La Croix d’Avançon

Les mystères douloureux
(1669-1684)

Jésus lui est apparu deux fois tout sanglant à la croix, lui disant : “Ce que vous me voyez souffrir n’est pas ce que je souffre à présent, mais c’est pour vous faire voir ce que j’ai
souffert pour les pécheurs et l’amour que j’ai eu pour eux. La croix, l’autre fois, était toute sanglante, les Anges étaient à genoux au pied de la croix lui disant beaucoup de choses et
souffrances de Jésus. Si cette vision eut duré plus longtemps, cette bonne fille serait morte de douleur”.

“Quand il voulait lui apparaître à la croix, il lui inspirait dans sa chambre d’y aller, en sentant une odeur très odoriférante qui surpassait de beaucoup celle de Marie : ce qu’il a
fait diverses fois”
(C.A.G., p. 103).

C’est en 1669 que Benoîte est attirée vers la croix d’Avançon par une odeur suave qu’elle ressent dans sa chambre. Jésus lui apparaît tout sanglant. Il lui dit qu’il ne souffre plus ainsi et lui
donne le sens de cette vision : “c’est pour lui faire voir ce qu’il a souffert pour les pécheurs et l’amour qu’il a eu pour eux”.

La même année, Benoîte voit la croix toute sanglante. Les Anges sont à genoux. Ils lui expliquent le sens des souffrances de Jésus. La voyante dit qu’elle serait morte de douleur si la vision
avait continué.

En 1673, alors que Benoîte est en train de moissonner, l’Esprit de Dieu la pousse vers la croix. Cette troisième vision est à l’origine des souffrances du vendredi. Jésus lui apparaît de nouveau
tout sanglant. Il lui révèle que désormais elle va participer aux douleurs de sa passion : “Et ce qui est merveilleux, c’est que depuis elle était crucifiée tous les vendredis : son
corps étendu en forme de croix, ses pieds l’un sur l’autre, ses doigts tant soit peu fermés et rétrécis, aussi moins pliables qu’une barre de fer…”
(C.A.P., p. 459).

En 1674, Benoîte est attirée une quatrième fois par le même parfum. C’est encore Jésus qui lui apparaît, tout sanglant comme il l’était au Calvaire. L’Ange qui se tient au pied de la
croix, lui dit : “Voilà ce qu’a souffert votre Père et le mien ! Ne voudriez-vous pas souffrir pour l’amour de lui ?”

En 1679, c’est la dernière vision du crucifié.
Ses effets sur la personne de Benoîte sont
encore plus intenses.  Durant six mois, elle est inconsolable. Elle reprend alors les souffrances du vendredi qui avaient cessé durant deux ans
pendant la construction de la maison des prêtres.

L’analyse des textes de Gaillard et de Peythieu nous permet de constater qu’il y a bien eu cinq apparitions sanglantes du Christ crucifié.

Nous voyons bien ici que c’est l’Esprit Saint qui a conduit Benoîte à la croix d’Avançon. C’est là qu’elle est venue prier pendant trente ans, pieds nus, trois fois par semaine. Les Manuscrits
nous apprennent que la Vierge a continué à lui apparaître et à la réconforter pendant cette période douloureuse.

Au pied de la croix, la voyante découvre l’Amour infini du Christ pour les pécheurs et la fécondité de la souffrance. Benoîte réalise que le Fils, engendré éternellement par le Père, nous a fait
renaître à la croix par sa souffrance et sa mort.

S’il invite ses disciples à prendre leur croix chaque jour, c’est pour qu’ils participent à sa résurrection. Benoîte actualise les paroles de saint Paul : “J’achève dans ma chair ce qui
manque à la passion du Christ pour son corps qui est l’Église … Je suis crucifié avec le Christ …”

L’expérience de Benoîte nous incite à vivre nous-mêmes, le mystère de la croix. Elle éclaire ces paroles de Jean-Paul II adressées à une assemblée de prêtres et de religieux : “Si dans
les difficultés de notre vie quotidienne, nous nous unissons aux souffrances du Christ, nous sommes immédiatement mis en contact avec sa résurrection et la puissance vivifiante de l’Esprit
Saint.”


Durant le temps des souffrances du vendredi, le pèlerinage connaît un grand développement. Les fruits spirituels sont abondants. En cette période mystique, Benoîte est plus active que jamais.
Elle exerce sa mission avec assurance et une prudence nouvelles. La fécondité de son action apostolique est reconnue par les prêtres. Ses avertissements sont percutants. Elle dénonce des fausses
voyantes. Peythieu, son confesseur, remarque qu’elle conserve sa simplicité enjouée. Elle puise dans une prière incessante cette sérénité intérieure qui est perçue par tous ceux qui
l’approchent.

La Sainte Vierge, toutefois, continue à la corriger. Elle lui dit : “de ne pas se troubler pour une raison matérielle, de bavarder moins souvent, de demander pardon à une personne que
Benoîte a blessée”.

Cette période de la vie de Benoîte nous apprend à mieux prier au pied de la croix et à méditer d’une façon renouvelée les mystères douloureux, tels qu’ils sont présentés dans la lettre
apostolique de Jean-Paul II : “Le rosaire choisit certains moments de la Passion, incitant la personne qui prie à les fixer avec le regard du cœur et à les revivre. Le parcours de la
méditation s’ouvre sur Gethsémani où le Christ vit un moment particulièrement angoissant, confronté à la volonté du Père face à laquelle la faiblesse de la chair serait tentée de se
rebeller.
À ce moment-là, le Christ se tient dans le lieu de toutes les tentations de
l’humanité et face à tous les péchés de l’humanité pour dire au Père que ce ne soit pas ma volonté qui se fasse mais la tienne (Luc  22-42).
Son oui efface le non de nos premiers parents au jardin d’Éden et ce qui doit lui en coûter d’adhérer à la
volonté du Père apparaît dans les mystères suivants : la flagellation, le couronnement d’épines, la montée au calvaire, la mort en croix, par lesquels il est plongé dans la plus grande
abjection … Les mystères douloureux conduisent le croyant à revivre la mort de Jésus en se mettant au pied de la croix, près de Marie pour pénétrer avec elle dans les profondeurs de l’amour de
Dieu pour l’homme et pour en sentir toute la force régénératrice. “


C’est ce que Benoîte a fait au pied de la croix d’Avançon. C’est ce que nous pouvons faire, nous aussi, devant le crucifix ou en nous rendant à la chapelle du Précieux Sang, lorsque nous venons
au Laus, pour y passer de longs moments de méditation en compagnie de la voyante et de la Mère de Dieu.

Pour en savoir plus
Pourquoi cette retraite ?
Le Sanctuaire de Notre-Dame du Laus
La reconnaissance des apparitions
L’histoire des apparitions

Fermer le menu