Dimanche 16 septembre, les Arméniens se sont retrouvés à Tallard pour fêter saint Grégoire, patron du village, évêque d’Amnice en Grande Arménie, venu en Gaule visiter saint Martin à Tours pour ensuite s’installer et mourir à Tallard en 404.

Cette année marquant le 60e anniversaire du pèlerinage, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri se trouvait présent à la célébration présidée par Mgr Norvan Zakarian, primat du diocèse de France de l’Église apostolique arménienne. Ci-dessous quelques photos, le mot d’accueil de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri et la présentation d’un livre sur saint Grégoire de Tallard.

Le reliquaire de saint Grégoire de Tallard
Mgr Norvan Zakarian
Une partie de l’assemblée
Mgr Jean-Michel di Falco Léandri durant son mot d’accueil

 

Mot d’accueil de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

Je tiens à dire combien je suis touché par l’invitation qui m’a été adressée pour que je participe avec vous à ce 60e pèlerinage annuel de Saint Grégoire de Tallard.

Merci à vous Mgr Norvan Zakarian, Primat du diocèse de France de l’Église apostolique arménienne.
Merci à Monsieur Édouard Luledjian, de l’Association culturelle des Arméniens de Gap et des Hautes-Alpes.
Merci à Monsieur  Jean-Michel Arnaud, maire de Tallard qui nous accueille sur sa commune.
Merci au Père François Bedin, curé de Tallard, qui nous a ouvert les portes de son église.  

Je suis très heureux d’être avec vous ce matin, originaire de Marseille, j’ai eu de nombreux amis arméniens y compris des confrères de séminaire aujourd’hui prêtres. Lorsque je vivais à Paris j’ai eu de très nombreuses occasions de rencontrer Mgr Grégoire Ghabroyan, évêque des Arméniens catholiques de France, qui grâce aux nombreux ouvrages qu’il m’avait confiés m’a permis de mieux connaître votre histoire.

Il y a 60 ans, le père Joseph Richard, plus connu sous son nom de résistant Duchamblo, vous ouvrait son église après avoir découvert, alors tout nouveau curé de Tallard, que le saint titulaire de son église et de sa paroisse était originaire d’Arménie. C’est le père Duchamblo qui, en 1952, a beaucoup œuvré pour ce pèlerinage avec le savant Takvor Takvorian (Arménien-Gapençais),

J’ai présidé les obsèques du père Richard Duchamblo, en la cathédrale de Gap, le 31 décembre 2003. Le diocèse de Gap et d’Embrun venait tout juste de m’être confié par le Pape Jean-Paul II. C’était le premier prêtre de mon diocèse pour lequel je célébrais les funérailles. Une grande et belle figure de prêtre. Nous pouvons lui savoir gré d’avoir initié une ouverture œcuménique dix ans avant le début du Concile Vatican II, par des actes concrets d’accueil, de charité, de connaissance mutuelle.

Je n’ai pas oublié l’émotion que m’ont fait partager les Haut-Alpins qui se sont rendus en Arménie en juillet 2009, conduit  par Monsieur Albert Mardikian et notre cher Père Pierre Fournier. Ils ont été marqués par votre hospitalité, votre courage, votre foi, forgée par des siècles d’épreuves. Les souffrances provoquées par le génocide dont votre peuple a été victime resteront inscrites dans votre cœur de génération en génération. C’est à ce titre que les Hauts-Alpins on fait poser un mémorial devant le Conseil général à Gap.

Au cours de leur voyage en Arménie, les Hauts-Alpins ont admiré la majesté et l’austérité de vos paysages. « La plus bonne viande est sur les os, la meilleure terre est sur les pierres » : n’est-ce pas ainsi que vous parlez de votre pays ? En cela les Haut-Alpins ne devaient pas se sentir dépaysés, du moins ceux venant du Queyras ou du Dévoluy. Ces Haut-Alpins ont aussi participé à la messe dominicale à Etchmiadzin, et ce fut pour eux l’occasion de croiser le Catholicos Karékine II qui se trouvait ce jour-là en compagnie du nonce apostolique du Saint-Siège et d’un évêque italien accompagné de ses séminaristes.

Ce groupe de Haut-Alpins durant l’été 2009 a été marqué par votre hospitalité généreuse. J’aimerais que vous le soyez tout autant par la nôtre ! Vous êtes ici chez vous, chers Arméniens, chers Français d’origine arménienne, chers Français toujours arméniens, comme ces Haut-Alpins se sont sentis chez eux lorsqu’ils se sont rendus dans le pays de vos racines chrétiennes. Là, ils ont pu voir combien l’Évangile peut, et combien le chrétien doit, transformer une culture et une société de l’intérieur.

Dans ce pays qu’est la France, et que vous aimez j’en suis sûr, je souhaite que votre diaspora soit féconde comme des graines d’Évangile semés à tous vents, pour faire rayonner la lumière du Christ et dissiper nos zones d’ombre. Que le Seigneur illumine nos cœurs, lui qui fait rayonner sa lumière sur nos existences, lui qui l’a fait rayonner sur saint Grégoire l’Illuminateur, lui qui l’a fait rayonner aussi sur saint Grégoire de Tallard, et lui qui l’a fait, par lui en son temps et par vous maintenant, rayonner sur nos Alpes du Sud. Vous êtes en France chez vous et envoyés en mission. Vous êtes dans les Hautes-Alpes chez vous et envoyés en mission, comme saint Grégoire s’est senti chez lui en allant rendre visite à saint Martin et s’est senti missionné en évangélisant Tallard.

L’unité entre nous, chrétiens catholiques et chrétiens apostoliques arméniens, n’est pas encore plénière, c’est vrai. Mais ce qui nous unit est bien plus important que ce qui nous sépare. C’est bien un même Christ, une même lumière qui nous illumine tous, même si cette lumière prend des teintes différentes selon les personnes, les cultures, les peuples et les âges. Dissipons les ténèbres, mais sans nuire aux jeux de lumière qui sont une telle joie pour les yeux, l’intelligence et le cœur.

+ Jean-Michel di Falco Léandri
Évêque de Gap et d’Embrun

 

 

Présentation
du livre de Maxime K. Yevadian,
Saint Grégoire d’Arménie, patron de Tallard.
Sur les traces d’un évêque d’
Arménie, évangélisateur des Alpes.
Préface de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

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