Mgr René Combal, actuel chapelain et ancien recteur du sanctuaire Notre-Dame du Laus, nous propose de vivre le Carême en compagnie de la Vénérable Benoîte Rencurel.

Un jour une méditation, alors qu’approche le 350e anniversaire des premières apparitions et l’ouverture de l’année jubilaire le 1er mai 2014.

Ces méditations quotidiennes sont diffusées sur RCF Alpes-Provence (en semaine à 12h45 et 20h00, le samedi à 9h12, le dimanche à 9h00) et aussi présentées sur le site internet du sanctuaire Notre-Dame du Laus.

 

           Dimanche 23 mars
     3e dimanche de Carême

 

Suite de l’apparition du 29 août 1664 au Vallon des Fours

En ce dimanche de Carême nous continuons le récit de la dernière apparition au Vallon des Fours, le 29 août 1664 qui nous renvoie à la fin du récit de la Transfiguration.

Voici venu l’instant décisif où ce mystère va peut-être s’éclairer : ce récit limpide en marque bien l’atmosphère religieuse :

« Tandis que je priais Dieu, mais ardemment et de toute l’étendue de mes forces, de me faire connaître sa sainte volonté, récitant l’office de la Sainte Vierge à genoux sur une pierre, distant seulement de cinq à six pas de notre bergère… elle m’avertit avec un ton de joye tout-à-fait extraordinaire, en me disant ces paroles :
« Eh ! M. le Juge ! vous… la damoiselle… je la vois… venez vittement ! ». Il ne faut pas dire si je m’y rends à grands pas, où estant je lui dis : « Où est-elle ? Sur quoi ? ». Elle me répondit, regardant dans l’antre avec joye et estonnement tout ensemble : « Quoy ! Monsieur le Juge ! vous ne la voyez pas ? » Et sur ce que je lui dis que je n’étais pas homme de bien pour mériter un tel honneur, elle me dit : « Monsieur ! elle vous tend la main… ». Ce qui m’obligea le chapeau au poing et à genoux de tendre la main dans l’antre pour savoir si quelque chose d’invisible me toucherait. Mais la : vérité : je ne touchai rien.
Et dans ce temps la bergère me dit que la demoiselle disparaissait et s’enfoncait dans l’antre ».
Ceci fait, je m’escartai encore un peu de notre bergère pour prier Dieu, et lui dit de demeurer encore là, et de prier aussi Dieu. Comme je continuais l’office de la Sainte Vierge, Dieu m’inspira de dire à Benoîte de demander à la demoiselle, qu’elle voyait, comment elle s’appelait.
Elle le fit sur le champ, regardant dans l’antre, et elle me répondit d’abord [aussitôt] qu’Elle s’appelait : « Dame Marie… et qu’elle ne la verrait de quelque temps ».
Paroles qui me surprirent fort, et me confirmèrent tout à fait dans ma première croyance, savoir que la Sainte Vierge daignait bien paraître à cette pauvre et simple bergère. Et dès lors je conclus de très bonnes expériences de cette apparition : et ceux que Dieu voulait favoriser, et celui de quelque grand bonheur. J’exhortai notre bergère de tout mon pouvoir de bien prier Dieu, et de se mettre en état de grâce, puisque la Sainte Vierge la comblait d’une faveur singulière.
Comme Elle lui avait dit qu’Elle ne la verrait de quelque temps, notre bergère en estait inconsolable et fort affligée ; elle en pleurait même à chaudes larmes, parce que sa vue lui causait une joie inexprimable, ainsi que j’avais pu lire sur son visage estant au-devant de l’antre. »

La vision disparaît comme à la Transfiguration :
« Jésus s’approcha, les toucha et leur dit : relevez-vous, n’ayez pas peur !

Levant les yeux, ils ne virent plus que Lui, Jésus, seul. »

Mgr René Combal
Chapelain
au sanctuaire Notre-Dame du Laus