“Plus elle est sainte, plus elle est femme”: recension

Résumé : Quel est l’apport de la féminité à la sainteté ? C’est à la question à laquelle répond Claire Patier dans une retraite qu’elle a animée à Rosans.

A PROPOS DU LIVRE  “PLUS ELLE EST SAINTE, PLUS ELLE EST FEMME
Claire PATIER 
et collab., éd. Abbaye ND de Miséricorde, 05150 Rosans, 2018, 222 p.
(10 €, port compris, auprès de:  nd.misericorde@nordnet.fr  04 92 66 70 00 ).

Cet ouvrage est le fruit – les Actes – de diverses collaborations, lors d’une retraite biblique animée par Claire Patier, bibliste, enseignante, avec les Bénédictines de l’Abbaye ND. de Miséricorde de Rosans (Hautes-Alpes). Le titre “Plus elle est sainte, plus elle est femme” est repris d’une expression lapidaire de Léon Bloy. En avant-propos, Mère Françoise Mathieu, Abbesse, mesure les enjeux des approfondissements sur la féminité et des appels du Christ à la sainteté. Puis les conférences de Cl. Patier mettent en relief cet appel à la sainteté pour les femmes-phares de la Bible: Eve issue de la création du “masculin et féminin” par Dieu (perçu déjà comme trinitaire), les matriarches de la maison d’Israël (Sarah, Rébecca, Léa, Rachel), Judith, Yaël, Esther, Marie-Madeleine, et la Vierge Marie. Le travail de l’Esprit Saint est noté explicitement ou en filigrane. Le P. Ludovic Frère présente l’aventure de sainteté de Benoîte Rencurel (1647-1718), femme-phare du sanctuaire de ND du Laus où elle vécut à l’école de la Vierge Marie, cette “Femme par excellence“. Puis les témoignages: de Claire Patier elle-même, vierge consacrée, des moniales, et de Geneviève Bourgeois, médecin, épouse et mère de famille, militante. Pour éclairer la réflexion, sont donnés des textes choisis : Pères de l’Eglise, Jean-Paul II (“Lettre aux femmes”, en référence à sa Lettre “La dignité et la vocation de la femme“), cardinal Ratzinger (“ La collaboration de l’homme et de la femme dans l’Eglise et le monde“), pape François (audiences,..), et quelques “ténors incontournables“: Gertrude von Le Fort (La Femme éternelle), Edith Stein (La formation de la femme, commentaire de sr Cécile Rastoin), Jo Croissant (La femme ou le sacerdoce du coeur), Madeleine Delbrêl (le célibat évangélique), Nicole Echivard (Femme, qui es-tu ?), Geneviève Honoré-Lainé (La femme ou le mystère de l’Alliance), Georgette Blaquière (“La grâce d’être femme”), ainsi que les Bénédictines de Herstelle (Visages bibliques de la femme).
Une telle réflexion est menée dans le “contexte de féminisme de plus en plus exacerbé aujourd’hui” (p.9). Elle est née du besoin de se situer “dans le projet de Dieu, dans la société, dans l’Eglise” (p.10). Elle se veut ouverte à tout état de vie: femme épouse, mère, religieuse, célibataire, consacrée,..pour “ne pas se contenter d’une existence médiocre, édulcorée, sans consistance” (pape François, cité p.11). De l’avis de Mère Abbesse, cette plongée dans le “mystère” de la féminité, du charisme féminin, et dans l’appel universel à la sainteté a profondément mobilisé les personnes participant à cette retraite de spiritualité biblique. “Personne n’en est ressorti indemne“. Par exemple, cette participante: “Surprise de l’effet de cette session sur la construction de ma personne: je n’étais pas vraiment convaincue qu’être femme était un bon plan. Maintenant, j’aime. ” (p.222). De ce fait, le lecteur pourra trouver ample matière à une méditation anthropologique, biblique, spirituelle, ecclésiale, pastorale, sur la destinée humaine si fortement impliquée dans l’identité femme et homme. L’enjeu conduit au dialogue de la féminité et de la masculinité, de leur pleine complémentarité, ou, plus profondément, de leur pleine “conjugalité”, comme Abram et Saray cheminent spirituellement en réciprocité, en conjugalité, pour être transformés en Abraham et Sarah (p.46 sv).
Notons, par ailleurs, que suite à ce colloque biblique, Mère Françoise Mathieu a donné deux conférences: “Regard féminin sur la sainteté“, et une approche de femme contemplative, consacrée, sur la sainteté: “La sainteté dans le miroir de la vie bénédictine“. Ces deux conférences sont regroupées dans un opuscule, disponible, de 60 p.
Père Pierre Fournier.

Sur un sujet approchant, vous pouvez consulter cet article de Marie-Hélène Froeschlé-Chopard : https://journals.openedition.org/rives/157

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