Fête de la Chaire de Saint Pierre (abstinence de viande)

Comme Jésus a été toujours souffrant et dans les privations, nous devons aussi porter les mêmes états, et nous plaire de ce que notre vie est pleine de croix et de douleurs, de
contrariétés et de privations de lumières et de consolations ; ne s’attendre, ne désirer, ne s’accoutumer qu’à cela…

Jésus n’a pas pris plaisir sans nécessité de nous prescrire des maximes si rudes. Il connaît, par sa sagesse, que la corruption de notre intérieur était grande, que notre
inclination était continuelle vers les créatures, et que, partant, pour vivre en son amour, il fallait des renversements et mortifications continuelles. Qui plus renonce, et qui plus retranche,
plus aussi il aime.

Jésus a établi la perfection sur deux hautes montagnes, le Calvaire et le Thabor : en l’une on va à la perfection de la mortification, en l’autre à la perfection de
l’oraison ; en toutes deux à la sublimité de l’amour.


Jean de Bernières-Louvigny (1602-1659), Le Chrétien intérieur, IV, 7

L’auteur

Fils d’un trésorier général de Caen, Jean de Bernières-Louvigny consacrera sa fortune et ses relations à l’animation du groupe mystique normand né autour du capucin Jean-Chrysostome de
Saint-Lô, tout en assurant l’intendance de nombreuses entreprises missionnaires, et en fondant séminaires et hôpitaux à partir de son ermitage ouvert à ses nombreux amis contemplatifs. À travers
son disciple Jacques Bertot, l’influence de Bernières marquera profondément le cercle de Madame Guyon. Ses écrits, connus à travers des transcriptions incertaines, notamment sous le titre
du
Chrétien intérieur, seront englobés dans les condamnations du Quiétisme de la fin du siècle, sans
pour autant qu’il y ait lieu de se méfier de leur orthodoxie.

(Extrait du livret Carême pour les Cancres 2008 – A l’école des saints – Un texte par jour pour marcher vers
Pâques
, disponible sur www.paroisseetfamille.com)