• 22 juin 2011




Surpris. Touchés. Émus. Rares sont ceux qui sont restés indifférents, hier matin, alors
que l’évêque de Gap et Embrun Mgr Jean-Michel di Falco Léandri, levait le rideau sur une œuvre qui, avant même sa présentation officielle dans la cathédrale de Gap, suscitait déjà bien des
réactions.

Plus un bruit en effet au moment où le rideau noir s’est ouvert sur cette Pieta du
sculpteur Paul Fryer : l’oeuvre, issue de la collection de François Pinault, a tout pour bousculer celui qui est davantage habitué aux représentations traditionnelles du Christ en croix. Ici, le
bois de la croix est remplacé par celui d’une chaise…électrique. Une façon, alors que les chrétiens s’apprêtent à entrer dans la semaine sainte, de requestionner sur ce “scandale de la
croix”.

Des réactions scandalisées.

Mgr di Falco Léandri, qui a déjà reçu des courriers se disant “scandalisés”, a expliqué sa
démarche devant une centaine de personnes. Parmi les nombreuses raisons qui ont amené l’évêque à faire venir l’oeuvre jusqu’à Gap, celui-ci en a cité deux : son intérêt pour l’art moderne et
l’émotion que lui-même a confié avoir ressentie en découvrant cette sculpture pour la première fois.

« Cette œuvre est forte, a déclaré Mgr di Falco Léandri. Je me suis demandé pourquoi je
n’éprouvais pas la même émotion devant un crucifix. J’en ai conclu que c’était dû à l’habitude ». Une habitude qui empêcherait de bien voir le « scandale de cet homme cloué sur deux bouts de bois
tel une bête ».

Le but n’est pas de choquer, mais bien de bousculer.

Après avoir pris soin de préciser que xposition n’avait rien coûté au diocèse, excepté la
prise en charge de sa surveillance de chaque instant, l’évêque de Gap a anticipé d’éventuelles nouvelles réactions scandalisées. Scandaliser ou choquer, a-t-il expliqué, « tel n’est pas le but.
En revanche, j’espère bien que cette sculpture va bousculer ceux qui viendront la voir. » Et de poursuivre : « Le scandale, ce n’est pas le Christ assis sur une chaise électrique. S’il était
condamné à mort aujourd’hui, on utiliserait les instruments barbares pour donner la mort qui ont encore cours dans certains pays. Le scandale, c’est notre indifférence devant la croix du Christ.
»

Cette indifférence, ni l’oeuvre en elle-même ni la prière écrite par Mgr di Falco pour
l’occasion – qui désigne le Christ tour à tour comme prisonnier, immigré, drogué ou victime…- ne la suscitent. C’est même évidemment le contraire. Sans toutefois choquer.

« Cette sculpture ne me choque pas, confie une dame. En fait, ça réactualise la souffrance
du Christ ». Même réaction pour ce couple pratiquant de la Saulce : « C’est au goût du jour, ça nous impressionne, oui, mais c’est pas choquant. » Pas choqués non plus, Pierre Bernard-Reymond ou
les élus gapençais Pascal Lissy et Martine Bouchardy. Eux seraient presque “déçus” ! « C’est moins contemporain que ce à quoi je m’attendais, confie le sénateur : le rapport avec la chaise
électrique, qui ne m’aurait d’ailleurs pas dérangé, n’est pas si évident »…

 


Journal télévisé à 19h sur France 3 Dimanche 5 avril


 

PIETA, de Paul Fryer, sculpteur,
exposée pendant la Semaine Sainte


« PIETA » (The Empire Never Ended – 2007), artiste Paul Fryer,
collection François Pinault

« Je cherche ton visage, Seigneur !  Ne me cache pas ton visage ! »

(Psaume 26)

 

 


Elle a été assassinée dans les chambres à gaz : c’est le Christ.

Il
porte des guenilles : c’est le Christ.

Elle
est en prison : c’est le Christ.

Il
est immigré : c’est le Christ.

 

« Je cherche ton visage, Seigneur !

Ne me cache pas ton visage ! »

 

Elle
agonise sur son lit de souffrance : c’est le Christ.

Il
est sale, il sent mauvais, il mendie : c’est le Christ.

Elle
se drogue : c’est le Christ.

Il
est battu à mort : c’est le Christ.

 

« Je cherche ton visage, Seigneur !

Ne me cache pas ton visage ! »

 

Elle
a faim, il a soif : c’est le Christ.

Il
est condamné à mort : c’est le Christ.

Elle
se prostitue : c’est le Christ.

Il a
été torturé : c’est le Christ.

 

« Je cherche ton visage, Seigneur !

Ne me cache pas ton visage ! »


Il est homo : c’est le Christ.

Elle
est séropositive : c’est le Christ.

Il
hurle la colère de ses « pourquoi » : c’est le Christ.

Elle
a tenté de se suicider : c’est le Christ.

 

« Je cherche ton visage, Seigneur !

Ne me cache pas ton visage ! »

 

Seigneur, comment te reconnaître sous le visage défiguré de chacune de ces personnes malmenées, méprisées, cassées ? Tu as donné ta vie pour elles. Avec toi, le crucifié,
l’Amour est écartelé. Mais nous ne voyons plus tes membres transpercés sur deux bouts de bois, aveuglés que nous sommes par l’habitude. Sur une croix ou sur une chaise électrique, tu portes sur
tes épaules tout le malheur du monde.

 

Ton
chemin est celui de tout homme. Chemin de croix, chemin de mort, il peut devenir chemin de vie. Mettre ses pas dans tes pas sur ton chemin de
souffrance, c’est se laisser entraîner vers la lumière de la Résurrection où l’Amour crucifié devient l’Amour transfiguré.

 

 

                                                                                          +
Jean-Michel di FALCO LEANDRI

                                                                                              Evêque
de Gap et d’Embrun

                                                                                              Semaine
Sainte 2009

 

Présentation
de PIETA par Mgr Jean-Michel di Falco Léandri

Plusieurs personnes m’ont posé cette question. « Pourquoi avez vous
voulu exposer cette sculpture dans votre cathédrale ? ». En fait il y a de nombreuses raisons. J’en retiens au moins deux. La première, mon intérêt pour l’art moderne. Non que j’aime
tout ce qui se produit mais les artistes sont les interprètes des sentiments qui traversent notre société. Ils expriment à leur manière les doutes, les angoisses, les contradictions, les
désespoirs mais aussi les joies de nos contemporains. C’est pourquoi je m’y intéresse même si j’ai parfois un peu de peine à décoder certaines œuvres. Les artistes m’aident à mieux connaître et à
comprendre celles et ceux avec qui je vis et à qui je dois annoncer le Christ ressuscité.

La seconde raison est plus spirituelle. Lorsqu’il y a quelques mois j’ai visité l’exposition où était
présentée cette sculpture du Christ assis sur une chaise électrique j’ai été ému. Cette œuvre est forte. Je me suis demandé pourquoi je n’éprouvais pas la même émotion devant un crucifix. J’en ai
conclu que c’était dû à l’habitude. Nous ne voyons plus le scandale de cet homme cloué sur deux bouts de bois telle une bête. C’est ainsi qu’est née l’idée de faire partager mon émotion aux
chrétiens de mon diocèse en faisant venir cette sculpture à Gap. Cela a été rendu possible grâce à Monsieur François Pinault.

Certains m’ont demandé si je ne craignais pas de scandaliser ou choquer. Tel n’est pas le but. En revanche
j’espère bien que cette sculpture va bousculer ceux qui viendront la voir. Nous déshabituer du scandale de la croix ! S’il y a scandale pour certains il n’est pas là où ils pensent. Le
scandale, ce n’est pas le Christ assis sur une chaise électrique. S’il était condamné à mort aujourd’hui on utiliserait les instruments barbares pour donner la mort qui ont encore cours dans
certains pays. Le scandale c’est notre indifférence devant la croix du Christ.

« Il ne faut pas oublier qu’avant de devenir le symbole glorieux de la foi des chrétiens, un objet de
culte et de dévotion, la croix ne fut rien d’autre d’abord qu’un atroce instrument de torture et de mort, objet d’horreur et de dégout. Chez les Romains, la crucifixion était un châtiment honteux
et cruel, réservé aux esclaves qui punissait le meurtre, le vol, la trahison.

Le rituel de l’exécution était réglé pour accentuer l’humiliation : le supplice devait servir de leçon.
Le condamné était d’abord fouetté puis chargé de la grande poutre transversale. Sur le lieu du supplice, bien en vue de tous, il était dépouillé de ses vêtements puis cloué sur la barre
transversale et, enfin, hissé sur la poutre verticale déjà en terre. Un écriteau cloué au-dessus de sa tête indiquait le motif de sa condamnation. En proie à des souffrances atroces, le supplicié
agonisait pendant de longues heures. Il mourait d’épuisement et surtout d’asphyxie pour peu qu’on lui ait brisé les jambes, lui ôtant toute possibilité de se redresser pour reprendre son
souffle.

La crucifixion du Christ, supplice des plus infamants, deviendra le symbole de l’amour infini du
Seigneur. » (Père Philippe Baud)

C’est vrai qu’il y a des gens qui crient au scandale facilement, mais en général on ne les entend pas devant
le scandale de la clameur de ceux qui souffrent à leurs côtés. Si l’exposition de cette sculpture est une occasion de débats sur le Christ en croix entre hommes et femmes de bonne volonté, le but
sera atteint.

On me dit encore : «  La prière que vous avez
mise au dos de l’image reproduisant la sculpture risque de choquer car vous désignez comme étant le Christ des personnes qui sont parfois dans des situations qui les font montrer du doigt, à qui
on tourne le dos. » Oui c’est vrai, le Christ a pris sur lui toutes les souffrances des hommes. Là encore ceux qui seront choqués montreront
qu’ils ont oublié l’Evangile du jugement dernier. Vous vous souvenez ? « Ce que vous avez fait aux plus petits d’entre les miens c’est à moi que vous l’avez
fait. »

 _________

Cet article a 16 commentaires

  1. Félicitations au Père di Falco et à l’Eglise de Gap pour une telle initiative apostolique. De Yaoundé au Cameroun, où nous venons de recevoir le Pape, les pauvres dont vous dites “C’est le Christ” ont payé parfois très cher sa venue. Leurs petits étalages sur les trottoirs  pour assurer leur survie chaque jour ont été détruits avec une brutalité qui a ému même des gens du gouvernement. Radio Vatican m’ avait interviewé trois jours avant l’arrivée de Benoît XVI. Vous auriez pu entendre les détails de ce que j’avais vu le matin même.
    Merci beaucoup de m’avoir adressé votre invitation. De Yaoundé, je vous serai uni en cette semaine sainte par la prière. Assurez Mgr Di Falco de ma prière et de ma profonde amitié. Je lui dois beaucoup pour ma mission en communication,
    Joyeuses et saintes Pâques,

  2. Monseigneur,

    Pour être franc, cela dit avec mesure, je dois vous avouer ma profonde stupéfaction devant la présentation de ce Christ assis, alors même qu’il semble marqué par les plaies consécutives à une crucifixion, sur une chaise électrique à l’intérieur de votre cathédrale.

    Je n’approuve évidemment pas les termes un peu forts qui sont développés à votre endroit suite à cette initiative sur internet, comme par exemple ceux figurant sur le blog d’Isabelle des Charbinières http://isabelledescharbinieres.hautetfort.com/
    mais il faut convenir selon les termes de cet article, que nous frisons vraiment avec le blasphème avec l’oeuvre de Paul Feyer, qui a peut-être sa place dans une galerie d’art contemporain, mais pas du tout dans un lieu sacré dont la vocation première, est-il nécessaire de le rappeler, est la prière.

    Il y a suffisamment d’occasion où le bruit du monde s’infiltre avec violence dans nos vies chrétiennes, pour que nous puissions protéger le Temple du Seigneur de la cacophonie extérieure des opinions. Or cette représentation provocante, si elle ouvre bien le débat, voire même un peu trop, ne suscite pas le recueillement et la paix qui sont pourtant nécessaires à notre cheminement spirituel.

    Je crois que l’art sacré, Monseigneur, doit porter non pas au tumulte, mais à l’harmonie des coeurs et des âmes. C’est là sa mission et son rôle, qui semblent, hélas ! l’un et l’autre bien oubliés dans cette affaire.

    Je vous prie de croire Monseigneur, à l’assurance de mon respect religieux, en union de prière.

  3. Félicitations au Père di Falco et à l’Eglise de Gap pour une telle initiative apostolique. De Yaoundé au Cameroun, où nous venons de recevoir le Pape, les pauvres dont vous dites “C’est le Christ” ont payé parfois très cher sa venue. Leurs petits étalages sur les trottoirs  pour assurer leur survie chaque jour ont été détruits avec une brutalité qui a ému même des gens du gouvernement. Radio Vatican m’ avait interviewé trois jours avant l’arrivée de Benoît XVI. Vous auriez pu entendre les détails de ce que j’avais vu le matin même.
    Merci beaucoup de m’avoir adressé votre invitation. De Yaoundé, je vous serai uni en cette semaine sainte par la prière. Assurez Mgr Di Falco de ma prière et de ma profonde amitié. Je lui dois beaucoup pour ma mission en communication,
    Joyeuses et saintes Pâques,
    Père JB Beraud

  4. J’en reste sans voix! Le mépris de la croix par un évêque catholique…La croix symbole de notre foi. La croix instrument de notre salut! IL faut que l’on  m’explique?

    Que Monseigneur ne prenne pas ombrage de ce petit message. C’est juste le message d’un chrétien qui ne comprends pas l’enseignement d’un évêque.
    SI Monseigneur veut bien me répondre, je laisse mon adresse courriel.

    Très respectueusement.

  5. On est étonné que Mgr di Falco expose le Christ dans la cathédrale de Gap dans une telle position et on est aussi surpris des arguments avancés pour justifier cette décision quand on se souvient que Mgr di Falco, en tant que Président du Copic, avait vivement déconseillé d’aller voir le film sur la Passion du Christ.

  6. Quelle pitié!!! Seigneur, pardonne à ton évêque tant d’orgueil…. et d’aveuglement….

  7. Monseigneur,
    J’ajoute toute ma gratitude pour la belle prière associée à la Piéta
    Elle m’accompagnera lors de cette semaine sainte.
    J’espère que vous viendrez un jour faire une conférence à Clermont-Ferrand:à bientôt,je l’espère!…
    Bien cordialement
    Brigitte Roux.

  8. Monseigneur,
    Je persiste à vous approuver et à vous soutenir!
    Merci pour cette sculpture et pour ce “Notre Père” émouvant sur les ondes.
    Demeurant en communion de pensées,de prières avec vous,je vous offre tous mes voeux ,le meilleur en toutes choses en ce temps Pascal et ensuite….Restez un Evêque moderne:MERCI!
    Très respectueusement,
    Brigitte Roux (Auvergnate de Clermont Ferrand!…)

  9. A propos d’homosexualité, il n’est pas inutile de rappeler l’ancienne loi hébraïque:

     Tu ne coucheras point avec un homme comme on couche avec une femme. C’est une abomination. (Lév.18.22 ) ”
    ” Si un homme couche avec un homme comme on couche avec une femme, ils ont fait tous deux une chose abominable; ils seront punis de mort: leur sang retombera sur eux. (Lév. 20.13) “

  10. Bonjour Monseigneur ! 
    cette oeuvre est effectivement belle et touchante, même s’il me semble que la Croix devrait suffire.
    Par contre, je ne peux m’associer à toute la prière qui l’accompagne, car elle oublie LA victime de nos sociétés : muette, bafouée, et se comptant pourtant en milliard. L’embryon, volontairement supprimé ou instrumentalisé. 
    Qu’en pensez-vous, Monseigneur ?
    Je vous remercie à l’avance de la réponse que vous voudrez bien m’apporter, et vous souhaite, Monseigneur, une belle Semaine Sainte. 

  11. Monseigneur,

    Encore une fois, je ne comprends pas…La dernière fois c’était pour votre défense plus que maladroite du Saint Père sur le préservatif, message auquel vous n’avez pas répondu malgré 2 autres messages en ce sens d’autres internautes.
    Quant à cette exposition, peut-être votre intention de susciter de notre part un réveil spirituel face aux souffrances du Christ est-elle compréhensible. Cependant la Croix, c’est la Croix ! C’est le devoir d’un évêque de faire aimer la Croix, signe de notre Rédemption et de l’Amour infini de Notre Seigneur.
    Que Dieu vous garde et que son Esprit Saint vous inspire à la prière de la Très Sainte Vierge Marie.

  12. Je ne vois ici aucun “mépris de la croix par un évêque catholique”. C’est à mon avis un contresens. Il s’agit au contraire de raviver chez nous la perception de l’horreur que représente la croix et ainsi, de l’immensité du sacrifice consenti par Jésus pour nous sauver.

    Ce qui me gêne, en revanche, ce sont certaines des paroles de la prière telles que “il est homo, c’est le Christ” ou “elle se prostitue, c’est le Christ”. Certes, nous devons regarder toute victime comme le Christ. Mais sans ambiguïté sur la faute. Le Christ a défendu la femme adultère contre ses persécuteurs mais lui a aussi dit “Va et ne pèche plus”. Le Christ n’est pas homo et ne se prostitue pas.

    Nous voyons bien qu’aujourd’hui, une propagande forcenée veut imposer l’homosexualité comme une pratique normale, aussi moralement légitime que le mariage entre un homme et une femme donnant naissance à une famille ouverte sur le don de la vie. L’Eglise ne peut pas enseigner une telle façon d’encouragrer la pratique homosexuelle, même si elle ouvre ses bras à toutes les femmes et à tous les hommes, quelles que soient leurs tendances et leurs péchés. Il est donc essentiel d’éviter les propos ambigus.

    Respectueusement,

    Iktus

  13. L évêque a-t-il le sida mental?!

  14. Monseigneur,

    Afin de nous “déshabituer du scandale de la croix”, je vous prierai désormais de porter autour du cou une chaise électrique.

    Veuillez agréer, Monseigneur, etc … etc …

  15. Tout compte fait, c’est normal que vous abandonniez la croix.
    Il y a longtemps qu’à entendre les déclaratiions de Monseigneur Di Falco, l’on se disait que ses idées n’étaient plus très catholiques.
    En adoptant un logo différent pour un produit différent, vous évitez l’action en contrefaçon. Logique. Et prudent en plus !

    Souvenez-vous du mot de Jean-Paul II, en son temps propriétaire légitime de la marque que vous parasitiez jusqi’ici  : “On peut nous enlever tant de choses à nous, chrétiens. Mais la croix comme signe de salut, il ne nous l’enlèveront pas. Nous ne permettrons pas qu’lle soit exclue de la vie publique.

  16. Vous êtes ou fou ou inconscient de laisser passer des choses pareilles. ça ne va pas la tête d’écrire “il est homo c’est le Christ” ou “il a tenté de se suicider c’est le Christ”!!!!! Non ce sont des HOMMES qui portent leurs péchés, le Christ a peut-être eu des instants de désespoir mais je criois que vous cédez vraiment à un anthropocentrisme de mauvais aloi, et qu’il vous faudrait retourner au séminaire. Le Christ a juste dit “ce que vous faites au plus petit d’entre les miens c’est à moi que vous le faites”, nous devons regarder tout homme comme un être aimé de Dieu. Cette prière est toute dégouttante de bons sentiments et fait insulte au sacrifice du Christ, qui s’est fait homme pour que nous devenions à son image. Cette prière invite par son simplisme à légitimer tout et n’importe quoi du fait de la souffrance d’une personne, or la souffrance ne doit jamais être une excuse car alors on pourrait dire:
    “sa fille est dans le coma, il l’euthanasie parce qu’il souffre, c’est le Christ”
    “ils sont homosexuels, ils veulent eux aussi “avoir des enfants” parce qu’ils souffrent, c’est le Christ”
    “l’Allemagne en 1933 est exsangue du fait des exigences astronomiques des vainqueurs de la Guerre de 1918, les gens souffrent, ils élisent Hitler, c’est le Christ”
    Bref… vous feriez bien mieux de dire “le Christ l’aime aussi”, voilà qui nous inviterait à porter sur lui un regard d’amour sans faire du bon sentiment à 10 centimes. Vous faites aussi du nombrilocentrisme quand vous dites qu’on se déshabitue du scandale de la Croix: c’est peut-être vrai pour vous, pourquoi le serait-ce pour tout le monde???

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