You are currently viewing Trois méditations sur la Passion selon saint Luc – homélie des Rameaux 10 avril 2022

10h30 Cathédrale de Gap

Il y a dans la lecture de la Passion des évènements qui peuvent nous toucher plus particulièrement, en fonction de notre propre vie. En cette Semaine Sainte 2022, je propose à votre méditation trois extraits de cette lecture de la passion selon saint Luc.

1er extrait : « Les rois des nations les commandent en maîtres … Pour vous, rien de tel ! Au contraire, que le plus grand d’entre vous devienne comme le plus jeune, et le chef, comme celui qui sert. » En ce jour d’élection du chef de l’Etat en France, cela résonne à nos oreilles. Mgr Eric de Moulin Beaufort disait dans son discours de clôture de l’assemblée des évêques ce vendredi à Lourdes : « Ce dimanche nous allons acclamer le Seigneur qui entre dans Jérusalem. Il est le roi, le seigneur de nos âmes. Lui seul est digne que nous lui attachions notre liberté. Lui seul est le roi doux et humble, monté sur un âne. Devant lui toute puissance politique se trouve relativisée, non pas humiliée, non pas détrônée, mais mise à sa place. » Fin de citation. Alors frères et soeurs, en accomplissant ce jour notre devoir électoral, nous prions également pour ce futur chef de l’Etat, qu’il soit un serviteur.

Bien sûr, en arrière fond nous avons aussi les horreurs de la guerre d’invasion en Ukraine. Le frère bénédictin François Casingena écrit : « Le chemin de croix, cette année, nous savons où le suivre : il a lieu en Ukraine. Notre chemin de croix. Notre vrai chemin de croix. Car le Christ est recrucifié à Marioupol et en bien d’autres villes dont le nom nous était jusqu’alors indifférent ou inconnu. » A Lourdes, nous avons célébré la messe en rite gréco-catholique ukrainien, présidée par Mgr Hlib Lonchyna, évêque de l’éparchie gréco-catholique de Paris. Cela nous a associés en profondeur à sa prière et à sa supplication pour son pays qui lutte pour la vérité et la justice.

Second extrait : « Simon, Simon,voici que Satan vous a réclaméspour vous passer au crible comme le blé.Mais j’ai prié pour toi,afin que ta foi ne défaille pas.Toi donc, quand tu sera revenu,affermis tes frères. »

Oui, frères et soeurs, comme pour les apôtres devant la Passion de Jésus, notre foi peut défaillir, devant tant de haine et d’injustice. Alors à chacun, Jésus nous redit : « Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas. Toi donc, affermis tes frères. » C’est l’espérance de Pâques, que nous allons célébrer Dimanche prochain, c’est la bonne nouvelle que nous devons annoncer au monde. La vie est plus forte que la mort ; l’amour l’emportera sur la haine. Le rameau, vert, est déjà le symbole de ce printemps, de cette Résurrection. 

Troisième extrait « Père, entre tes mains je remets mon esprit. » On comprends que la  mort de Jésus est un véritable retour au Père. Et cela provoque la conversion du centurion et de la foule, je cite saint Luc : « À la vue de ce qui s’était passé, le centurion rendit gloire à Dieu : ‘Celui-ci était réellement un homme juste’. Et toute la foule des gens qui s’étaient rassemblés pour ce spectacle, observant ce qui se passait, s’en retournaient en se frappant la poitrine. » En se frappant la poitrine, comme nous faisons en récitant le ‘Je confesse à Dieu’ !

Charles de Foucauld, qui sera canonisé le 15 mai prochain à Rome écrivait : « C’est la dernière prière de notre Maître, de notre Bien-Aimé… puisse-t-elle être la nôtre… Et qu’elle soit non seulement celle de notre dernier instant, mais celle de tous nos instants. » Et vous connaissez sa magnifique prière, par laquelle je conclu cette homélie : 

Mon Père, je m’abandonne à toi,
fais de moi ce qu’il te plaira.
Quoi que tu fasses de moi, je te remercie.

Je suis prêt à tout, j’accepte tout.
Pourvu que ta volonté se fasse en moi,
en toutes tes créatures,
je ne désire rien d’autre, mon Dieu.

Je remets mon âme entre tes mains.
Je te la donne, mon Dieu, avec tout l’amour de mon cœur,
parce que je t’aime,
et que ce m’est un besoin d’amour de me donner,
de me remettre entre tes mains, sans mesure,
avec une infinie confiance,
car tu es mon Père. 

Frères et soeurs, en cette Sainte Semaine, suivons le Christ chaque jour, ayons ses sentiments dans nos coeurs. Amen.

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