Trois lecteurs et acolytes institués à Veynes
  • 24 janvier 2017

Dimanche 22 janvier 2017, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri s’est rendu à Veynes pour instituer trois hommes mariés comme lecteurs et acolytes.

Jean-Paul Artigues, habitant Veynes, Pierre-Marie Lopez, habitant Rabou, et Bernard Siegel, habitant Sigoyer, se préparent tous trois à devenir diacres permanents. C’est dans le cadre de ce parcours qu’ils ont été institués, même si chacun d’eux “est libre de ne pas continuer vers le diaconat” a précisé Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, “et moi, tout comme mon successeur, de juger au terme de leur formation s’il convient qu’ils deviennent diacres ou pas.”

Dans son homélie, Mgr Jean-Michel di Falco Léandri a expliqué la place et le rôle des lecteurs et des acolytes dans la communauté chrétienne. Il a aussi pu donner des nouvelles de plusieurs prêtres parmi lesquels l’actuel curé de Veynes, le père Pierre Fournier, hospitalisé, et son prédécesseur, le père Éric Blanchard.

Ci-dessous :

  • un diaporama.
  • une vidéo avec des extraits de l’institution ;
  • une vidéo avec l’homélie ;
  • le texte de l’homélie.

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Homélie

Nous voici rassemblés ce dimanche pour célébrer ensemble le Christ ressuscité. Et en vous regardant j’aimerais que ça se voit ! Ah, je vois quelques sourires… À cette fête hebdomadaire qui rythme notre vie s’ajoute aujourd’hui la joie de l’institution au lectorat et à l’acolytat de trois hommes mariés, laïcs, actifs dans leurs paroisses respectives, Bernard, Pierre-Marie et Jean-Paul. C’est une joie pour nos communautés et pour l’évêque que je suis. Je tiens à leur exprimer ma reconnaissance et celle du diocèse.

Mais ce jour et aussi teinté d’une certaine tristesse, celle de l’absence du père Pierre Fournier, votre curé ici à Veynes et pour les paroisses alentours. C’est lui qui a succédé au père Éric Blanchard voici un peu plus de deux ans.

Donc je vais vous donner quelques nouvelles bien que le père Jean-Baptiste en ait donné quelques-unes.

J’ai visité le père Fournier lundi et vendredi à Marseille. Comme vous le savez il a été opéré. On lui a placé des tiges métalliques au niveau des vertèbres thoraciques. Il faut maintenant attendre les résultats d’une série d’examen suite à des prélèvements qu’il a été nécessaire de faire. Il est pour le moment à l’hôpital de La Timone, il devrait ensuite aller en rééducation. Lors de ma première visite il m’a demandé des livres que je lui ai apportés ce vendredi. Ce qui prouve que de ce côté-là, il va bien. Il est toujours aussi boulimique de lectures et de connaissance. Merci aux Pères Jean-Baptiste et Raymond de porter une charge supplémentaire due à l’absence de Pierre.

Je peux aussi vous donner des nouvelles d’Éric Blanchard. Je suis heureux de vous annoncer qu’après une longue période de repos il reprend le ministère dans un autre diocèse et avec joie, comme au premier jour. Quand je l’avais ordonné prêtre, j’avais bien pris la mesure de son parcours et de ses aspirations. Aussi lui avais-je dit que je l’ordonnais prêtre pour l’Église, et non pas à vie prêtre pour notre Église diocésaine. C’est pourquoi, avec mon accord, Éric a été accueilli dans un autre diocèse.

Le diocèse traverse en ce moment une période difficile, éprouvé par la santé de certains prêtres. Je vous ai donné des nouvelles du père Fournier, mais le père Félix Caillet, curé de Guillestre et Sébastien Dubois sont également à l’hôpital. Pour Sébastien c’est sans gravité et l’intervention chirurgicale était prévue. J’ai appris tout récemment que le père Joseph-Charles, curé de Laragne, doit retourner d’urgence dans son pays suite au décès brutal de sa sœur.

Des prêtres qui vieillissent, des jeunes au parcours atypique qui viennent frapper à la porte du diocèse avec le désir d’être prêtre, des laïcs qui s’engagent, des communautés qui ont besoin de se retrouver autour de la parole de Dieu et de l’eucharistie le dimanche alors que le nombre de prêtres diminue. Tout cela nous fait nous demander ce que le Seigneur a en vue pour nous dans un avenir proche.

L’institution de ce jour est-elle là comme un pis-aller ? Un expédient ? Un compromis bancal ? Une roue de secours ? Eh bien non. Qu’il soit bien clair que Bernard, Pierre-Marie et Jean-Paul ne seront pas des ersatz de prêtres, des prêtres au rabais. Ce sont des laïcs. Et ils vont rester laïcs par ces institutions.

C’est pour eux trois une étape vers l’ordination diaconale. Mais ces institutions pourraient tout aussi bien être célébrées pour des laïcs qui ne s’orientent pas vers le diaconat. Je l’ai déjà fait. Peut-être seront-ils un jour diacres, peut-être pas. Nous ne célébrons pas aujourd’hui une ordination. Chacun d’eux est libre de ne pas continuer vers le diaconat. Et moi, tout comme mon successeur, nous restons libres de juger au terme de leur formation s’il convient qu’ils deviennent diacres ou pas. Tout cela est vécu dans une entière liberté de part et d’autre.

Si ces laïcs peuvent rester laïcs, pourquoi ces institutions alors ? Il se trouve que ces laïcs souhaitent transmettre aux autres la parole de Dieu, et ils se forment pour cela. Ils se nourrissent de cette parole chaque jour et se laissent instruire par elle. Ils la lisent, ils la méditent. Ils cherchent à la mettre en pratique dans leur vie de tous les jours, en famille, dans leurs activités professionnelles et associatives, dans leurs activités de retraités. C’est le sens de l’institution au lectorat.

Ces laïcs vont aussi être institués acolytes, pour servir la prière communautaire et l’eucharistie. Comme tout autre chrétien, ils se nourrissent de l’eucharistie, pain de Dieu sur le chemin de nos vies. Par l’eucharistie, le Christ est au milieu de nous comme pour les pèlerins d’Emmaüs. Il est notre viatique comme on disait autrefois, c’est-à-dire la provision pour le chemin, pour avancer dans la vie, pour franchir les obstacles. Un randonneur ne part pas en montagne sans ses barres de céréales pour éviter l’hypoglycémie qui coupe les jambes. D’une certaine manière il en est de même pour nous, chrétiens. Nous ne pouvons pas avancer dans la vie sans vivre du Christ, sans communier au Christ présent dans l’eucharistie.

La messe en revanche, Bernard, Jean-Paul et Paul-Marie ne pourront pas la célébrer. Car seuls l’évêque et le prêtre peuvent offrir le sacrifice eucharistique. Mais ils seront là pour distribuer la communion au cours de la messe, et après la messe aux malades, aux personnes isolées. Ou bien encore ils pourront animer une assemblée de fidèles sans prêtres, où le corps du Christ pourra être donné en communion.

Bref, viscéralement attachés à la parole de Dieu et à l’eucharistie, je dirais que ces laïcs peuvent être pour la communauté chrétienne le signe de ce qu’elle est appelée à être, à savoir une communauté qui se nourrit de la parole de Dieu et des sacrements et se tourne vers les autres.

La parole de Dieu aujourd’hui. Que nous dit-elle ? Je reprends quelques versets. « Le peuple qui marchait dans les ténèbres a vu se lever une grande lumière. » « Le Seigneur est ma lumière et mon salut ; de qui aurais-je crainte ? » « Aussitôt, laissant leurs filets, ils le suivirent. » C’est paroles d’hier valent pour aujourd’hui. Et pour chacun de nous.

Chacun de nous, même si nous sommes parfois devenus sourds, est appelé par son nom. Tous les jours. À chaque instant. Est-ce que nous en avons conscience ? Pour le non-chrétien ce sera par la voix de sa conscience. Pour le chrétien c’est par le Christ dont il suit les traces. Chacun de nous est appelé à la vie. Si nous nous engageons sur des routes de mort, Dieu nous ouvre le chemin de vie. Si nous sommes dans les ténèbres, il nous appelle à la lumière. Si nous mettons nos pas dans les pas du Christ, il nous entraîne encore plus avant.

Le chrétien qui met ses pas dans ceux du Christ devient sensible aux appels discrets qui viennent de Dieu et qu’il peut sentir dans la prière. Ce sont ce que les théologiens appellent les motions de l’Esprit saint. Le mot « motion » venant du latin « motio », qui veut dire « mise en mouvement ». En suivant ces mouvements, sa vie trouve son unité. En suivant le Christ grâce aux motions de l’Esprit Saint, le chrétien trouve Dieu toujours et partout, si bien qu’il n’est plus tiraillé entre les appels de Dieu (qui l’appellent à servir), ses aspirations (qui l’appellent à se réaliser) et le monde (qui l’appelle par tous ses besoins).

Le Christ est parmi nous. Il marche avec nous. À chacun de nous, de sa voix, de son regard, de sa main tendue, il fait signe. Tous les jours. Continuellement. Mais il y a des moments dans nos vies où son appel se fait plus clairement entendre. Il y a des moments dans nos vies où, comme pour Pierre, André, Jacques et Jean, un appel qui vient de l’extérieur vient rejoindre parfaitement l’appel que nous ressentons au plus profond de nous-mêmes. C’est l’appel par la voix d’un prêtre, d’un pauvre, d’une jeune fille, d’un jeune homme. Pour chacun c’est différent en fonction de ce que le Seigneur sait être le mieux pour nous. Ceux qui se sont engagés dans le sacerdoce ou le mariage l’ont perçu, cet appel. Bernard, Pierre-Marie et Jean-Paul l’ont perçu pour leur mariage. Et leurs épouses respectivement. Sous quelle forme ont-ils perçu l’appel à cheminer vers le diaconat ? C’est leur secret. Toujours est-il que lorsqu’un appel extérieur rejoint une aspiration qu’on porte en soi, il n’y a plus de raisonnement, de questionnement, d’hésitation, de considération sur un joug qui serait trop lourd à porter. « Aussitôt, […] ils le suivirent. » dit l’évangile. « Aussitôt ». Tout de suite. Sans attendre. Sans hésitation. On obéit à l’appel, sans savoir où cela va nous mener. Mais on sait que là se trouve notre chemin pour apprendre à grandir dans l’amour, pour répondre à notre aspiration d’aimer et d’être aimé.

Alors aujourd’hui, par l’intermédiaire de Bernard, de Pierre-Marie et de Jean-Paul, à chacun de nous, le Christ adresse un appel. Lequel ? À chacun de le découvrir dans le secret de son cœur. Cet appel est là, en nous. Nous le portons en nous. Parfois nous essayons de l’étouffer. Nous ne voulons pas l’écouter car il engage. Mais il est là. Il n’attend qu’un oui de notre part pour faire éclater le cadre parfois étriqué de nos existences. Nous résistons peut-être, même si nous savons qu’au final nous irons vers plus de joie et de vie. Mais disons oui. Disons oui à Dieu. Disons oui au Christ. Disons oui aux appels du monde. Car c’est là que se trouve la joie.

+ Jean-Michel di FALCO LÉANDRI
Évêque de GAP et d’EMBRUN

 

Cet article a 2 commentaires

  1. Quelle belle cérémonie!, que Monseigneur Di Falco à encore eu le privilège de célébrer avant son départ!.
    L’institution de ces trois laïcs pour un ministère dans l’acolytat et peut-être diacres permanents par la suite, avec une foi intense pour donner la parole de Dieu.
    Recevoir l’aube blanche de leurs épouses en présence de leur Evêque est un moment inoubliable de la communauté chrétienne.
    Ce rassemblement diaconat est un temps fort pour ces laïcs, la célébration de l’eucharistie; donner le pain de vie!. Magnifique!
    Oùi à Dieu!

  2. Merci Monseigneur pour cette homelie

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