« Après l’arrestation de Jean, Jésus partit pour la Galilée proclamer la Bonne Nouvelle, l’Évangile de Dieu. »
C’est pas un peu étrange cela ? Son cousin Jean-Baptiste est assassiné par le roi et Jésus proclame la Bonne Nouvelle : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. » J’ai participé il y a quelques semaines à Paris à un congrès sur la mission en France. Parce que la France est redevenue un pays de mission ; point besoin d’aller en Afrique pour être missionnaire ! Au cours de ce congrès, la table ronde qui a attiré le plus de monde était « Comment évangéliser alors que l’Église est entachée par le péché de ses pasteurs. » Et tout le monde pensait au drame des abus sur mineurs. Vous savez que j’ai écrit une lettre pastorale sur le sujet, ceux qui ne l’ont pas eu peuvent la télécharger sur le site internet du diocèse, ou la demander en version papier au père Jean-Luc. C’est important de la lire. Pour ma part, à ce même congrès, j’intervenais avec deux autres évêques sur le thème provocateur : « Évêque, apôtre ou gestionnaire de faillite. »
Et bien frères et sœurs, je pense sincèrement que les temps sont favorables pour annoncer la bonne nouvelle, car d’une part nous ne pouvons plus tomber dans l’orgueil des purs, l’hérésie des cathares, qui se pensent sans péchés. L’Église est composée de pécheurs, vous et moi, mais de pécheurs qui cherchent la sainteté et demandent pardon à Dieu pour leurs péchés dans le sacrement de la confession. D’autre part, notre église redevenue pauvre, à deux doigt de la faillite pour notre diocèse ; on est obligée d’être humble.
Nous ne sommes pas les plus saints, nous ne sommes pas les plus beaux, les plus riches, mais nous avons une bonne nouvelle à vous annoncer : Dieu vous aime, Dieu nous aime. Dieu est miséricorde. C’est le principal. Oui, ici à Saint-Véran, Dieu vous aime.
Mais continuons la suite de l’annonce de Jésus, car son amour est exigeant : « Les temps sont accomplis : le règne de Dieu est tout proche. Convertissez-vous et croyez à l’Évangile. »
Oui frères et soeurs, nous avons toujours à nous convertir. Sur bien des lieux de notre vie. Saint Véran était évêque de Cavaillon. Un pèlerinage à Rome l’aurait fait passer dans notre région. Puisse Saint Véran, puisse votre saint Patron vous montrer un lieu de conversion. Est-ce de décider de prendre un temps de prière chaque jour. Est-ce de décider de téléphoner à une personne qui en aurait besoin. Est-ce de décider de retrouver la messe dominicale comme sommet de votre semaine …
L’évêque Saint Véran était un ardent évangélisateur, c’est pourquoi l’Église nous propose cet évangile. Remarquez que Jésus, après son annonce de la Bonne Nouvelle : les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche, c’est à dire que Dieu, en Jésus, s’est approché de chacun de nous ; et après son appel à la conversion ; et bien Jésus appelle ses 4 premiers disciples. Deux fratries de pécheurs sur le lac de Galilée : Simon et son frère André et Jacques et son frère Jean. « Il leur dit : “Venez à ma suite. Je vous ferai devenir pêcheurs d’hommes”. Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. » Voyez, la mission de l’évêque dans son diocèse, comme la mission du curé dans sa paroisse, c’est de proclamer la présence de Dieu, la proximité de Dieu ici à Saint-Véran, mais c’est aussi d’appeler des « disciples missionnaires ». Ce double terme de disciple missionnaire est un des préférés du pape François. Nous ne devons pas seulement être disciples, mais disciples missionnaires. C’est ce qu’exprime saint Paul dans la première lecture, dans sa première lettre aux habitants de Corinthe : « annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! (…) Alors quel est mon mérite ? C’est d’annoncer l’Évangile sans rechercher aucun avantage matériel, et sans faire valoir mes droits de prédicateur de l’Évangile. » Et il indique comment il a fait : « Je me suis fait tout à tous pour en sauver à tout prix quelques-uns. »
C’est une belle définition du prêtre : tout à tous, pour en gagner quelques-uns au Christ. C’est pour leur transmettre la joie d’expérimenter l’amour de Dieu.
Mais ce n’est pas réservé au prêtre. C’est ce que dit le Pape dans sa première lettre peu de temps après son arrivée comme Pape, La joie de l’évangile. Ainsi au numéro 1 ; je cite « La joie de L’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours. Dans cette Exhortation je désire m’adresser aux fidèles chrétiens, pour les inviter à une nouvelle étape évangélisatrice marquée par cette joie et indiquer des voies pour la marche de l’Église dans les prochaines années. » et au numéro 25 il indique que ce qu’il « veut exprimer ici a une signification programmatique ». « J’espère, dit-il, que toutes les communautés ferons en sorte de mettre en œuvre les moyens nécessaires pour avancer sur le chemin d’une conversion pastorale et missionnaire qui ne peut laisser les choses comme elles sont. »
Voilà frères et sœurs le programme de l’Église indiqué par le Pape. C’est la première fois que je me rends dans votre commune. Je n’ai pas d’autre programme : avec vous, évangéliser, transmettre cette expérience de l’amour de Dieu.
Dieu vous aime. Il vous a envoyé un Sauveur. Ici à Saint-Véran, suivez Jésus votre sauveur. Amen.

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