Vivez le Carême 2015 avec des consacrés du diocèse de Gap et d’Embrun – La Providence

En cette année de la vie consacrée, et durant ce Carême 2015, des religieux, religieuses, moines, moniales présents sur le diocèse commentent la Parole de Dieu.

En ce 1er dimanche de Carême, Sœur Claude-Marie Maly, de la Congrégation des Sœurs de la Providence de Gap, commente les lectures liturgiques sous l’angle du charisme de sa congrégation. Les Sœurs de la Providence de Gap ont trois communautés dans le diocèse, toutes trois à Gap même : la maison provinciale boulevard Charles de Gaulle, l’EHPAD Jean Martin (en référence au fondateur des Soeurs de la Providence, le bienheureux Jean Martin Moyë) et la communauté de Villarobert (remontant quasiment aux premiers temps de la congrégation à Gap).

1er dimanche de Carême
Sœur Claude-Marie Maly
de la Congrégation des Sœurs de Providence de Gap
Communauté de l’EHPAD Jean Martin à Gap

Bonjour,

Le premier dimanche de Carême invite tout baptisé à prendre avec Jésus la route du désert. Ce parcours est déconcertant. Il est pourtant indispensable, si proche de nos routes humaines, si riche de promesses.

Jésus vient d’être baptisé. Fort de l’Amour infini du Père, c’est « poussé par l’Esprit » qu’il se rend au désert. Aucune vue humaine ne l’y porte. Aucun désir humain ne l’y oblige. Seul compte cet élan qui l’habite où Dieu seul a sa place. Cette recherche de Dieu seul, nous révèle la limpidité, la SIMPLICITÉ du Cœur du Christ. Elle invite les baptisés à mettre leurs pas dans les pas de Jésus, sans autre raison que de Le suivre, Lui, le Sauveur du monde.

Notre Fondateur, le Bienheureux Jean-Martin Moyë, donne la Simplicité comme fondement aux Sœurs de la Providence et il la leur présente ainsi : « Droiture d’intention qui cherche à plaire à Dieu, sans s’embarrasser de ce que d’autres pensent, sans autre intention […] que la plus grande Gloire de Dieu et le Salut des âmes. »

Jésus trouve au désert  l’aridité, l’inconfort, la solitude, la soif. Le désert est le lieu de la PAUVRETÉ radicale. Dans ce lieu, dur pour « l’humain », Jésus connaît aussi la « désolation intérieure ». Là, le tentateur se glisse comme un serpent pour déstabiliser et tromper qui n’est pas sur ses gardes.

En rejoignant le désert et son dénuement, Jésus rejoint tous nos déserts humains : ceux qui offrent à bas coût les bonheurs faciles et trompeurs, ceux qui recèlent, aujourd’hui, tant de souffrances et de malheurs.

Jean-Martin Moyë a voulu pour nous, Sœurs de la Providence, une Pauvreté vraie, « sentie et consentie » (Cons.20). Jean-Martin Moyë écrivait : « Combien de fois Notre Seigneur n’a-t-il pas manqué du nécessaire, dans l’extrême disette de toute chose où il était »  Et d’ajouter aussitôt : « Vous serez pauvres pour honorer la pauvreté du Sauveur ». Cette pauvreté nous demande « de vivre le partage, et implique une solidarité réelle avec nos milieux d’insertion et l’ouverture à la dimension universelle » (Constitutions 24).

Dans le désert où il lutte contre les forces du mal, Jésus est « servi par les anges ». Livré au seul bon plaisir de Dieu, soutenu par l’Esprit, Jésus se confie pleinement au Père dont il est sûr. Le service des anges signifie la réalité de la Présence, près de Lui, de Celui qui  « prend soin des oiseaux et revêt l’herbe des champs » (Lc  21,18). C’est l’ABANDON du Christ à la Providence du Père qui Lui permet de tenir sans broncher dans l’épreuve, fort de son amour et de la Parole qui ne ment pas.

Jean-Martin écrivait aux Sœurs : « Quand on manque de tout, et qu’on ne sait où donner de la tête, c’est alors qu’il faut se confier à la Providence et espérer contre toute espérance. » La lecture quotidienne de la « Parole de Dieu dans sa source » est l’indispensable nourriture pour parcourir ce chemin difficile. Elle conduit « à une purification intérieure progressive, à un regard évangélique sur les personnes et les événements » (Constitutions 64).

Fortifié par les épreuves et la force de Dieu, Jésus peut quitter le désert pour rejoindre la Galilée, carrefour des nations, et porter à tous la Bonne Nouvelle : « Convertissez-vous, croyez à l’Évangile ». L’AMOUR du Père qui l’a poussé au désert le pousse alors à faire connaître cet amour : « le règne de Dieu est tout proche ».

La CHARITÉ active et concrète, seul signe qui témoigne du fait d’être « disciple » de Jésus, est le quatrième et indispensable pilier qui soutient les Sœurs de la Providence.

Que ce temps au désert soit pour chacun un temps de profonde intimité  avec le Christ, un temps de confiance en sa miséricorde, un temps de joie : celle du partage, de la rencontre avec l’autre, de la reconnaissance de l’amour infini de Dieu pour chacun, quel qu’il soit.

Sœur Claude-Marie Maly
Sœur de la Providence de Gap

 

Dimanche prochain, deuxième dimanche de Carême, vidéo par Sœur Faustine Bevillard, de l’abbaye bénédictine Notre-Dame de Miséricorde, à Rosans.

Cet article a 1 commentaire

  1. belle intervention sœur Claude-Marie pour cette entrée en Carême… Dieu vous protège et toutes nos sœurs de Providence.

Les commentaires sont fermés.

Fermer le menu