« Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée ! » Homélie du 7 février à Chorges, fin de visite pastorale, confirmations, journée prière pour les malades

« Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée ! »  Cette parole de Job, le grand souffrant de l’Ancien Testament, notre première lecture, introduit l’évangile dans lequel Jésus vient à la rencontre de ceux qui souffrent. Nous écoutons cette parole que Dieu nous donne, alors que nous sommes en temps d’une terrible pandémie, et alors que nous sommes le dimanche le plus prés du 11 février, fête de ND de Lourdes, journée mondiale des malades.

Job montre une grande tristesse : « Mes jours sont plus rapides que la navette du tisserand, ils s’achèvent faute de fil. Souviens-toi, Seigneur : ma vie n’est qu’un souffle, mes yeux ne verront plus le bonheur. » Il nous est peut-être arrivé de prier avec ces paroles de Job, alors que nous étions malades, déprimés, en difficulté de travail ou de famille.

Mais immédiatement notre réponse est dans le psaume, car c’est cela le psaume à la messe du dimanche, c’est notre réponse de croyant à la parole de Dieu ; et notre réponse est magnifique : « Il est bon de fêter notre Dieu, il est beau de chanter sa louange : il guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures. »

Bien sûr quand je préparais cette homélie, je pensais à notre monde englué dans la pandémie. Elle dure ! Elle est de plus en plus dure à supporter moralement. Mais notre foi est là, et c’est aussi notre espérance : « il guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures ». 

C’est bien ce que fait Jésus dans cet épisode relaté par Saint Marc : il vient à la rencontre de ceux qui souffrent. Tous ceux qui souffrent doivent savoir que Jésus est avec eux, tout proche d’eux.

C’est un des premiers miracles accomplis par Jésus, en entrant dans la mison de Simon et d’André, les deux premiers apôtres. La Belle-mère de Simon est alitée et fiévreuse. « Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever. La fièvre la quitta, et elle les servait. »

La chose se sait rapidement, et alors « la ville entière se pressait à la porte. Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies, et il expulsa beaucoup de démons. »

Une phrase de notre évangile peut passer inaperçue : « la belle-mère de Simon était au lit, elle avait de la fièvre. Aussitôt, on parla à Jésus de la malade. » Quel plus bel acte de charité, parler de nos malades et de ceux qui parmi nous ne sont pas bien en raison de la pandémie, à Jésus.

Alors Jésus s’approchera d’eux. Il ne guérira pas forcément tout le monde, ce n’est d’ailleurs pas le cas dans cet évangile, mais il s’approchera, et cela changera tout.

Vous allez penser que je ne m’adresse pas à vos deux jeunes que je vais confirmer après cette homélie. 

D’abord je dirai que s’ils avaient encore des rêves d’enfants, la pandémie les a fait atterrir : la vie n’est pas facile, et nous avons besoin que Jésus s’approche de nous, nous avons besoin de l’aide de Dieu pour être des saints dans ces circonstances difficiles.

L’Esprit Saint c’est cela, c’est l’amour qui unit le Père et le Fils, et qui nous rejoins à chaque sacrement et à plein de moments de nos vies. Le sacrement de la confirmation, c’est le don plénier de l’Esprit Saint, comme à la Pentecôte pour les apôtres.

A charge pour nous ensuite d’ouvrir le paquet cadeau, et de nous en servir ! D’invoquer l’Esprit Saint, par exemple par des chants, comme celui que nous allons prendre.

Oui, la vie est difficile, mais elle est belle. Oui la vie est difficile, mais avec l’Esprit Saint, je sais comment me comporter. Encore faut-il que je vive en sa constante présence. Voilà l’uns des clefs de la sainteté, vivre en présence de Dieu et de son Esprit. Si je vivais toujours en présence de Dieu, aucune parole mauvaise ne sortirait de ma bouche.

Mais cet Esprit Saint, il n’est pas que pour nous, comme dit notre radio RCF, la joie se partage. Nous ne devons pas nous contenter de bénéficier de la bonté de Jésus, mais nous devons prendre exemple sur lui et aller nous aussi à la rencontre de ceux qui souffrent afin de les aider dans leurs difficultés.

Comme les gens du temps de Jésus, parlons à Jésus de nos malades. Comme Jésus lui-même, qui après cette journée épuisante se lève tôt le matin, avant le jour et se retire dans un endroit désert pour prier. Sans la prière chers jeunes, vous ne ferez rien de grand, car c’est vous qui ferez. Avec la prière, particulièrement la prière à l’Esprit Saint, Dieu fera par vous des belles choses.

Comme Jésus aussi, vous serez plein de zéle pour annoncer l’amour de Dieu. Les apôtres « partirent à sa recherche. Ils le trouvent et lui disent : Tout le monde te cherche. Jésus leur dit : Allons ailleurs, dans les villages voisins,
afin que là aussi je proclame l’Évangile ; car c’est pour cela que je suis sorti. »

Saint Paul en a eu une conscience vive : « Frères, annoncer l’Évangile, ce n’est pas là pour moi un motif de fierté, c’est une nécessité qui s’impose à moi. Malheur à moi si je n’annonçais pas l’Évangile ! »

Chers jeunes, vous allez recevoir ce don plénier de l’Esprit Saint, invoquez le souvent, à tout les moments délicats de votre vie, qu’il vous inspire les bonnes paroles et les bons gestes.

Frères et soeurs, dans cette eucharistie, portons dans notre prière ces deux jeunes, invoquons aussi l’Esprit pour nous, que nous soyons renouvelés dans notre foi, dans notre espérance et dans notre charité. Que nous n’ayons pas peur d’évangéliser, mais que nous en retirions une joie immense. 

« Vraiment, la vie de l’homme sur la terre est une corvée ! » disait Job. Mais quand la corvée est partagée, elle devient belle. 

Amen.