Plusieurs centaines de personnes malades, âgées et handicapées accueillies au Laus

Samedi 14 juin avait lieu au sanctuaire Notre-Dame du Laus un « pèlerinage des personnes malades, âgées et handicapées ». Ci-dessous :

  • la vidéo de l’homélie de Mgr Jacques Perrier, évêque émérite de Tarbes-Lourdes, invité par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri,
  • l’article de Tanguy Lafforgue, du sanctuaire Notre-Dame du Laus, paru sur le site internet du sanctuaire,
  • et un diaporama de photos.

Article du site internet
du sanctuaire Notre-Dame du Laus

Souffrants et joyeux ensemble !

Plusieurs centaines de personnes ont participé le samedi 14 juin au « pèlerinage des personnes malades, âgées et handicapées » au sanctuaire. Pourquoi venir à ce type de rencontre ? Comment rejoindre les attentes des participants ? Plongée au cœur d’une fête joyeuse.

 

« Ces petits chiffons, ils les attendent ! Et ils repartiront même avec ! Pour eux, ils symbolisent la fête. » Élisabeth Guy, l’une des organisatrices de la journée, résume ainsi les motivations des personnes venues ce jour au Laus : participer à une fête, la vivre ensemble. D’ailleurs, renchérit-elle, c’est « la joie des participants qui me donne envie de poursuivre ma mission à leur service ». Responsable de la pastorale de la santé du diocèse de Gap et d’Embrun, Élisabeth est chargée d’animer et coordonner les aumôneries des établissements hospitaliers et des maisons de retraite.

La joie et la dimension communautaire, il en est question aussi dans le mot d’accueil du père Ludovic Frère au début de la messe. Recteur d’un sanctuaire en jubilé pour son 350e anniversaire, il souhaite aux participants de vivre le pèlerinage « dans un esprit de jubilé », c’est-à-dire « dans la joie d’être ensemble ».

« Ensemble » : on retrouve ce mot dans toutes les bouches ! Pèlerins, organisateurs, accompagnants. Si, dans la vie courante, il « fuit les autres malades », Patrice, venu de Toulon, reconnaît qu’il accepte plus volontiers leur compagnie dans un moment comme celui-là : « on se porte mutuellement ». Cathy, 76 ans, a été opérée six fois du genou, quatre fois de la colonne, et porte une prothèse au coude qu’il va falloir bientôt changer… « Je me considère donc comme handicapé », dit-elle en souriant, sans amertume. Et pourtant, « je suis venue pour soutenir les autres malades », ajoute-elle, comme si c’était une évidence pour cette femme de 76 ans.

Originaire des Alpes de Haute-Provence, Michel fait partie d’une association qui regroupe des malades du cancer : « on se soutient, on s’entraide ». Étonnamment, se retrouver au milieu d’autres personnes souffrantes ne provoque pas de blues. Bien au contraire. Michel le « bas-alpin », qui a vécu longtemps dans des pays très pauvres, résume ainsi : être « entre malades », cela permet de « relativiser beaucoup ». Il y a toujours autour de nous « d’autres beaucoup plus atteints dans leur chair ». Même sentiment pour Michel Gruère, diacre et aumônier de la polyclinique à Gap : les pèlerins viennent « pour ne pas se sentir tout seuls, être entourés de personnes dans la même situation ».

Mgr Jacques Perrier, ancien évêque de Tarbes-Lourdes, s’y connaît en matière de pèlerinage et de malades. À la demande de Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, il préside la journée. Et lui aussi souligne le « désir pour les souffrants de sortir de leur solitude » et… « de leurs établissements ». Élisabeth Guy insiste sur cet aspect : « c’est la sortie de l’année, une journée à part ! » « On est bien, on oublie qu’on est malade, âgé ». Elle confie même, avec joie, avoir vu pendant la messe un homme se lever alors qu’il reste habituellement assis dans son fauteuil roulant le plus clair de son temps. Mais ce n’était pas un miracle…

D’ailleurs, parmi les motivations spirituelles des pèlerins, malgré leur foi, on retrouve peu celle-ci : vivre une guérison physique. Patrice le Toulonnais le dit clairement : « Je n’attends pas une guérison ». Sans doute s’appuie-t-il sur l’expérience vécue lors d’un pèlerinage à Lourdes en 2008 : arrivé en parfaite santé sur ses deux jambes dans la cité pyrénéenne, il en est reparti avec des cannes. Dommages collatéraux dûs à la fatigue du long trajet en car…

S’ils ne viennent pas chercher un miracle, les participants n’en sont pas moins motivés pour prier. Et, chose étonnante, c’est pour les autres qu’ils le font. Tous le disent sans détour. Cathy prie notamment pour les personnes souffrantes de son entourage « qui ne croient pas ». Les non-croyants, on en rencontre d’ailleurs un certain nombre dans ce genre de rencontres. Investie au sein de la Société Saint Vincent de Paul à Gap, Magali en accompagne plusieurs aujourd’hui. « Ils sont venus chercher de l’amour », dit-elle. De son côté, Élisabeth Guy explique que des personnes qui « refuseraient de mettre les pieds dans une église » viennent « en groupe ». Tout naturellement. Pour Mgr Jacques Perrier, la présence de non-croyants et de non-pratiquants a plusieurs explications. Un pèlerinage apparaît toujours moins « institutionnel » qu’une activité paroissiale. D’autre part, les sanctuaires qui les accueillent sont des lieux « chargés d’une histoire », d’une épaisseur qui attirent au-delà du cercle des seuls croyants.

Et, bien souvent, ces lieux de pèlerinage sont aussi marqués par le parcours d’une personnalité qui y est associée. Comme Benoîte Rencurel au Laus. Pour Magali, Benoîte avait une forme de « pauvreté – matérielle ou en termes d’instruction », qui parle aux gens « en fragilité ». Autre figure marquante au Laus : Marie. Pour les croyants, le soutien qu’elle procure par sa prière est essentiel. Marie, source de « tendresse » pour Mgr Perrier, « pilier » pour Michel le cancéreux, « compatissante, maternelle et proche des malades » pour Michel le diacre.

Mais, quand une telle journée se termine, au-delà de la joie vécue ensemble, que rapporte-t-on chez soi ? « Il y aura des événements individuels dans les cœurs », dit Patrice. « On repartira avec des forces » croit Michel. Avec conviction, Élisabeth Guy confirme : « chacun repart avec quelque chose, c’est sûr ! » Parle-t-elle du chiffon que chacun a joyeusement agité durant le pèlerinage puis caché au fond de sa poche pour être sûr de l’emporter en guise de trophée et de souvenir ?

Tanguy Lafforgue
Sanctuaire Notre-Dame du Laus

 

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