Le clocher de la cathédrale en cours d’achèvement en 1897. © Archives du diocèse de Gap et d’Embrun / fonds Mgr Bonnabel

Le diocèse vient de fêter en ce mois de septembre son saint patron, l’évêque Arnoux, et l’anniversaire de la dédicace de la cathédrale de Gap. Retour sur la consécration en septembre 1895 de cette nouvelle cathédrale, placée sous les deux vocables de Notre-Dame de l’Assomption et de Saint-Arnoux.

La cathédrale de Gap

Quel est le vocable de la cathédrale de Gap ? Les documents disent parfois Saint-Arnoux, également patron de la ville et du diocèse et, depuis 2011, de la paroisse pour le Gapençais. La vie de saint Arnoux (mort avant 1079) est désormais bien connue grâce aux travaux universitaires, particulièrement ceux de Jean-Hervé Foulon qui a publié une biographie en 2007. D’autres documents attribuent Notre-Dame de l’Assomption à la cathédrale de Gap.

Les procès-verbaux de la consécration de la nouvelle cathédrale, du maître-autel et des autels latéraux ainsi que de l’inauguration le lendemain, vont aider à répondre à cette question.

Procès verbal de la consécration de la cathédrale

© Archives du diocèse de Gap et d’Embrun

Nous sommes le 21 septembre 1895, jour de la Saint-Matthieu, évangéliste. C’est aussi la vigile, c’est-à-dire la veille, de la Saint-Arnoux. Depuis 29 ans, la ville n’a plus de cathédrale. L’ancienne a été démolie pour être remplacée par l’actuelle. Le culte est rendu dans une cathédrale provisoire, l’église Saint-Jean-le-Rond, vendue à la Révolution française et devenue salle de spectacle puis, en 1866, rendue au culte par la ville. De cette période nous avons plusieurs textes évoquant l’exhumation puis la ré-inhumation des évêques enterrés dans l’ancienne cathédrale.

Enfin, Gap a une cathédrale ! L’évêque est Prosper Amable Berthet depuis 1889. Il est originaire des Hières dans le nord des Hautes-Alpes. Le clergé et les fidèles ont été appelés à apporter « le concours de leurs prières, de leurs pénitences et de leur présence ». C’est à sept heures et demi que Mgr Berthet consacre solennellement la « nouvelle cathédrale de Gap et le Maître-Autel sous le vocable de l’Assomption de la Bienheureuse Vierge Marie et de Saint Arnoux Patron de la Ville et du diocèse de Gap », « selon les rites du Pontifical ». Le Pontifical est un rituel, un ouvrage donnant le canevas d’une célébration, ici toute particulière. En effet, à tout moment liturgique correspond un rite suivi dans l’Église partout dans le monde. C’est le cas notamment du dépôt des reliques durant la consécration de la cathédrale et des autels : parmi elles, celles de saint Benoît martyr, de sainte Agathe et de saint Grégoire, pape et docteur. Un document, appelé « authentique », les  accompagne pour attester de ce qu’elles représentent.

Le Pontifical permet également de célébrer la messe basse de la dédicace.

Le lendemain de cette consécration, de cette dédicace, a lieu « l’inauguration solennelle ». Elle est présidée par l’archevêque d’Aix-en-Provence, Mgr François-Xavier Gouthe-Soulard. Le diocèse de Gap en est alors suffragant, c’est-à-dire qu’il dépend de la métropole d’Aix. Mgr Pierre-Emmanuel Bouvier, évêque de Tarentaise, venu en voisin, a donné le sermon. Cette inauguration a lieu aussi en présence de l’abbé de la Trappe de Gethsémani au Kentucky. Cette présence, qui intrigue au premier abord, s’explique facilement. Cet abbé est Dom Édouard Chaix-Bourbon, venu en France pour des raisons de santé alors que son abbaye est en pleine ébullition. Il est né à La Mure en 1833 et démissionnera de son abbatiat en 1896.

Et c’est ainsi que Gap a une cathédrale consacrée depuis 1895 à Notre-Dame de l’Assomption et à Saint-Arnoux.

Luc-André Biarnais
Archiviste du diocèse
de Gap et d’Embrun

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