Présentation du diocèse de Gap et d’Embrun

Le diocèse de Gap des origines à 1801

Gap étant situé sur la voie romaine ouverte par Cottius, la pénétration de l’Evangile dans le Sud du diocèse actuel depuis la Provence en fut facilitée. La première mention d’un évêque propre à la ville de Gap, du nom de Constantin, apparaît dans le martyrologe hiérominien, qui date sa sépulture en 456. L’évêque Saint Arey (+ vers 610) marque la vie du diocèse : il organise les paroisses, établit une maison épiscopale qui sert de lieu de formation. Le pape Saint Grégoire, son ami, lui recommande, lorsqu’ils passeront à Gap, les moines qu’il envoie de Rome à Cantorbery.

Après les invasions sarrasines qui remonteront jusqu’à Gap (pillage de Romette en 903) la période du Moyen-âge fut difficile. Au XIe siècle, deux évêques en illustrent les contradictions. L’évêque Ripert, simoniaque et violent, fut déposé par le pape Alexandre II. Il est alors remplacé par l’évêque Arnoux, originaire de Vendôme. De 1062 à 1078, Arnoux va avec courage déraciner les abus, rétablir justice et dignité, aussi bien chez les clercs que chez les laïcs. C’est Saint Arnoux, qui est aujourd’hui le patron principal du diocèse. Au XIIe siècle, le diocèse s’est beaucoup agrandi. Il comprend alors quatre secteurs appelés archiprêtrés : celui du Gapençais, celui du Champsaur (plus le Dévoluy), celui du Rosanais (jusqu’au Ventoux) et celui de l’Outre-Durance (bords de la Durance jusqu’à la Bléone). Au XIIIe, du vivant de Saint François d’Assise, un couvent de son Ordre (surnommé Cordeliers) s’établit à Gap en 1220. Les dominicains viendront en 1320.

Au XVIe siècle, les troubles et violences de la Réforme furent considérables dans ce diocèse aussi : dans le Champsaur, où Jacques de Bonne, duc de Lesdiguières, passé à la Réforme, va devenir le chef des protestants de tout le Dauphiné ; dans le Gapençais, où Furmeyer prend la ville en 1562, et ce sera un prédicant gapençais, Guillaume Farel, qui introduira Jean Calvin à Genève, à Orpierre, qui sert de refuge aux huguenots.

En 1686, le diocèse est à nouveau subdivisé, en 18 archiprêtrés ; les paroisses se sont multipliées : de 192 en 1516, date du concordat de François 1er, elles ont passé à 230 à la veille de la Révolution. Au cours de cette période, on note le très pastoral gouvernement de Mgr François de Malissoles, évêque de Gap de 1706 à 1738, surnommé « le Saint des Alpes ». Le dernier évêque de l’Ancien Régime, Mgr de la Broue de Vareilles, partit en exil. Il y mourut, sans avoir accepté de donner sa démission au pape en 1801.

La Constituante supprima l’évêché de Gap en 1790, et le rattacha à celui d’Embrun. Elle nomma un évêque constitutionnel pour le nouveau département, Ignace de Cazeneuve. André Garnier, d’Avançon, qui lui succéda, donna sa démission en 1801.