• 22 juin 2011
(Abstinence de viande)

Il faut distinguer une pauvreté extérieure, qui est l’effet du hasard, et une pauvreté intérieure, qui est l’essence de la vraie pauvreté. La pauvreté extérieure n’est pas le fait
de tout le monde, et tous les hommes ne sont pas appelés à être pauvres extérieurement. Mais à la pauvreté essentielle, nous sommes tous appelés, ainsi que tous ceux qui veulent être les amis de
Dieu. Elle consiste en ce que Dieu doit, seul, posséder notre fond, et que nous ne devons être possédés par aucune autre chose, et nous devons posséder toutes choses comme Dieu veut que nous les
possédions, c’est-à-dire dans la pauvreté spirituelle selon la parole de saint Paul : « Comme ceux qui n’ont rien et possèdent toutes choses. »

Tout ce qui nous est cher, fortune, ou amis, ou corps ou âme, plaisir ou profit, doit être aimé de telle façon que, dans le cas où Dieu aurait sur nous quelque autre dessein, nous
abandonnions volontiers ces biens à sa sainte volonté pour son amour et pour sa gloire. Telle doit être notre entière bonne volonté. Si notre faible nature y répugne, peu importe, pourvu que
notre volonté délibérée soit prête à ce sacrifice.


Jean Tauler (1300-1361),
Sermon 8, 7

L’auteur

Né à Strasbourg dans une famille bourgeoise, Jean Tauler restera toute sa vie dans cette ville. Entré à quinze ans chez les dominicains, il y reçoit sans doute l’enseignement de son aîné,
Maître Eckhart. Tauler laissera environ 90 sermons en allemand, qui ont nourri le prodigieux essor spirituel de Strasbourg à son époque. Plus soucieux d’intimité avec le Seigneur que de pratiques
extérieures, il s’inscrit dans le mouvement d’intériorisation qui caractérise le 14ème
siècle germanique, et qui aboutira à la Dévotion Moderne des Frères de la Vie
commune.

(Extrait du livret Carême pour les Cancres 2008 – A l’école des saints – Un texte par jour pour marcher
vers Pâques
, disponible sur www.paroisseetfamille.com)

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