Pélé motard dans les Hautes-Alpes
  • Post published:28 juin 2016

Samedi 25 juin 2016, des motards ont emmené Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, revêtu d’une veste de cuir et d’un casque jaune, de Gap jusqu’au Pré de Madame Carle pour y présider une messe en plein air suivie d’un pique-nique.

Ces motards s’étaient rassemblés pour plusieurs jours de prière et d’échange au sanctuaire Notre-Dame du Laus.

Ci-dessous un diaporama de l’événement et une vidéo de la célébration, avec un chant de motard chanté durant la célébration, la bénédiction des casques et l’homélie de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri.

Le père Jean-Michel Bardet, motard averti, s’était joint à la célébration.

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Homélie

Les lectures que nous venons d’entendre sont celles prévues par l’Église pour ce samedi. Elles n’ont été spécialement choisies pour l’occasion de notre rencontre.

On aurait pu en choisir d’autres pour tenter de coller davantage à notre rassemblement. Mais à vrai dire, on a beau chercher, je n’ai pas vraiment vu qu’il était question de moto dans la Bible ! Et de plus je pense qu’il est peut-être bon de nous laisser surprendre par la parole de Dieu.

Vous l’avez peut-être constaté vous-même, lorsque vous faites des recherches ou des achats sur internet, ce qu’on vous propose a souvent un lien avec ce que vous avez déjà recherché auparavant.

Vous venez d’acheter un équipement. Et vous voici submergé de pop-up présentant des gants, des blousons, des bottes, des genouillères… Sur Google, trois personnes tapent le même mot « motard », et ce ne seront pas les mêmes pages qui arriveront en tête.

Désormais vous êtes connu. L’ordinateur sait tout ou presque de vous. Il sait ce que vous aimez, ce qui vous intéresse, ce que vous cherchez. C’est ce qu’on appelle le Web 3.0, un web qui cherche à devancer nos besoins en fonction de nos centres d’intérêt, mais aussi dans l’intérêt des vendeurs de tous les vendeurs en recherche de clients.

Bien que le web soit aussi vaste que le monde, il peut, si nous n’y prenons garde, nous enfermer dans un petit monde bien clos, le nôtre ! Nous sommes alors comme le hamster dans sa roue, et qui croit parcourir le monde alors qu’il reste enfermé dans sa cage et tourne en rond.

Mais vous, motards, vous êtes curieux. Vous aimez découvrir des itinéraires nouveaux, des paysages nouveaux, des pays nouveaux et aussi de nouveaux passionnés de moto comme vous. Quand vous faites vos rassemblements, vous aimez vous retrouvez entre vous. C’est vrai. Mais cous avez tant à partager. Vous venez d’univers différents et vous aimez aussi découvrir les particularités de la région qui vous accueille, et rencontrer leurs habitants.

Alors la parole de Dieu aujourd’hui, je ne l’ai pas choisie en fonction de vos centres d’intérêts supposés. Je n’ai pas fait du Web 3.0.

Cette Parole de Dieu nous est donnée. Elle peut nous déconcerter, nous déranger. Mais nous pouvons chercher à la comprendre, comme nous cherchons à comprendre ce qui est différent de nous.

Qu’est-ce que le Seigneur veut nous dire aujourd’hui dans sa Parole ?

Je reprends l’une des paroles entendues dans l’évangile :

 « Seigneur, mon serviteur est couché, à la maison, paralysé, et il souffre terriblement. »

En ce qui me concerne, quand j’ai lu ceci, je n’ai pu m’empêcher de penser à tous vos compagnons motards, blessés, paralysés, décédés d’un accident de moto.

Je me suis dit que, par votre solidarité de motards, vous pouviez être pour eux, pour les familles, un réconfort, une main tendue.

Comme vous le priez, je cite : « Accorde-moi, Seigneur, comme le Bon Samaritain, de savoir porter secours à celui qui en a besoin et de faire un détour pour aider mon voisin. »

Devant quelqu’un qui souffre, notre premier réflexe, est souvent de nous éloigner. Devant les pleurs, les appels à l’aide, on est désemparé, perdu. On se sent impuissant, incapable d’apporter du réconfort. Mais cependant on peut toujours être là, présent. On peut toujours poser sa main sur un front, un bras, une épaule, en silence. On peut accepter d’être faible et pauvre, venir avec sa pauvreté mais avec tout son cœur.

Comme motards, vous aimez la vitesse, le grand air, et le sentiment de liberté que cela vous procure. Le serviteur du centurion serait-il là, parmi nous, il serait peut-être un motard heureux de retrouver l’usage de ses membres et de monter à nouveau sur une moto.

Combien de motards qui ne retrouveront jamais l’usage de leurs jambes ! Combien ! Ceux que vous connaissez, ne les oubliez pas. Prions pour que s’ouvrent pour eux les grands horizons de la foi, de l’espérance, et de l’amour. Ces horizons sont infiniment plus grands que tout ce qui nous est donné de contempler ici, aujourd’hui, autour de nous : le massif des Écrins, le Glacier blanc qui sont splendides. Mais la voie est bien étroite parfois pour accéder à ces paysages.

Vous vous dites « motards chrétiens » ou « chrétiens motards ». À vous de voir de quelle manière vous mettez de l’ordre dans ces deux mots. Eh bien vous l’êtes vraiment si vous êtes les uns pour les autres comme le Christ dans l’évangile d’aujourd’hui : attentifs, prévenants, et compatissants.

Je vous remercie en tout cas de m’avoir invité à partager ce pèlerinage avec vous.

Très bonne route pour la suite, et surtout soyez prudents.

+ Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

Cet article a 3 commentaires

  1. croassant arlette

    Monseigneur, quel beau geste en retirant le casque jaune sur “le terrible engin”. Là, un homme comme tous les motards chrétiens. Pas d’aigle “sur le dos”, mais présent dans votre cœur.
    Une belle virée, Monseigneur, tout vous intéresse, insatiable et proche de vos fidèles. Cette journée inoubliable pour compléter votre palmarès bien complexe de votre mission épiscopale.
    Merci pour ce partage humain, ainsi qu’aux motards chrétiens, ce cadeau pour un Evêque unique.
    Que votre chemin soit toujours aussi lumineux!

  2. manoroland

    Monseigneur,

    vous êtes incroyable, je vous admire

    toujours présent pour chacun de nous dans des

    domaines si différents

    Merci pour tout

    Respect Monseigneur

  3. Grimaldi Marie José

    J’ose dire, Monseigneur, que le blouson de cuir (sans aigle sur le dos…tant pis), le casque jaune et le gros cube (très gros le cube) vous sied vraiment !

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