Trois évêques à Embrun pour fêter les trois mages avec les paroissiens de l’Embrunais et du Savinois

Trois évêques à Embrun pour fêter les trois mages avec les paroissiens de l’Embrunais et du Savinois

En ce dimanche 8 janvier 2012, toutes les paroisses de l’Embrunais et du Savinois se sont retrouvées à Embrun pour fêter l’Épiphanie, une des fêtes majeures de l’ancien archevêché, dont la cathédrale est consacrée à Notre-Dame du Réal (Notre-Dame des Rois).

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri avait invité Mgr Bernard Barsi, archevêque de Monaco, et Mgr André Fort, évêque émérite d’Orléans et chapelain au sanctuaire Notre-Dame du Laus. “À l’époque [avant la Révolution], Monaco dépendait de Nice, et Nice dépendait d’Embrun”, expliqua l’actuel archevêque de la Principauté. Ce qui ne manqua pas de faire sourire l’assemblée.

Crèche de la cathédrale d’Embrun

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri salue les personnalités locales

De gauche à droite : Mireille Serres, adjointe chargée du secteur des affaires sociales, Victor Bérenguel, conseiller général de Savines-le-Lac, Richard Siri, conseiller général d’Embrun, Chantal Eyméoud, maire d’Embrun, Jehanne Marou, adjointe à la culture

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri remercie le Père Jean-Pierre Oddon, curé, pour son mot d’accueil

André Vallet, diacre installé à Savines-le-Lac, proclame l’évangile

Mgr Bernard Barsi prononce l’homélie (voir texte ci-dessous)

Eric Blanchard et Nelson Da Costa, diacres, lors de la procession des oblats

La doxologie concluant la prière eucharistique

Bénédiction finale par les trois évêques présents. De gauche à droite : Mgr André Fort, Mgr Bernard Barsi, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

Prière à Notre-Dame d’Embrun

Mgr Bernard Barsi et Mgr Jean-Michel di Falco Léandri…

…à la rencontre des uns et des autres à la sortie de la cathédrale

Repas au presbytère…

…avec notamment des membres actifs de la vie paroissiale

Victor Bérenguel, Chantal Eyméoud, Mgr Bernard Barsi, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, Mgr André Fort, Pierre Eyméoud, maire de Vars

Mgr Bernard Barsi remerciant à la fin du repas
Partage de la galette des rois dans l’après-midi

 

Concert-lecture donné par Eric Blanchard…

…et Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

Un concert apprécié (voir compte-rendu ci-dessous)

Mgr Jean-Michel di Falco Léandri et Eric Blanchard, qui sera ordonné prêtre dimanche 15 janvier en la cathédrale de Gap à 15h30

Homélie

par Mgr Bernard Barsi
Archevêque de Monaco

La perspective de la célébration de l’Épiphanie en la cathédrale Notre-Dame du Réal d’Embrun m’a invité à me plonger dans l’histoire de ce monument religieux et dans le passé de l’ancien archidiocèse métropolitain d’Embrun qui s’étendait sur la haute vallée de la Durance, la vallée de l’Ubaye, Seyne-les-Alpes et les vallées au-delà du Montgenèvre. Cet archidiocèse avait pour suffragants des évêchés montagneux qui allaient des Alpes à la Méditerranée : Digne, Glandèves-Entrevaux, Senez, Vence, Antibes-Grasse et Nice. Cinq conciles provinciaux se sont tenus à Embrun dont le dernier, au XVIIIe siècle, eut un grand retentissement dans la chrétienté car il déposa l’évêque de Senez, convaincu d’hérésie janséniste. L’archevêché d’Embrun fut emporté par la Révolution française mais pour que sa mémoire subsiste, les archevêques métropolitains de Lyon et d’Aix-en-Provence adjoignirent à leur titre respectif celui prestigieux d’Embrun. Aujourd’hui par une décision récente du Saint-Siège et conforme à la réalité, l’évêque de Gap est devenu « évêque de Gap et d’Embrun ».

Quel que soit le chemin que l’on emprunte pour arriver à Embrun, c’est le clocher de la cathédrale Notre-Dame dominant la ville qui apparaît immédiatement aux yeux du voyageur. En ce matin d’hiver, alors que la vallée était encore dans l’ombre, un rayon de soleil éclairait Embrun et son rocher et le spectacle était particulièrement beau. Joyau de l’art roman, votre cathédrale est considérée comme le monument le plus important des Alpes françaises. Pendant plusieurs siècles et jusqu’aux destructions des guerres de religion, le porche du Réal abrita la fresque miraculeuse représentant l’Adoration des Mages, objet d’une grande dévotion à la Vierge Marie. Des milliers de pèlerins issus de toute l’Europe, des rois de France, des hommes d’Église, des gens de toute condition sont venus à Embrun pour implorer la Reine du Ciel qui accomplissait ici miracles sur miracles. Nous avons du mal à imaginer l’intensité de la vie religieuse qui a pu régner en ces lieux. Tout ce mouvement de foules donna à Embrun une importance considérable et créa un trésor artistique éblouissant. Un auteur (Raymonde Meyer-Moyne, Notre-Dame d’Embrun) que je lisais ces jours-ci constatait dans son ouvrage : « la ville d’Embrun, […] enrichie par le pèlerinage à la Vierge fut détruite. Ce qui avait été la cause de sa fortune, devint la source de ses malheurs » et ce même auteur de conclure : en fait « Notre-Dame du Réal n’avait jamais quitté sa cathédrale. Le vrai trésor d’Embrun s’y trouve toujours, intact, et personne ne peut le détruire ou le voler ». Ce trésor, c’est l’amour que les Embrunais portent à la Vierge aux Trois Rois Mages, à la Vierge Marie, la Mère de Dieu et des hommes. Frères et sœurs, ce trésor gardez-le précieusement dans vos cœurs et dans vos vies. Ne l’enfouissez pas comme le fit cet homme de la parabole qui ne sut pas faire fructifier ce que son maître lui avait donné ; au contraire aimez la Vierge Marie, faites-la aimer autour de vous, car cette femme bénie entre toutes les femmes nous conduit sûrement vers son Fils Jésus. Sans crainte, nous pouvons nous abandonner à l’amour de cette mère. Elle intercède sans cesse auprès de Jésus et du Père de tous les hommes, et, puisqu’elle est l’immaculée, sans péchés, Dieu ne peut qu’accepter les demandes qui viennent de Marie.

***

En ce premier dimanche de janvier, l’Église célèbre l’Épiphanie dont le mot signifie la manifestation de Dieu aux hommes. Cette manifestation de Dieu se réalise dans la naissance de Jésus qui apporte le salut à toutes les nations. A Noël, Jésus s’est révélé au peuple d’Israël à travers les bergers de Bethléem ; par l’intermédiaire des mages, Jésus se manifeste aux païens et à toute l’humanité. L’Épiphanie anticipe et annonce déjà la Pentecôte, où Dieu réalise son désir de rassembler l’humanité en un seul peuple. Paul l’a dit dans sa lettre aux Éphésiens : « les païens sont associés au même héritage, au même corps, au partage de la même promesse, dans le Christ » (Eph. 3).

Ces mages, selon la tradition seraient au nombre de trois pour symboliser les continents connus à l’époque : l’Europe, l’Afrique et l’Asie. Ce chiffre de trois symboliserait aussi les âges de la vie : l’enfance, l’âge adulte et la vieillesse ; ou encore les trois offrandes à Jésus cités dans l’Evangile : l’or, l’encens et la myrrhe.

Ensemble admirons quelques instants les mages que la liturgie propose à notre méditation :

Ces hommes scrutent les Écritures et se mettent en route pour venir se prosterner devant le roi de juifs. Si réellement nous voulons découvrir le Christ, nous ne pourrons le faire qu’en ouvrant et en lisant la Bible, la Parole de Dieu. Saint Jérôme, ce Père de l’Église du IVe siècle, affirmait déjà dans son temps que « méconnaître les Écritures, c’est méconnaître le Christ ». A notre tour, nous pouvons affirmer positivement : « Connaître les Écritures, c’est connaître le Christ ! ». Car il ne suffit pas de savoir des choses sur Jésus, il s’agit de le connaître, lui, et de nous laisser saisir par lui, ainsi que l’affirme saint Paul (cf. Ph 3, 12).

Aussi, ce matin, nous pouvons nous interroger sur la place que tient la lecture de la Parole de Dieu dans nos vies. Dans nos paroisses, nos diocèses, il existe peut-être des groupes d’approfondissement et de partage de l’Évangile, répondons-nous positivement aux invitations qui nous sont faites ?

Les mages ont vu se lever l’étoile du Sauveur et ont entrepris un grand voyage, quelle différence d’attitude avec Hérode, les chefs des prêtres et les scribes de Jérusalem. Eux ont la lumière des Écritures, mais ils ne bougent pas, ils refusent de se laisser bousculer par l’Esprit de Dieu. Cette réaction est souvent la nôtre lorsque nous fermons nos oreilles et nos cœurs aux appels de Dieu et de nos frères. Nous savons que nous devons aimer, mais par crainte d’être dérangés dans nos habitudes, nous refusons d’entendre. Demandons au Seigneur de nous délivrer de la surdité et de l’aveuglement de nos cœurs.

Les mages en voyant l’enfant et sa mère tombent à genoux et se prosternent, comme doivent le faire les croyants devant la divinité. La Bible, nous montre comment Moïse devant la révélation de Dieu au buisson ardent retira ses chaussures et se voila le visage car il craignait de porter son regard sur Dieu (cf. Ex 3). Ce comportement de respect qui se retrouve avec tous les prophètes constitue également un acte de foi et de reconnaissance devant la grandeur de Dieu. Avec les mages, avec tous les hommes et les femmes de foi retrouvons le vrai sens de Noël et comme nous le dirons en cette eucharistie : célébrons avec joie, ce mystère de l’Incarnation, le Fils unique qui partage éternellement la gloire de Dieu s’est manifesté à nos yeux dans un vrai corps pris de notre chair.

Les mages offrent à l’enfant Jésus ce qu’ils ont de meilleur. Désormais nous n’offrons plus au Seigneur l’or, l’encens ou la myrrhe, mais à chaque eucharistie, nous offrons ce que nous réalisons pour la construction de ce peuple unique que Dieu attend. Nous offrons nos efforts pour la paix, la solidarité, la soif d’amour et de justice qui habite nos cœurs.

Les mages regagnent leur pays par un autre chemin. Lorsque l’on a rencontré en vérité le Christ Jésus, lorsque l’on a perçu sa lumière, on ne peut plus retourner à ses vieilles habitudes, on ne peut plus retourner dans les ténèbres. Cette transformation en terme chrétien s’appelle la conversion, le changement selon l’Évangile.

Lors de l’adoration des mages, Marie est là, elle ne dit rien, mais par ses gestes elle montre sa foi en présentant son enfant à ces mystérieux visiteurs. À notre tour, par nos paroles et surtout par nos actes, nous sommes invités à présenter Jésus aux hommes et aux femmes de notre temps. Avec Marie, les bergers de Bethléem, les mages, les apôtres, saint Marcellin, et les chrétiens de tous les temps et d’aujourd’hui, soyons les témoins du Christ et de l’Évangile dans notre monde.

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Chers amis de l’Embrunais et du Savinois, je me suis attardé au début de mon homélie sur l’histoire de votre cathédrale et de l’ancien archevêché d’Embrun. Vous avez le droit d’être fiers de votre passé, vous avez le devoir d’entretenir ce beau monument de pierres qui témoigne du génie de l’homme inspiré par la foi chrétienne. Vous avez surtout le devoir d’être ces pierres vivantes qui ne cessent de construire l’Église du Christ. Avec la Vierge Marie, Notre-Dame du Réal, Notre-Dame des Trois Rois, Notre-Dame du Laus que Benoîte Rencurel a vue habillée en reine dans la cathédrale d’Embrun, annoncez au monde l’Évangile du Christ, alors comme les Mages vous éprouverez une très grande joie et vous conduirez vos frères et sœurs vers un monde meilleur, celui que Dieu veut transformer par son amour.

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Concert-lecture

Compte-rendu de François Heller
pour Radio Alpine Meilleure

Il y avait beaucoup de monde hier soir à la cathédrale d’Embrun pour assister à un concert-lecture, une formule originale proposée par le pianiste virtuose et compositeur Éric Blanchard et Jean-Michel di Falco Léandri, évêque de Gap et d’Embrun, qui officiait en tant que récitant, en collaboration avec la paroisse et la mairie d’Embrun, tout cela, comme l’a rappelé l’évêque en fin de concert d’un ton quelque peu ironique, « en toute … laïcité » !

Éric Blanchard est un jeune pianiste de trente-six ans de très haut niveau, il a été l’élève de l’immense pianiste d’origine hongroise Georges Cziffra et propose, comme il l’a déjà fait début décembre dernier dans la chapelle des Capucins, un concert-mosaïque d’œuvres courtes, souvent très connues du public (comme la « Sonate au Clair de Lune » de Beethoven ou la  « Valse de l’Adieu » de Frédéric Chopin), interprétées avec un style très particulier, très personnel, où la musique respire beaucoup et avec un jeu, un toucher et des nuances d’une extrême sensibilité, ce qui fait que – et c’est très important dans la musique comme dans beaucoup d’autres choses – on ne s’ennuie pas une seconde à l’écoute de ce musicien qui a également joué des œuvres de sa composition, dont « Memorial », créée à New York le 11 septembre 2011 et dédiée aux victimes des attentats.

Et le duo piano-voix a fonctionné à merveille, Jean-Michel di Falco Léandri étant un excellent récitant, et les textes se mariant parfaitement avec les musiques : c’est ainsi que, entre autres, la 1ère gymnopédie d’Erik Satie accompagnait un texte très émouvant de Christian de Chergé qu’on a déjà entendu dans le très beau film « des Hommes et des Dieux » de Xavier Beauvois, et que le Prélude en Do majeur du Clavier Bien Tempéré de Jean-Sébastien Bach habillait avec bonheur « La Vierge à Midi », un très beau texte court de Paul Claudel. Ces textes, fort bien choisis, étaient tous les œuvres de grands écrivains, avec une large dominante de sujets autour de la spiritualité et de la chrétienté. Même si on n’adhère pas au fond, on peut apprécier la forme de ce duo piano-récitant qui m’a émue de la même façon qu’on peut l’être par la beauté d’une cathédrale sans pour autant partager le côté religieux et spirituel du lieu.

Éric Blanchard, qui est diacre et sera ordonné prêtre dimanche prochain dans la cathédrale de Gap, justement par Jean-Michel di Falco Léandri, commente les œuvres qu’il va interpréter avec une grande finesse et beaucoup d’humour, souvent d’ailleurs autour de thèmes féminins qu’on ne s’attendrait pas à entendre dans la bouche d’un homme qui a décidé de vouer sa vie au célibat… Tout ceci contribue a faire de ses concerts d’excellents moments de détente et à rendre la musique classique accessible à tout un chacun. Une belle initiative, décidément il se passe culturellement beaucoup de choses à Embrun, qui a la chance de posséder un beau piano à queue qui sonnait superbement hier soir dans la cathédrale.

 

L’intégralité de ce compte-rendu de François Heller, lu par Viviane Guérard de la RAM, peut être écouté ici :

Actualités locales du 9 janvier – RAM
(de 10:55 à 13:18)

Site internet de la RAM

Webmaster

Cet article a été rédigé par le service communication du diocèse de Gap.

Cet article a 5 commentaires

  1. c est avec plaisir que l ai vu les photos du 8/01 avec le pere Odon que j ai connu quand il etait à briançon c est lui qui a preparé ma petite fille miryam a sa profession de foi et sa confirma tion quand elle etait a villard saint pancrace pour ce soigner aux hirondelles

  2. cela m as fait beaucoup de bien de lire tout cela !!!vos articles m apporte la paix merci !!

  3. Je pense aussi a la trinité :Père,Fils et Esprit Saint comme symbole du chiffre trois ( les rois mages)
    amitié

  4. Un moment d’harmonie qui apporte la paix et sérénité.
    Bien sincèrement
    Claudine

  5. Bonjour
    .
    Connaissez vous la légende du 4éme Roi Mage,
    Qui n’a jamais rencontré de sa vie Jésus
    .
    et lorsque de désespoir ce 4éme Roi Mage voulait mourir
    à ce moment une voix venant du ciel lui dit
    de tous les Rois Mages c’est toi qui a toujours été à mes cotés
    c’est toi qui à toujours été dans mon cœur
    .
    Question qu’a fait ce Roi Mage pour être toujours au coté de Jésus, et dans son cœur.
    .
    cette légende date des Églises primitives, et encore racontée en Orient,
    .
    bonne soirée

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