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Le Père Pierre Fournier, avec les Pères Félix Caillet, Guy Corpataux, Jean-Michel Bardet, Bertrand Gournay, et Damien Bredif, ancien économe du diocèse

Depuis son décès le lundi 15 mars, les témoignages d’amitié pour le Père Pierre Fournier se succèdent. En voici quelques-uns.


Témoignage de Mgr Samir Nassar, archevêque de rite maronite de Damas

Quelle si triste nouvelle… J’ai connu le Père Pierre Fournier depuis 1974 au Séminaire Universitaire à Lyon… et depuis on ne  s’est jamais quitté. Je suis venu à Gap à son ordination en 1976. Créant le cercle des anciens du S.U. qui se trouvaient périodiquement, imprimant les nouvelles des uns et des autres pour maintenir ce lien entre frères. P. Pierre savait bien tisser les amitiés.

Il est venu au Liban avec les amis Hauts-Alpins pour entamer un pèlerinage de la  Grande-Terre Sainte : Liban, Syrie, Jordanie et  Israël. Une session mobile dans l’Écriture, l’Histoire et la sociologie des pays proche-orientaux… Un prof inné, jetant les ponts entre les cultures, les jeunes, les familles…. mobilisant ses amis pour venir en aide aux réfugiés libanais pendant la longue guerre libanaise, faisant autant pour la Syrie et son drame depuis 2011.

Ses conférences à Notre-Dame du Laus, place forte du Diocèse de Gap, résonnaient dans toute la France.

Il soignait tellement son amitié avec les prêtres organisant des sorties détentes dans le Queyras et les pèlerinages à Sainte-Anne, et bien d’autres marches dans ce coin de paradis des Hautes Alpes. La place des laïcs dans son ministère est devenue le point fort de son service pastoral. Attentif à chacune et chacun il trouvait le temps pour visiter sa chère maman à la maison de repos et faire les cents pas avec elle.

L’affection de Mgr Malle et de tous ses nombreux amis depuis ses quatre ans de calvaire ont bien facilité son départ tranquille vers le Père Céleste.

Père Pierre Fournier, ou abouna Boutros comme il aimait entendre en arabe, est devenu le symbole emblématique de l’Église de Gap pour laquelle il a renoncé au poste de prof des sacrements et des symboles à la Catho de Lyon et bien d’autres perspectives offertes à ce précieux pasteur dévoué des milieux ruraux…

Ta mort cher abouna Boutros me prive d’un frère et un ami solide depuis 1974… Sincères condoléances au diocèse de Gap et à tous ses nombreux amis dans les 4 coins du monde. Bonne route vers le Seigneur que tu as porté aux autres depuis 45 ans de sacerdoce infatigable sans repos ni vacances..

« .. IL AURA LA LUMIERE QUI CONDUIT A LA VIE… » Jean 8,12

Bien  amicalement avec ma prière et mon affection… À DIEU cher abouna Boutros..

Damas le 16 Mars 2021                                                                             

 + Samir NASSAR, archevêque Maronite de Damas


Messages de communautés religieuses

De Mère Françoise Mathieu, abbesse de Notre-Dame de Miséricorde, de Rosans

L’annonce du retour à Dieu du Père Fournier, même si nous savions sa maladie inexorable, nous a tout de même surprises par sa rapidité ; lui-même, très lucide, savait qu’il était près de la rencontre avec Dieu. Nous tenons à vous dire combien nous partageons la peine de tout le diocèse qu’il a tant aimé et servi, et la vôtre, Monseigneur, qui perdez un prêtre de grande valeur, un sage, un appui.

Nous nous unissons à la prière de tout le diocèse, de sa famille et nous recommandons le Père Fournier au Père des miséricordes, partageant avec vous tous la même espérance que le Seigneur l’accueillera dans ce Royaume qu’il a annoncé avec enthousiasme et fidélité. Notre peine de la séparation est atténuée parce que nous pouvons contempler le beau chemin qui est celui du Père Fournier, grand serviteur de son Église diocésaine, proche de ses fidèles et  abandonné dans ses dernières années à la volonté du Seigneur.

Nous lui sommes reconnaissantes de tout ce qu’il nous a apporté et lors de la messe des funérailles, à laquelle nous nos unirons, nous ferons monter notre action de grâces vers le Seigneur pour ce qu’Il a fait en lui, tout en le confiant à Notre Dame de Miséricorde.

Sr Françoise, abbesse

Les sœurs de la Providence

Évoquer Pierre Fournier est une gageure, tant chacune aurait de souvenirs personnels ou communautaires à porter à son actif.

Dire sa simplicité, la clarté et la profondeur de sa pensée, la limpidité de ses paroles quel que soit le domaine abordé, la qualité de sa présence pour la personne qui le rencontrait, son refus de la critique quelle que soit la situation évoquée, sa disponibilité même si lui-même devait bousculer son programme : autant de qualités humaines qui pénétraient son enseignement, ses conseils, ses engagements si nombreux.

Avec les Sœurs de la Providence, Pierre avait nouée une amitié simple, solide, fidèle : de celles qui résistent aux heures difficiles comme elles s’expriment spontanément dans les moments heureux. Depuis longtemps des sœurs le connaissaient, suivaient les formations qu’il offrait avec bonheur. Pendant les années où il a animé les rencontres bisannuelles des religieuses du diocèse, c’est au Couvent de la Providence qu’elles se tenaient et il partageait longuement avec les unes et les autres.

Il suivait avec une grande attention la vie de la Congrégation. Son lien avec les organisations caritatives dans  l’Église l’avaient amené à rencontrer les sœurs au Bénin, à l’occasion de sa visite au projet Tsonga soutenu par le C.C.F.D. Ses liens avec la Société Saint Vincent de Paul et d’autres Organismes de Développement lui ont permis de se rendre deux fois en Inde où les Sœurs l’accueillait avec joie et accueillaient en même temps les groupes qui l’accompagnaient.

Le Père P. Fournier partageait aussi volontiers des rencontres festives : des célébrations de Jubilés, les journées de rencontre des Fraternités Providence où il amenait aussi sa maman. Plusieurs des retraites spirituelles l’ont eu comme accompagnateur.

Lorsque sa maman a connu des problèmes de santé, elle a été accueillie plusieurs mois dans le cadre de l’Infirmerie du Couvent et y est restée tant que son état de santé l’a rendu possible.

Au moment où la Congrégation a dû faire des choix sages mais douloureux, il a partagé avec nous, les temps forts, les moments de peine et apporté une aide personnelle à celles qui la sollicitaient. De lui émanaient une force, une forme d’autorité  faite de certitudes dans la foi, sans pression, sans condescendance non plus pour la moindre déviation. Nous savions qu’il avait pour nous une  affection toute fraternelle. Chacune confie aujourd’hui au Seigneur ce qu’elle ressent au plus intime d’elle-même et partage dans l’espérance la joie de le savoir au cœur de Dieu qu’il aimait et aimait faire aimer.


Messages du collectif Gap-Espérance                                      

Gérard Bornand (Association israëlite)

Quelle tristesse.

Pierre s’en est allé, et son âme, tel un oiseau, déploie ses ailes protectrices pour nous protéger, nous aider et nous guider dans nos chemins de vie. Homme de foi, de partage, de dialogue, de SHALOM, Pierre restera l’ami avec qui j’avais plaisir de discuter et d’écouter. J’ai toujours été émerveillé par son érudition, sa facilité d’élocution et sa qualité d’animateur hors pair. Ami d’Israël et du peuple juif, il avait une connaissance talmudique exceptionnelle. Pierre tu es parti rejoindre les tiens. J’aurai plaisir, dans un autre monde, à continuer nos discussions interrompues. Je garde le souvenir d’un ami chaleureux et de cœur.

Je vous présente mes très sincères condoléances. L’église du département perd un prêtre brillant, talentueux et de cœur.

Pasteur Arnaud Vandenwiele (Eglise protestante)

C’est une bien triste nouvelle.

Il fut un acteur d’ouverture, un garant du dialogue entre les cultures et un témoin d’universalité. Malgré l’écart de nos générations et de nos tempéraments, Pierre fut pour moi un interlocuteur privilégié. La communauté protestante Haute-Alpine se souvient d’un frère qui eût enseigné la philosophie au Lycée protestant du Chambon-sur-Lignon.  

Désormais Pierre demeure là où la mort ne l’atteindra plus.

Jérôme Mazet (Eglise orthodoxe)

C’est une bien triste nouvelle pour nous tous qui apprécions sa gentillesse, la finesse de ses jugements.

Je voulais aussi vous écrire pour témoigner de ma tristesse et de celle des moines de la Dormition qui appréciaient le Père Fournier, ami et fin connaisseur de l’Orthodoxie.

Je garde pour ma part deux souvenirs marquants : notre première et notre dernière rencontre. La première fois que j’ai rencontré Pierre, en 2006, c’était pour envisager la création de notre collectif Gap Espérance, idée que nous mûrissions chacun de notre côté. J’avais été touché pas son ouverture d’esprit, son caractère non-doctrinal et bien entendu cette gentillesse que chacun lui connaissait. Nous avons avancé ensemble au fil des semaines, d’autres se sont joints à nous (Gérard était déjà là avec Grégory), puis vous tous, pour lancer cette belle idée qui a fait son
chemin.

Notre dernière rencontre en tête-à-tête, l’année dernière, pour parler du rapport entre la psychanalyse et la foi chrétienne, un sujet qui nous passionnait tous les deux. C’était là un autre aspect de sa personnalité hors norme : une immense culture portée par une grande humilité. Il m’a livré, lors de cet échange amical, des choses édifiantes sur sa perception de l’inconscient et sur le sens de la souffrance dont il savait quelque chose. Jamais je ne l’ai entendu se plaindre. Quand nous nous sommes quittés, il avait ce regard malicieux qui restera dans ma
mémoire.

Dans sa dernière demeure auprès du Père, que la terre sur lui soit légère.

Richard Gaziguian (Association des Arméniens des Hautes-Alpes)

C’est avec tristesse que  je viens d’apprendre le décès du Père Pierre Fournier.
La communauté Arménienne des Hautes-Alpes se joint à votre peine.
Lui, qui avait participé à un voyage en Arménie organisé par un des membres de la communauté.

Negaz Rachid (Association musulmane et culturelle de Gap)

Nous apprenons ce soir la triste nouvelle du décès du Père Fournier. Ce fut un Prêtre qui a tant œuvré pour la paix entre les peuples,  le dialogue inter-religieux et le vivre ensemble. Homme d’une grande culture, il était un des piliers  du collectif Gap Espérance. Nous n’oublierons jamais tout ce qu’il a pu apporter notamment au sein de notre département des Hautes-Alpes. Aux côtés de nos frères et sœurs chrétiens, il nous a soutenu depuis le début dans notre projet d’obtenir un lieu de culte musulman. Il a toujours fait en sorte de rapprocher nos différentes communautés. Nous tenons à transmettre toutes nos condoléances à tous ses proches et ses fidèles. 

En espérant être à la hauteur de sa succession pour un monde plus fraternel, plus tolérant et plus pacifique.

Abdel Aziz Bastolet (Association musulmane et culturelle de Gap)

Triste nouvelle même si nous savions Pierre très malade et fatigué. Mes condoléances à la famille, aux proches et à la communauté chrétienne. Que Dieu le Tout Miséricordieux lui accorde une place honorable au Paradis

Denis Dijon (Association culturelle et musulmane de la Divine Miséricorde)

Qu’il repose en paix et  que son œuvre perdure. Il restera dans nos cœurs et nos prières. Paix à son âme.

Abdel Karim Turnley (Institut des Hautes Etudes Islamiques)

 » Les Connaissants ont une mort avant la mort ordinaire. Le Prophète a dit :  »Mourez avant que vous mouriez » ; c’est là la véritable mort, car l’autre mort n’est qu’un changement de demeure. Le vrai sens de la mort […] est l’extinction du serviteur, c’est-à-dire son effacement total en Dieu. Le Connaissant peut être mort à lui-même et au monde entier et ressuscité en son Seigneur, de sorte que s’il t’arrivait de l’interroger sur son existence, il ne te répondrait pas, parce qu’il a perdu la vision de sa propre individualité. » (Shaykh al-Alawî)

Puisse la Paix lumineuse du Tout-Miséricordieux envelopper à présent l’esprit de notre cher Père Pierre Fournier.

Nos plus sincères condoléances à la famille, aux proches et à toute l’Église.

Marie-Claire Collignon (Groupe interreligieux)

Nous avions beau redouter cette nouvelle , le départ de notre ami nous plonge dans la peine. Il a rejoint celui à qui il avait consacré sa vie et le voilà dans la lumière. Le dialogue interreligieux lui tenait à cœur, nous en avons partagé les premiers balbutiements, il continuera à nous accompagner sur le chemin et sera notre force.

En espérant pouvoir continuer à construire ce qu’il a initié.


Un saint homme est mort aujourd’hui, il était helléniste.

Pierre Fournier, prêtre de Gap dans les Hautes-Alpes, est mort aujourd’hui, le 15 mars 2021, à l’âge de 73 ans, à la suite d’une trop longue maladie.

Cet homme était saint, chose fort rare, de la trempe de Mgr Myriel qui, dans les Misérables, sauve des ténèbres Jean Valjean. Il était aussi à sa façon helléniste, chose un peu moins rare : il connaissait assez de grec pour lire l’évangile, et même pour l’enseigner un moment au séminaire d’Avignon. Il avait côtoyé Paul Ricoeur et l’abbé Pierre : il gardait du premier (qu’il avait connu en Auvergne) une véritable passion de philosopher, son premier métier, du second (avec qui il randonnait dans les montagnes) un amour de l’humanité que peu d’humanistes pratiquèrent. Envers chaque personne qu’il rencontrait, il était d’une remarquable attention et engageait des discussions passionnées et lumineuses avec athées, catholiques, protestants évangéliques, juifs, musulmans… On en ressortait envahi par une forme de simplicité et à proprement parler d’enthousiasme : c’était un Socrate chrétien. Un prêtre m’a raconté l’exploit que peu ont accompli : alors qu’il était au séminaire d’Avignon, on ne l’entendit jamais dire du mal de personne, mais en plus, quand il sentait que la conversation risquait d’aboutir à la médisance, il la détournait. Avec l’aide de Mgr di Falco, il réussit à faire venir à Gap une famille syrienne soumise aux bombardements sur le front de Damas. Mais ce journal n’est pas le lieu de l’hagiographie…

Ce saint homme était helléniste et il le fut saintement. Quand il disait la messe, au moment de prononcer à voix basse : « humbles et pauvres, nous te supplions, Seigneur, accueille-nous, que notre sacrifice en ce jour trouve grâce devant toi… » il pensait au mythe de Poros et de Pénia dans le Banquet de Platon, quand Pènia (« Pauvreté ») se présente à la porte du banquet et s’unit avec Poros (« Richesse »). Homme passionné de livres qui envahissaient l’espace où il vivait, il s’était enthousiasmé à la lecture d’un livre sur la non-violence. L’auteur proposait de lire dans l’évangile de Jean, 2,15 la phrase καὶ ποιήσας φραγέλλιον ἐκ σχοινίων πάντας ἐξέβαλεν ἐκ τοῦ ἱεροῦ τά τε πρόβατα καὶ τοὺς βόας comme si πάντας annonçait τά τε πρόβατα καὶ τοὺς βόας. Au lieu donc de traduire que Jésus de son fouet avait chassé tous [les marchands] du Temple, il fallait comprendre que Jésus, en réalité, aurait chassé tous les bœufs et brebis. Même dans son apparente violence, Jésus aurait été non-violent envers les hommes… Dans son unique livre Sur les pas de l’apôtre Saint Jacques en chemin vers Compostelle, Bruyères-le-Châtel, 2010, p. 53, Pierre Fournier écrivait ces mots à propos du Notre Père :

« Notre Père, ne nous soumets pas à la tentation ! Les mots que Jacques a entendus de la bouche de Jésus peuvent être traduits ainsi : Notre Père, fais que nous ne soyons pas dérivés au point d’être piratés par notre richesse ! Le mot grec traduit par ‘tentation’ est peïrasmon, le mot même sur lequel est décalqué le mot pirate. Jésus considère que le trésor de ses disciples peut être mis en péril. Le trésor inouï, l’apôtre Jacques l’a bien compris, c’est notre filiation fondamentale. »

Voilà un rapprochement magnifiquement audacieux : « ne nous laisse pas pirater par le Mal. » Il y a là du Rabelais dans ce jeu de mot avec la langue.

Bon voyage dans les cieux, saint homme ! Puisses-tu y rencontrer le Christ, saint Jacques et saint Jean, mais aussi peut-être Socrate, Platon et Rabelais…

Christian Boudignon


Témoignage de prêtres français

Père Jean-Louis Gazzaniga, ancien vicaire général du diocèse de Nice

J’ai rencontré le P. Fournier, il y a près de 25 ans quand je suis arrivé au séminaire d’Avignon. Il a été non seulement mon professeur mais également mon accompagnateur, avec une infinie délicatesse et une grande profondeur ; j’ai beaucoup appris de lui. Il m’a aidé à devenir prêtre et ce n’était très facile, j’avais plus de 50 ans.

Depuis mon ordination, nous nous sommes revus très souvent, dans des rencontres provinciales à Notre-Dame du Laus, pour moi toujours avec le même profit et le même bonheur. Parmi tant de sujets, nous partagions le même goût de l’histoire. 

Il va manquer à son diocèse qu’il aimait tant et à tous ceux qui ont eu le bonheur de la rencontrer.

Merci Pierre.

Père Christophe Disdier-Chave, vicaire général du diocèse de Digne

C’est avec émotion que j’ai appris le décès du Père Pierre Fournier.

Il avait été mon professeur au séminaire avant que je ne parte à la catho de Lyon, puis mon collègue, car le premier séminaire où j’ai enseigné, puis dont j’ai été membre de l’équipe permanente, avait été le séminaire d’Avignon, comme lui.

Le Père Fournier était un homme de conviction, il était un homme du rural, bien enraciné dans son humanité, dans sa foi. C’était un pasteur, attentif à tous.

Je rends grâce pour sa vie et son ministère et prie pour lui le Pasteur de nos âmes afin qu’il entre dans la joie promise aux bons et fidèles serviteurs de l’Évangile.

Père Alain Fournier-Bidoz, curé de la paroisse Saint Pierre et Paul en Genevois (diocèse d’Annecy)

Étant un ami de presque 50 ans (depuis nos études au séminaire universitaire en 1973) du P. Pierre Fournier, et très touché par son décès, je viens assurer votre Église diocésaine, en particulier votre évêque et vous-même, de toute ma sympathie et de ma communion de prière, en particulier samedi lors des funérailles, auxquelles je ne pourrai pas assister.

Bien fraternellement.


Témoignages d’évêques français

Mgr Georges Pontier, archevêque émérite de Marseille

Je m’unis à la prière du diocèse de Gap pour Pierre Fournier. Je rends grâce pour tout ce qu’il a donné durant sa vie et son ministère. Que le Seigneur le comble de sa présence et de sa joie. 

Mgr Francis Bestion, évêque de Tulle

Malgré mon grand souhait de participer à la célébration des obsèques du  Père Pierre Fournier, j’ai dû y renoncer, à cause de la distance… Ce  n’est pas facile d’aller de Tulle à Gap ! Plus de 12 heures de route A/R.

Je serai en grande communion de pensée et de prière avec vous demain. Je  célèbrerai la messe pour lui.

Pierre a été pour moi un frère lorsque nous étions formateurs au Séminaire d’Avignon. De dix ans mon aîné, il représentait pour moi une très belle figure du prêtre diocésain. Profondément enraciné et attaché à son diocèse, il était en même temps ouvert à des dimensions universelles, à la catholicité de l’Eglise, à l’oecuménisme, au dialogue 
inter-religieux, au développement des peuples, au lien entre l’Eglise latine et les églises d’Orient, etc…

Profondément humain et fraternel, respirant l’Evangile, il était comme Charles de Foucault, « le frère universel ». Dieu seul sait tout le bien qu’il a fait comme homme, baptisé et prêtre. Mais, avec d’autres, j’ai été le témoin privilégié 
pendant quelques années de ma vie sacerdotale de nombreux signes et manifestations de ce bien. J’en rends grâce au Seigneur. Heureux diocèse de Gap qui a bénéficié de sa présence et de son ministère !

Je suis de tout coeur avec toi et le presbyterium de Gap, dans la douleur de voir s’en aller ce frère bien-aimé, mais dans la joie de savoir que nous aurons avec lui un intercesseur auprès du Seigneur.

Mgr Bertrand Lacombe, archevêque d’Auch

Avec toi et le diocèse de Gap, je rends grâce pour les fruits du ministère de Pierre. Plus personnellement, je garde au cœur ce que j’ai reçu de lui au séminaire, les rencontres dans le Dévoluy, les échanges plus récents.

Son rayonnement se poursuivra d’une autre manière, c’est le sens de ma prière, particulièrement uni à vous samedi.
Dans l’espérance sur la route de Pâques, 

Mgr Maurice Gardes, archevêque émérite d’Auch

De tout cœur avec vous tous à l’occasion du décès de Pierre Fournier. J’ai beaucoup travaillé avec lui je l’ai bien connu au séminaire universitaire. Encore dernièrement nous avons échangé philosophie et théologie. Jusqu’au bout il aura montré un exemple de courage et de foi extraordinaires. 

Maintenant qu’il a achevé son pèlerinage terrestre nous sommes tous en communion de prière et nous lui demandons surtout de continuer à nous donner la force de marcher à la suite du Christ son seul grand maitre de philosophie et de théologie ainsi que pour toute l’Église.

Bien en communion de prière ce samedi pour les funérailles de l’ami Pierre.


Témoignages d’amis et de paroissiens

Merci, Pierrot !

D’abord ton accent… Au fil des ans et de ma découverte de ton pays, j’ai appris à entendre les « r » grasseyés du Queyras et la ligne mélodique, mesurée et chantante, qui caractérise les phrases des Haut-alpins. 
Mais chez toi, il y avait autre chose. Pour typée et ancrée qu’elle était, ta parole n’avait rien de folklorique ou d’anecdotique. Jusque dans ton accent, tu parles vrai. Prêtre tout entier, tu as mis ton parler à l’aune de ton Seigneur : jusque dans ton rire, tout sonne plein.

La dernière fois que nous t’avons vu, Jacqueline, ma femme et moi, c’était au colloque Jartoux d’Embrun. A ma question sur ta santé, tu as répondu simplement que tu venais de dépasser le meilleur pronostic médical ; tu savourais sobrement ce cadeau…
D’autres diront mieux que moi la justesse et l’empan de ton regard sur l’histoire, le monde et l’Eglise, la pertinence de ton attention et de ta délicatesse : tous ceux qui t’ont approché ont reçu de toi. Beaucoup.

Mon merci sera la formule finale de la messe latine de notre enfance, celle qui achevait le « dernier évangile ». Elle te va exactement : plenum gratiae et veritatis…
Bienvenue chez Dieu, Pierrot !

Merci et amitiés Bernard Busser

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Pierre…
Comme de minuscules cailloux,
Ceux du Petit poucet pour trouver le chemin
Dans la forêt immense de la foi,
Cailloux humbles, insignifiants,
Et pourtant si importants
Pour commencer la route…Merci !

Pierre…
Comme des pierres « tout venant »
Pour construire des ponts de rencontre,
Pour bâtir des murets bien solides pour se reposer dessus,
De toutes les formes et toutes les couleurs,
Pour créer l’harmonie au sein même de leur humilité
L’air de rien, doucement, fidèlement… Merci !

Pierre…
Comme des pavés bien carrés,
S’ajustant les uns aux autres pour une réalisation commune,
Un sentier bien tracé  pour aider à marcher,
Un chemin balisé pour ne pas s’égarer,
Une route orientée vers un but désirable,
Une voie déblayée pour ne pas se blesser…Merci !

Pierre…
Comme des pierres d’angle
Pour tenir la construction solidement,
Pour accueillir les autres pierres dans une danse partagée,
Pour soutenir, pour aider à s’élever ensemble,
Quelle que soit l’origine des autres pierres,
Leur provenance et leur croyance… Merci !

Pierre…
Comme un rocher solide 
Paraissant immobile, et pourtant,
Laissant ouvrir sa source pour que chacun y boive,
Roc à l’aspect lisse et pourtant si fragile,
Vivant d’échanges d’égal à égal,
Rocher d’eau et de feu partagés… Merci !

Pierre…
Comme une pierre précieuse,
Un joyau au cœur battant, donné, distribué,
Un diamant recevant sa lumière de l’au-delà
Et la réfractant, inondant tous ceux qui l’approchent,
Ne gardant rien pour elle-même
Jusqu’à l’ultime reddition dans un dernier et fulgurant éclat… Merci !

D’avoir été Pierre, pierre de terre et pierre de Dieu… Merci !
Avec pour bagage cette vie de droiture et de loyauté,
Et désormais  libéré des lourdeurs terrestres,
En quittant ta gangue de douleurs,
Envole –toi comme l’alouette dans le ciel
A la rencontre du Dieu que tu as servi
Et de tous ceux qui ont partagé ton chemin et qui t’attendent… A Dieu !

                                                                                              Dominique Lecoin

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Le diocèse de Gap et Embrun a célébré aujourd’hui en la cathédrale  Saint-Arnoux de Gap, avec solennité, chaleur et émotion les obsèques du Père Pierre Fournier qui cultivait fidèlement ses origines Ceillaquines. Autour de Monseigneur Xavier Malle, évêque du diocèse qu’avait rejoint Monseigneur Di Falco évêque émerite, de très nombreux prêtres et diacres ont concélébré l’office animé par la chorale des Cordeliers et les 400 personnes autorisées, mesures de distanciations obligent, à y participer. La personnalité de Pierre, qui a rayonné bien au delà du diocèse, a été évoquée par plusieurs intervenants.

Avec Pierre Fournier disparait prématurément un religieux ouvert et  tolèrant, un chrétien à l’avant garde de l’oecuménisme et du dialogue entre les religions, un exégète des textes anciens, un philosophe éclairé et un grand érudit dont les nombreuses publications perpétueront les reflexions et les pensées humanistes. 

Oui, cher Pierre Fournier, notre village peut s’honorer de t’avoir compté parmi ses enfants.

Christian Grossan, ancien maire de Ceillac


Cet article a 11 commentaires

  1. jean françois vallette

    Pierre, Tu n’étais pas un prêtre du temple mais un disciple des sentiers de toutes les montagnes…celle de la recherche de justice, de paix, de fraternité…Ton désir de rendre de l’évangile son sel le plus précieux, à savoir un goût insatiable pour que l’humanité reste où devienne humaine, et non idolatre de je ne sais quelle idéologie, qu’elle soit religieuse où politique, ta passion pour traduite dans le langage d’aujourd’hui les invitations de jésus à nous rendre humains entre nous…il n’y aura bientot plus de prêtres de la chrétienté mais tu ne t’en inquiétais pas car tu vaais compris que Vatican 2 ouvrait une nouvelle page de l’église…une église où tous les baptisés sont prêtres et où seuls l’engagement à la solidarité universelle, à la fraternité sans exclusive sont sacrements de l’ordre de ce monde à advenir…Merci Pierre, frère et ami de l’évangile de Jésus

  2. Michel Orcière

    Merci à vous, Père Fournier
    Merci à vous, qui avez porté une attention personnelle dans nos familles, à chacune et chacun, les plus simples ou effacés soient-ils.
    Merci à vous d’avoir encouragé les aînés de notre profession à écrire leurs activités de jeunesse, pour que soient transmis un peu de ce rôle et de cette fougue, nécessaires aux générations suivantes.
    Merci surtout, par votre témoignage, dans ce temps de recherche et d’inquiétude pour beaucoup, de nous avoir fait découvrir à l’occasion des rencontres de la vie simples et fraternelles, que les chemins de la Paix passent par le respect mutuel des religions, des croyants ou incroyants entre eux.
    Dans la lumière éternelle où, nous le croyons, vous vivez maintenant, continuez à soutenir tous ceux que vous avez rencontrés sur cette terre.
    Michel Orcière, Agriculteur retraité le 19 Mars 2021

  3. VALLANCE Myriam

    Un grand merci pour la diffusion de la célébration des funérailles de Pierre que nous avons pu vivre à distance depuis la Lorraine.
    Le départ de Pierre entraîne à la fois une forte tristesse et une action de grâce pour ce qu’il a été .
    J’ai eu la joie et le bonheur de cheminer avec lui durant mes années lycées, quand Pierre était aumônier des lycées et du MRJC.
    Quel foisonnement de projets, de réflexions !
    Rue de l’imprimerie… un camp de base toujours en route vers différents sommets … Pierre est toujours à l’écoute de chacun.
    Le camp d’Afrique , à 17 ans , une sacrée aventure, fut un moment inoubliable et un virage certain dans ma vie .
    Les soirées débats, le congrès eucharistique de Jeunes à Lourdes, le congrès National du CCFD à Vichy… où j’ai rencontré celui qui deviendra mon mari …
    Les expos, le lanecement de la première permanence MRJC avec Marie et Marie Agnès, les camps pédestres…
    MERCI Pierre pour ton accompagnement humain et spirituel !
    Continues à veiller sur nous , comme tu le faisais .
    Myriam VALLANCE-GIRAUD

  4. VALLANCE Myriam

    Un grand merci pour la diffusion de la célébration des funérailles de Pierre que nous avons pu vivre à distance depuis la Lorraine.
    Le départ de Pierre entraîne à la fois une forte tristesse et une action de grâce pour ce qu’il a été .
    J’ai eu la joie et le bonheur de cheminer avec lui durant mes années lycées, quand Pierre était aumônier des lycées et du MRJC.
    Quel foisonnement de projets, de réflexions !
    Rue de l’imprimerie… un camp de base toujours en route vers différents sommets … Pierre est toujours à l’écoute de chacun.
    Le camp d’Afrique , à 17 ans , une sacrée aventure, fut un moment inoubliable et un virage certain dans ma vie .
    Les soirées débats, le congrès eucharistique de Jeunes à Lourdes, le congrès National du CCFD à Vichy… où j’ai rencontré celui qui deviendra mon mari …
    Les expos, le lancement de la première permanence MRJC avec Marie et Marie Agnès, les camps pédestres…
    MERCI Pierre pour ton accompagnement humain et spirituel !
    Continues à veiller sur nous , comme tu le faisais .
    Myriam VALLANCE-GIRAUD

  5. gilles BERGER

    Nous avons partagé une messe que tu as faite au rocher pres de la mosquée al Aqsa et nous sommes reposé au buisson ardent au pied du mont Horeb,pendant le lumineux pelerinage de moise que tu guidais.
    Tu etais un passeur de paix au sourire radieux et a la pensée eclairée.
    Ta lumiere est la flamme qui animera nos ames jusqu’a nous retrouver.

  6. Marc et Elisabeth Faivre d’Arcier

    Merci Père Fournier de nous avoir accueilli en été 2014 lors de pèlerinage de Lyon à Rome. Nuit de repos mérité après une longue étape en venant du Diois. Nous avions passé une belle soirée à refaire le monde, relire l’écologie, et vous vous étiez inquiété – avec bienveillance- de la suite de notre parcours : passage du col de Montegenevre, Turin et longtemps après : Rome.
    MERCI

  7. Petit Françoise

    Qui peut monter à la cime de la plus haute pyramide d’Égypte pour contempler un coucher de soleil accompagné de jeunes chrétiens partis à l’aventure en 1978 et redescendre de ces hauteurs divines pour s’inviter au cœur des bidonvilles chez sœur Emmanuelle ? Qui encore peut braver la sécheresse, les trains bondés ,les brûlures du soleil la faim et la soif dans la joie et la bonne humeur pour atteindre Louxor la vallée des Rois et des Reines et enfin traverser le lac Nasser afin de traverser le désert du Soudan …. en camion jusqu’à Khartoum ? Amdoulila !!!! Choukran Pierre Dieu est grand Merci est un mot bien faible tu as été un bon berger ,un bon Père un bâtisseur qui a fait sans relâche grandir ses enfants dans une foi forte de partages de connaissances de culture de VIE de droit chemin

  8. Marie-Therese TARDY

    Nous avons connu, côtoyé le père Fournier lors de nos années de bénévolat au Sanctuaire de notre Dame du Laus. Un prêtre comme il en existe peu. Que Dieu l’accueille en son Paradis.

    Marie-thérèse et Robert TARDY

  9. BRON Régis

    Fraternité et savoir immenses, l’homme humble ! Frère Régis, Boscodon

  10. Brugidou Olivier

    Toutes mes prières pour accompagner le père Pierre Fournier dans sa dernière maison celle du Père qu’il a toujours servi.

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