• 22 juin 2011
Saint François de Sales, ne pouvant faire qu’une aumône, la remettait à celui dont il avait reçu quelque peine, plutôt qu’à celui dont il était l’obligé. Si vous avez la charité,
n’examinez jamais si ceux à qui vous donnez vous ont fait quelque tort, ou dit quelque injure, s’ils sont sages ou non : ils vous demandent au nom de Dieu, donnez-leur de même.

Il y en a qui agissent tout humainement : ont-ils fait une aumône, ont-ils rendu service à quelque personne, si elle n’use pas de réciprocité, cela les fâche, et ils se
reprochent d’avoir été naïfs. Mais ou vous avez fait vos bonnes œuvres pour le bon Dieu, ou vous les avez faites pour le monde. Si vous les avez faites pour être estimés et loués des hommes, vous
avez raison de vouloir être payés de reconnaissance ; mais si vous les avez faites dans la seule vue de racheter vos péchés et de plaire à Dieu, pourquoi vous plaindre ? C’est de Dieu
seul que vous en attendez la récompense. Vous devez bien plutôt remercier le bon Dieu de ce que l’on vous paie d’ingratitude, parce que votre récompense sera bien plus grande.

Voulez-vous savoir si vous avez la vraie charité ? En voici la marque : voyez à qui vous préférez faire l’aumône ou rendre quelque service. Est-ce à ceux qui vous ont
fait quelque peine, ou à ceux qui vous sont unis et qui vous remercient ?


Saint Jean-Marie Vianney (1786-1859),
Sermon sur la charité

L’auteur

Né dans une famille paysanne de l’Ain, le futur curé d’Ars connaîtra la clandestinité religieuse sous la Révolution, et malgré ses difficultés scolaires et l’incompréhension de ses
supérieurs, deviendra l’un des grands acteurs de la reconstruction de l’Église de France au
xixe siècle. À travers la prédication, le catéchisme et la confession, il ramènera à la foi chrétienne des foules que le rationalisme triomphant en avaient éloignées.

(Extrait du livret Carême pour les Cancres 2008 – A l’école des saints – Un texte par jour pour marcher
vers Pâques
, disponible sur www.paroisseetfamille.com)

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