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Dimanche 17 octobre 2021 à 16h30 tous les diocésains sont invités à monter au Laus pour des Vêpres solennelles d’ouverture du Synode, après avoir vécu la messe d’ouverture le matin dans leur paroisse.

Voici le programme liturgique des Vêpres établi par Le Laus

Déroulement habituel jusqu’à la parole de Dieu

Parole de Dieu Ac 10, 34 et 44s 

34 « Alors Pierre prit la parole et dit : « En vérité, je le comprends, Dieu est impartial : il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes. Telle est la parole qu’il a envoyée aux fils d’Israël, en leur annonçant la bonne nouvelle de la paix par Jésus Christ, lui qui est le Seigneur de tous. (…)

44 Pierre parlait encore quand l’Esprit Saint descendit sur tous ceux qui écoutaient la Parole. Les croyants qui accompagnaient Pierre, et qui étaient juifs d’origine, furent stupéfaits de voir que, même sur les nations, le don de l’Esprit Saint avait été répandu. En effet, on les entendait parler en langues et chanter la grandeur de Dieu. Pierre dit alors : « Quelqu’un peut-il refuser l’eau du baptême à ces gens qui ont reçu l’Esprit Saint tout comme nous ? » Et il donna l’ordre de les baptiser au nom de Jésus Christ. Alors ils lui demandèrent de rester quelques jours avec eux. »

Ccatéchèse/présentation de la démarche synodale pour le synode de Mgr Malle

Chant du Magnificat

Intercessions du bréviaire avec une intention de plus pour le synode, par exemple : « Seigneur, viens accompagner de ton Esprit Saint la préparation du synode sur la synodalité qui s’ouvre dans les diocèses du monde. Que de nombreux chrétiens s’y investissent afin de marcher ensemble pour faire grandir et renouveler la mission de l’Eglise. »

Notre Père – Oraison et bénédiction

Ensemble disons la prière pour le synode

Catéchèse de Mgr Xavier Malle

En homélie des Vêpres 17 octobre 2021 à ND du Laus à 16h30 en ouverture diocésaine du Synode

Je voudrai d’abord dire merci à soeur Marie Constance chargée de la liturgie de m’avoir proposé cette parole de Dieu pour ces Vêpres d’ouverture diocésaines du Synode.

Il me semble que le Seigneur nous dit deux choses à travers sa Parole. Puis j’approfondirai à travers les paroles du Pape et celles d’un théologien.

1/ « Dieu est impartial : il accueille, quelle que soit la nation, celui qui le craint et dont les œuvres sont justes »

Dimanche dernier, dans son homélie d’ouverture romaine du synode,  le Pape François a insisté sur la rencontre à l’occasion du synode. Synode cela vient du grec syn ensemble, et odos le chemin, cheminer ensemble. Alors commente le pape, l’enjeu du Synode n’est pas «l’organisation d’évènements», ou la «réflexion théorique sur des problèmes», mais de cultiver «l’art de la rencontre» en prenant «le temps de rencontrer le Seigneur», et en favorisant la rencontre entre nous. «Chaque rencontre, nous le savons bien, demande de l’ouverture, du courage, de la disponibilité à se laisser interpeller par le visage et l’histoire de l’autre. Même si nous préférons parfois nous abriter dans des relations formelles ou porter un masque de circonstance, la rencontre nous transforme et nous suggère souvent de nouveaux chemins que nous n’avions pas imaginés parcourir. C’est souvent ainsi que Dieu nous indique la route à suivre, en nous faisant sortir de nos routines fatiguées. Tout change lorsque nous sommes capables de vraies rencontres avec lui et entre nous. Sans formalismes, sans prétextes, sans calculs».

Voilà un premier appel frères et soeurs, inviter à la rencontre, quelle que soit la nation, je traduis pour aujourd’hui également vers ceux qui ne pensent pas comme nous, vers ceux qui ont pu s’éloigner de l’Eglise pour différentes raisons, vers les non-croyants ou les non-pratiquants. Oser aller à la rencontre, oser inviter autour de nous et créer des petits groupes synodaux, oser accueillir tous ceux qui répondront à cet appel à marcher ensemble, pour cette grande randonnée synodale.

2/ « Pierre parlait encore quand l’Esprit Saint descendit sur tous ceux qui écoutaient la Parole. »

Quelle magnifique expression de l’action libre de l’Esprit lors d’une démarche synodale. Le pape disait, toujours dimanche dernier, que le Synode est avant tout «un chemin de discernement spirituel, qui se fait dans l’adoration, dans la prière, au contact de la Parole de Dieu». Ce n’est pas «une «convention ecclésiale, un colloque d’études ou un congrès politique, mais un évènement de grâce, un processus de guérison conduit par l’Esprit Saint. En ces jours, Jésus nous appelle, (…) à nous libérer de ce qui est mondain, et aussi de nos fermetures et de nos modèles pastoraux répétitifs. Il nous appelle à nous interroger sur ce que Dieu veut nous dire en ce temps, et dans quelle direction il souhaite nous conduire.»

« Pierre parlait encore quand l’Esprit Saint descendit sur tous ceux qui écoutaient la Parole » Encore faut-il écouter ! Ecouter la Parole de Dieu, et donc mettre la parole de Dieu au coeur de nos petits groupes synodaux, écouter ce que l’Esprit dit par les frères et les soeurs en Christ, et le pape précisait dimanche dernier : « avec le coeur et non seulement avec l’intelligence ».

En complément, je voudrais vous dire ce que le pape nous as partagé sur son expérience du synode quand nous l’avons rencontré à l’occasion de la visite ‘ad limina’ en septembre dernier. Le pape devant mon groupe d’évêque, a estimé que la démarche de la synodalité doit se développer dans le cœur des chrétiens comme une vraie disponibilité au Saint-Esprit. Il ne s’agit pas, comme il l’a écrit aux évêques d’Allemagne, de faire un Parlement. Mais il s’agit d’échanger librement pour se rendre ensemble plus disponibles à ce que veut l’Esprit Saint. Il a cité l’exemple du synode sur l’Amazonie, pour lequel les médias et certains pères synodaux poussaient pour que l’on admette en Amazonie l’ordination sacerdotale d’hommes mariés mûrs;, les viri probati. Cela est possible selon le plan de Dieu et donc dans la Tradition de l’Eglise, avec un grand T. C’est d’ailleurs un premier critère de discernement : est-ce que ce qui est proposé est dans la Tradition de l’Eglise ? Ordonner des hommes mariés, c’est possible. Mais au cours même du synode, 4 questions sont apparues : combien avez-vous de diacres ? Très peu. Combien de catéchistes ? Très peu. Combien de séminaires en Amazonie ? Il y en avait un mais il est fermé et, est-ce que les prêtres d’un même diocèse qui a une partie urbaine et une partie en Amazonie acceptent d’aller en Amazonie ? Non. Il en ressort que l’urgence serait peut-être de former des laïcs, des diacres et d’instituer un séminaire pour former des prêtres pour la mission en Amazonie ainsi que d’insister pour que des prêtres missionnaires se rendent dans ces territoires. Le pape, ayant pris note de ces éléments a senti que l’idée d’ordonner prêtres des hommes mariés ne lui apportait aucune consolation dans son cœur. Il s’est dit : ce n’est pas ce que Dieu veut pour l’Amazonie. Voilà le synode : échanger librement pour discerner selon des critères spirituels pour sentir si les idées viennent de Dieu ou pas. Si c’est l’Esprit Saint, cela produit des fruits sensibles de paix, de joie, d’unité, de charité fraternelle…

A la fin de ces Vêpres, nous redirons comment nous allons vivre concrètement le synode dans notre diocèse. Mais je veux continuer à approfondir avec vous cette action de l’Esprit à l’occasion d’une démarche synodale.

1/ Cette semaine, le père Xavier Manzano, dans sa conférence au Centre Diocésain, sur ‘l’Eglise entre mystère et institution’, a expliqué la synodalité comme le mode habituel de fonctionnement de Dieu : Dieu marche avec son peuple. Nous le savons, la foi est une écoute mutuelle entre Dieu et l’être humain. Personnellement, cela m’a fait penser à Exode 3, 7  : Dieu entend le cri de son  peuple et le dit à Moïse « J’ai vu, oui, j’ai vu la misère de mon peuple qui est en Égypte, et j’ai entendu ses cris sous les coups des surveillants. Oui, je connais ses souffrances. » 

Cela me fait penser à notre Eglise en France, meurtrie par les abus sur mineurs. Dieu voit la misère de son peuple, Dieu entends le cri des personnes victimes. Il est providentiel que ce synode arrive aussi en France maintenant, que nous puissions nous écouter.

On pense aussi dans le Nouveau Testament à Jésus saisi de pitié par exemple devant la foule sans berger, devant la foule qui a faim. Il y a cette dimension d’écoute et donc de compassion, qui passe du cœur de Dieu au cœur de l’homme. Nous en faisons tous l’expérience.

L’être humain est concerné par cette écoute; c’est en théologie ce qu’on appelle le ‘Sensus Fidei’, le sens de la foi, car tout être humain a une expérience de Dieu. Alors, le synode, disait le père Manzano, ce n’est pas du parlementarisme, c’est faire communier nos expériences de Dieu. Cette communion donne le discernement sur ce que l’esprit dit aux Eglises. Aucun d’entre nous ne peut dire ‘mon expérience est suffisante’ ; toute expérience participe du Sensus Fidei. Voyez le cheminement : ces expériences de Dieu > la communion qui s’en dégage > ce que l’Esprit veut dire. Un synode est donc une expérience spirituelle, que l’on célèbre, et c’est d’ailleurs pour cela que j’ai proposé ces Vêpres d’ouverture diocésaine.

2/ Je vais compléter ce que nous a dit le père Manzano, par ce qi’a écrit le Pape François, dans son livre ’Un temps pour changer’ : « Le terme vient du grec syn-odos, marcher ensemble, et c’est son but : non pas tant de forger un accord que de reconnaître, honorer et réconcilier les différences sur un plan supérieur où le meilleur de chacun peut être reconnu. Dans la dynamique d’un synode, les différences sont exprimées et polies jusqu’à ce que l’on parvienne, sinon à un consensus, du moins à une harmonie qui conserve les fines nuances de ses différences. C’est ce qui se passe en musique : avec ses sept notes, leurs dièses et leurs bémols, on crée une harmonie qui permet de mieux articuler les singularités de chaque note. C’est là que réside la beauté… Dans l’Eglise, c’est l’Esprit Saint qui crée cette harmonie. » Fin de citation du pape.

Frères et soeurs, je vous souhaite de vivre cette expérience que St Pierre et les autres apôtres ont faite, vous rendre compte que « l’Esprit Saint descend sur tous ceux qui écoute la Parole de Dieu ». 

Je termine avec l’oraison de ce dimanche : « Dieu éternel et tout-puissant, fais-nous toujours vouloir ce que tu veux et servir ta gloire d’un choeur sans partage. » 

Amen.

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