Paul, Apôtre du Christ

Alors que le film Paul, Apôtre du Christ passe à Gap au cinéma, le père Jean-Dominique Dubois, responsable de la formation permanente du diocèse, le présente.

Cinéma LE CENTRE à Gap

Un film de Andrew Hyatt
Avec James Faulkner, Jim Caviezel, Joanne Whalley
Versions : VF / VOSTFR

L’apôtre Luc visite en prison Paul, apôtre du Christ, juste avant sa décapitation. Ensemble ils échangent sur le message de leur maître et Seigneur Jésus et évoquent toutes leurs années d’apostolat.

On est à Rome qui vient de brûler à moitié. L’empereur Néron fait portée la responsabilité de l’incendie aux chrétiens et les persécutent violemment. Ces derniers continuent, par l’intermédiaire de Luc visitant Paul, de chercher les avis éclairés de ce géant d’apôtre pour savoir s’il faut rester dans la ville au risque de se faire tous massacrer ou bien s’il faut fuir afin de continuer l’évangélisation au-delà des murs de la cité. Le centurion romain, dépêché à la garde de la redoutable prison Mamertime où est enfermé Paul, se trouve impliqué dans les dialogues entre chrétiens et entre les apôtres par le fait de sa propre fille qui agonise. Quel dieu pourra guérir l’enfant ? …

Entre respect du droit romain et humanité, entre fidélité à la foi aux dieux de Rome et fidélité à la foi au Dieu de Jésus Christ, entre le choix de la violence, de la vengeance et celui de l’amour, ce film est une véritable symphonie à l’amour manifesté en Jésus-Christ dont les protagonistes désignent la source unique et incontournable qu’est leur Seigneur et Maître.

Le scénario ne laisse place à aucune spiritualisation évanescente et déconnectée du réel. Il ne cache pas les cas de consciences des chrétiens comme ceux des apôtres dans les choix difficiles qui sont les leurs. Par là ils manifestent très clairement la confiance que Dieu fait à son Église. Le baptême, dit l’apôtre Pierre dans son épître, n’est pas l’effacement d’une souillure extérieure mais l’engagement d’une conscience droite en Jésus-Christ. Ce film en est une illustration remarquable. La beauté du dialogue entre le centurion romain, qui pourtant sera chef de son exécution, et l’apôtre Paul manifeste que la Parole nous dépasse, que nous avons à la servir mais que c’est elle seule qui convertit. Jésus Christ nous précède dans la Galilée de tous les cœurs. Mais nul ne convertira personne s’il n’est prêt au martyre pour le Verbe fait chair lequel a sacrifié sa vie pour nous.

Paul, apôtre vieilli et blessé, réduit à la misère d’un cachot sans lumière, est ici parfaitement lumineux et grand dans sa stature d’homme, de chrétien et de ministre du Christ. Témoin de la miséricorde qui lui a été faite sur le chemin de Damas, il vit cette écharde dans la chair à laquelle le film donne un contenu. Quel historien peut savoir de quelle écharde il s’agissait dans l’histoire de Paul ? L’auteur y a mis une tentation bien semblable aux nuits intérieures que connaissent les mystiques pour en dévoiler l’accomplissement au delà de la décapitation. « Ma force se manifeste dans ta faiblesse » dira Jésus à Paul. On ne pouvait mieux résumer le message du film que dans cette libération de l’écharde de Paul par la décapitation, ou plutôt par sa vie offerte en sacrifice au terme du bon combat de la foi. À voir pour comprendre. Dans cette finale la miséricorde divine éclate de façon bouleversante dans la vie de l’apôtre et dans celle de tous les chrétiens persécutés, résumant tout le film, pure ode à la charité du Christ.

Un film à voir et à revoir pour une catéchèse vivante tant le scénario ne manque en rien à la vérité de ce qui a été vécu tel que raconté dans les actes de apôtres et les épîtres de Paul. Scénario qui comme tout scénario authentique ne prétend pas à la vérité historique événementielle rigoureuse, mais à un enracinement authentique dans l’histoire événementielle pour en dégager la vie et la fulgurance.

Attention cependant aux âmes sensibles car s’il n’y pas aucun voyeurisme de la violence on ne nous cache tout de même pas la violence du martyre.

Père Jean-Dominique Dubois, ofm

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