre démarche. Cependant, ils sont là par amitié pour vous, Henri. Dieu seul sait ce qui
peut se passer dans leur cœur. Et s’il leur était donné de découvrir que l’Eglise n’est pas une vieille institution repliée sur elle-même, aigrie, qui ne saurait que dire non et condamner, mais
qu’elle est en réalité une communauté vivante, accueillante à tous, et tout particulièrement à ceux qui souffrent dans leur chair et dans leur cœur ? C’est de cela que nous avons à être les
témoins.

 

Merci, Henri, de venir ainsi rejoindre les ouvriers à la
moisson.

 

Chers frères et sœurs, l’un de vos proches ou de vos amis va être admis a
l’ordre du diaconat. Je voudrais vous rappeler en quoi consistera son ministère.

 

Ayant reçu le don de l’Esprit Saint qui le fortifie, Henri apportera de l’aide
à son évêque et aux prêtres, dans la proclamation de la Parole et dans son commentaire, dans la liturgie et l’action caritative, cela, en se montrant le serviteur de tous. Institué ministre de
l’autel, il préparera le sacrifice eucharistique, il distribuera aux fidèles le Corps et le Sang du Seigneur.

Il lui reviendra, selon la mission reçue de l’évêque, d’être auprès aussi bien
des croyants que des incroyants, de les instruire dans la foi, de présider aux prières, d’administrer le baptême, d’assister au nom de l’Église au mariage et de bénir, d’apporter la communion aux
malades et de présider les funérailles.

 

Consacré par l’imposition des mains transmise depuis les Apôtres, et plus
étroitement uni à l’autel, il s’acquittera, au nom de son évêque ou de son curé, du ministère de la charité dans l’attention aux plus démunis. En tout ceci, il agira avec l’aide de Dieu, de telle
façon que vous reconnaissiez vraiment en lui le disciple de celui qui est venu non pour être servi mais pour servir.

 

A vous Henri, qui allez être admis à l’ordre du diaconat, le Seigneur a donné
l’exemple pour que vous agissiez comme il a lui-même agi.

Et donc, quand vous serez diacre, c’est-à-dire serviteur de Jésus Christ qui
s’est montré serviteur au milieu de ses disciples, accomplissez de tout cœur et dans la charité la volonté de Dieu, servant avec joie en même temps le Seigneur et vos frères et
sœurs.

 

Vous avez choisi comme page d’Evangile l’invitation à rester en tenue de
service dans l’attente du retour du Maître.

N’est ce pas en effet le grand souci de Jésus, rappelé dans cette page
d’Evangile, que ses serviteurs soient toujours prêts quand il reviendra au soir de leur vie ? « Veillez… Restez en tenue de service. » Jésus nous pose deux questions :
Avez-vous conscience d’être programmés pour une rencontre capitale ? Pour une rencontre qui sera surprenante et inattendue ?

 

S’il est une question qu’on ne peut éluder, c’est bien celle du sens de notre
vie. Qui peut vivre sans se demander à quoi sert son existence ? La plupart des hommes souhaitent ne pas vivre « pour rien ». Or, nous vivons dans une époque où tous les repères se sont
effondrés, à l’heure même où des problèmes monumentaux surgissent de toutes parts : chômage, fracture sociale, maîtrise d’énergies, guerre économique entre les nations. Beaucoup se tournent alors
vers les sectes, le para­normal et les spiritualités de remplacement, tandis que d’autres, en recherche, vont vivre pendant quelques jours la vie des moines pour essayer de faire le point, et
voir un peu clair dans le tourbillon d’une vie débordée. Le Christ nous dit aujourd’hui : « Et toi, quelle est ta prio­rité ? Pour quoi, pour qui vis-tu ? Qui a la première place dans ton cœur ?
Quelle est la valeur de ta vie ? Quels sont tes choix ? »

 

Comme nous aimerions que chaque homme et femme mette en place son propre plan
pour répondre à ces questions et donner à sa vie un objectif digne et exaltant.

 

Le constat s’impose : nous ne pouvons nous passer de sens. Mais nous devons
prendre de la hauteur, car la terre ne sera jamais le paradis.

Pourtant, nous dit le Seigneur, la vie terrestre à un sens si vous la
considérez pour ce qu’elle est : essentiellement un lieu de passage, un chantier immense où se préparent les fils de Dieu de l’éternité. Et l’Evangile d’aujourd’hui est lumineux. Nous sommes sur
terre pour nous préparer à une rencontre exceptionnelle : une rencontre avec le maître qui attend avec impatience d’accueillir ses serviteurs.

 

Nous voilà prévenus, et nous avons maintenant la certitude que notre vie a un
sens : car nous marchons vers un rendez-vous ! Nous avançons chaque jour d’un pas vers une Présence qui nous attend.

Inconsciemment, tous les hommes sont plus ou moins en attente. Ils attendent
toujours quelque chose : une lettre à la boîte, un mail, un sms, un coup de fil, un changement de vie, une promotion, un mari plus présent, une épouse plus aimante ! L’homme vit d’espoirs. Il dit
même « Vivement la retraite ! » oubliant qu’alors il approchera du terme de sa vie ! Dès qu’un espoir est satisfait, il en crée un autre. L’homme est un être de désir, et de désir jamais
satisfait.

 

Qui de nous n’aperçoit pas en lui une insupportable contradiction ? D’une part,
il se découvre comme un être limité, fini, dans sa connaissance, son amour, ses possibilités, sa durée surtout, et d’autre part il se découvre habité par le désir de l’infini, par une soif de
connaissances nouvelles, par un amour qu’il voudrait toujours plus grand, par le désir d’un temps qui s’éternise : l’homme est un être fini avec des désirs infinis.

« L’homme est un dieu tombé qui se souvient des cieux. »
(Lamartine)

 

C’est faire preuve d’intelligence que de comprendre que nous serons
inévitablement ici-bas toujours en manque, en recherche, en quête jamais comblée. Ne vivons pas de faux espoirs, et accueillons la finitude humaine.

 

C’est faire preuve de foi que de comprendre que cette soif de l’infini a un
sens : un jour, nous rencontrerons celui qui seul est capable de nous combler. Celui qui nous traitera comme des princes puis qui nous fera asseoir à sa table et nous servira dit l’Évangile
! Celui qui se présentera à nous moins comme le maître que comme l’ami.

 

Le Christ nous dit : « Veillez, car je viendrai à l’improviste ». «
Qu’est-ce donc que veiller ? demandait le cardinal Newman. Je crois qu’on peut l’expliquer ainsi, dit-il. Savez-vous ce que c’est que d’attendre un ami ? D’être en attente de quelque événement
important qui fait battre vos cœurs ? Veiller dans l’attente du Christ est un sentiment qui ressemble à ceux-là. » Veiller, ce n’est pas attendre dans la peur, mais dans le désir ardent de la
rencontre.

La vie est difficile, surtout certains jours. C’est là que la confiance dans le Seigneur est essentielle. La vie d’Abraham, notre père dans la foi, est éclairante. Il était bien installé à Ur, il
avait « pignon sur rue » : salle de bains, serviteurs, compte en banque bien garni. Et Dieu le bouscule : il l’envoie dans un pays inconnu, sans GPS, ni Europe-assistance, ni réservation. Il n’a
que la foi nue, totale, ingénue d’un croyant. Il ne sait pas encore le sens de sa vie.

Il en est ainsi de nous : nous pouvons toujours nous dire que, si nous ne voyons pas pourquoi nous sommes là, Quelqu’un, lui, le sait parfaitement. Ce que Dieu demande a toujours un
sens.

Confiance, Henri, Dieu vous a choisi et il sait parfaitement pourquoi vous êtes
là.”

Voici quelques photos de l’ordination diaconale
:



  Dans une attitude de don total, prostration pendant le
chant
  des litanies. Au premier plan, Jany, épouse d’Henri Pascal. 


 
Remise de l’étole diaconale à Henri Pascal par les diacres Hugues
Chardonnet et Pierre Laurent

 


Henri Pascal présente l’évangéliaire à l’assemblée après l’avoir reçu des
mains de l’évêque
 


Après avoir déposé l’évangéliaire à l’ambon, le nouveau diacre est salué
fraternellement par l’évêque
 
 


De gauche à droite : Hugues Chardonnet, Jean-Pascal Casanova, Henri
Pascal, Michel Gruère et Philippe Castagno, diacres du diocèse
 


            Chorale
dirigée par Michel Bernard-Reymond
 


   A la fin de la cérémonie, pour symboliser son sens du
service, un tablier de travail est offert à Henri Pascal
!
   



  Prêtres et diacres à la sortie de la célébration. Au centre, Henri
Pascal, vêtu d’un paréo et d’une couronne
de fleurs tahitiens, entouré par le Père Félix Caillet, vicaire général, et Mgr Jean-Michel di Falco Léandri



        Echange entre amis sur le parvis de la cathédrale 

 


Un buffet était organisé à l’issue de l’ordination au centre
municipal culturel des loisirs  

Cet article a 1 commentaire

  1.  Je ne comprend pas que le journaliste puisse écrire :” la Cathédrale pleine avait de la gueule”  . Sait-il bien ce que cela signifie avoir de la gueule ? Si  non il faudra
     le lui apprendre; si oui  quel langage  au raz des paquerettes  en tombant dans la vulgarité  pour un tel évènement  

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