You are currently viewing 20220313 Ainsi nous ne perdrons pas courage Homélie pour le dimanche de la Transfiguration

Mgr Xavier Malle a célébré la Messe du dimanche de la Transfiguration selon le rite du Missel de 1962 aux Cordeliers à Gap et a prononcé cette homélie.

Ce second dimanche du Carême est aussi appelé le dimanche de la Transfiguration, évangile que le missel de st Paul VI a bien heureusement conservé à ce jour. Comme le Seigneur a voulu enseigner trois disciples, il nous enseigne ce matin.

Comme le dit merveilleusement Dom Guéranger : « Ils avaient entendu Pierre, l’un d’entre eux, déclarer par un mouvement divin qu’il était le Christ, Fils du Dieu vivant  ; mais cependant l’épreuve qui se préparait allait être si redoutable pour leur faiblesse, que Jésus voulut, avant de les y soumettre, leur accorder encore un dernier secours, afin de les prémunir contre la tentation. (…) Ne perdront-ils pas courage, à l’aspect de tant d’humiliations et de souffrances, ces nommes qui depuis trois années se sont attachés à ses pas ? Se souviendront-ils de tout ce qu’ils ont vu et entendu ? (…) Jésus du moins veut tenter un dernier effort sur trois d’entre eux qui lui sont particulièrement chers : Pierre, qu’il a établi fondement de son Église future, et à qui il a promis les clefs du ciel ; Jacques, le fils du tonnerre, qui sera le premier martyr (parmi les apôtres), et Jean son frère, qui est appelé le disciple bien-aimé. Jésus veut les mener à l’écart, et leur montrer, durant quelques instants, l’éclat de cette gloire qu’il dérobe aux yeux des mortels jusqu’au jour de la manifestation. »

Cette gloire est attestée de 3 manières :

– Par la transfiguration elle-même : « il se transfigura devant eux : son visage resplendit comme le soleil, et ses vêtements devinrent blancs comme la lumière. » « Son aspect mortel disparaît – commente dom Guéranger.

– Par la présence de deux personnages qui « s’entretiennent avec leur Maître sur les souffrances qui l’attendent à Jérusalem. C’est Moïse, à qui Dieu a révélé les 10 commandements ; c’est Élie, le prophète, enlevé sur un char de feu, sans être passé par la mort. Ces deux grandes figures de la première Alliance, la Loi et la Prophétie, s’inclinent humblement devant Jésus de Nazareth. »

– et enfin par la voix du Père, du sein d’une nuée lumineuse : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis tout mon amour : écoutez-le. »

Notre Seigneur voulait renforcer leur foi en la Résurrection ; cette transfiguration étant comme une anticipation de sa gloire future. Pour renforcer leur courage, Jésus leur dit : « Levez-vous, ne craignez point. »
La pédagogie de Notre Seigneur est la même pour nous. On lisait au Bréviaire il y a quelques temps une homélie de St Grégoire le Grand sur le livre de Job ; je le cite : « On ne se laisse pas briser par la rencontre de la douleur, si l’on se hâte de se rappeler un bienfait qui nous réconforte. Au jour du malheur, n’oublie pas le bonheur ; au jour du bonheur, n’oublie pas le malheur. »

En lisant cela, j’ai les images de la guerre en Ukraine, de l’invasion meurtrière, des souffrances des réfugiés et des blessés.

Je vous témoigne être très touché par cette guerre à nos portes ; alors je vous balbutie quelques éléments de ma réflexion ; comment vivre en chrétien ce moment de l’histoire que nous vivons.

1/ Regarder la réalité en face  et s’informer à des sources sérieuses. Un journaliste russe réfugié dans un autre pays témoigne : « nous étions en Russie, nous nous sommes réveillés en Union Soviétique ».

Le nonce apostolique en Ukraine a déclaré dans une interview à l’Aide à l’Église en Détresse : « Cette guerre a quelque chose de démoniaque. » Le pape François a condamné la guerre en Ukraine avec des mots très durs et a appelé au respect du droit international et à la reprise des négociations. Ainsi dimanche dernier il disait : « Des fleuves de sang et de larmes coulent en Ukraine ; il ne s’agit pas seulement d’une opération militaire mais d’une guerre qui sème la mort, la destruction et la misère ». Il s’était dès le début de la guerre personnellement déplacé auprès de l’ambassade de Russie près le Saint Siège pour demander des couloirs humanitaires et le respect du droit international. Il a également envoyé deux cardinaux sur place pour montrer sa proximité aux populations.

2/ Après nous être informé sérieusement et avoir regardé la réalité en face, nous demander ce que nous pouvons faire. Peut-être aider financièrement et sur le site internet du diocèse vous avez un article avec des liens vers le Secours Catholique, l’Oeuvre d’Orient et l’Aide à l’Eglise en détresse.  Le Pape François nous appelle aussi à prier et à jeûner plus intensément. Ce jeudi, une prière interreligieuse pour la paix a eu lieu dans la cathédrale greco-catholique de Lviv. Elle a été présidée par l’envoyé du Pape en Ukraine, le cardinal Konrad Krajewski. Il en témoignait ensuite : « Nous avons fait tout ce que nous pouvions aujourd’hui. Nous étions tous ensemble aujourd’hui, notre prière s’est élevée comme la fumée de l’encens. C’est notre force. Je pense que nous transmettons également cette puissance et cette force au peuple ukrainien, que par la foi nous pouvons déplacer des montagnes. Je crois en cela. Encore plus arrêter une guerre stupide».

Pour reprendre la pensée de St Grégoire le Grand, n’oublions pas la louange à Dieu pour tout le bien qu’Il fait et qui se fait au milieu de ce drame immense. Ainsi nous ne perdrons pas courage.

Alors je veux terminer par une prière pour la paix en Ukraine.

C’est une prière proposée par la cathédrale de Bayeux. A l’occasion des 70 ans du débarquement, une nouvelle cloche a été bénite le 6 juin 2014. Appelée la cloche de la paix, elle porte le nom de Thérèse Bénédicte de la Croix, Edith Stein, morte à Auschwitz et co-patronne de l’Europe, et a pour parrains les belligérants de l’époque dont l’Allemagne. Cette cloche sonne tous les soirs et les croyants présents récitent cette prière :