En cette année de la vie consacrée, et durant ce Carême 2015, des religieux, religieuses, moines, moniales présents sur le diocèse commentent la Parole de Dieu.

En ce 5e dimanche de Carême, Petite Sœur Françoise Geneviève, des Petites Sœurs de Jésus, de la communauté présente à Saint-Bonnet-en-Champsaur, commente les lectures liturgiques sous l’angle du charisme de sa congrégation.

5e dimanche de Carême
Petite Sœur Françoise Geneviève
Petite Sœur de Jésus
Saint-Bonnet-en-Champsaur

Bonjour,

Dans l’Évangile de ce jour, Jésus va nous entraîner très loin… Des Grecs sont là, anxieux de le voir. Le désir de ces païens révèle la soif de connaître Dieu inscrite au cœur de tout être humain. Jésus rejoint ce désir. Mais pour répondre aux attentes de tous les hommes de bonne volonté, il doit mourir. Et il l’annonce : « Si le grain de blé tombé en terre ne meurt pas, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit. »

Cette image du grain de blé était familière au Père de Foucauld dont nous voulons être les disciples. Cette image s’est exprimée pleinement dans sa vie… et il est mort seul… sans aucun disciple. Plus tard, des hommes et des femmes des cinq continents seront saisis par l’amour passionné de cet homme pour son « bien-aimé Frère et Seigneur Jésus » qu’il a voulu suivre au plus près.

L’amour sauveur de Dieu poursuit tout homme. Comme Petites Sœurs de Jésus, nous avons à entrer dans ce travail de sauveur avec Jésus. La dimension contemplative de notre vie en plein cœur du monde est imprégnée de cette réalité. Elle nous invite, chaque jour, à rejoindre l’offrande du Christ pour être porteuses de vie au cœur de l’humanité. Comme l’Apôtre Paul, à la suite de Frère Charles, de Petite Sœur Magdeleine notre fondatrice, nous cherchons à nous faire toutes à tous, en particulier des plus pauvres, en adoptant leur mode de vie, leurs pensées en tout ce qu’elles peuvent avoir de profondément humain et en partageant avec eux une amitié vraie, profonde, qui leur dise : « tu comptes pour moi – tu comptes beaucoup pour Dieu. » Pour illustrer cela, voici le témoignage de jeunes touaregs musulmans, donné à la cathédrale de Niamey, le jour des obsèques d’une Petite Sœur :

« Martine, tu étais dans un monde de l’abondance mais tu as préféré l’abandonner pour venir donner ta vie au peuple le plus pauvre de la terre… La vie pénible que tu as menée à Kerbubu où tu cherchais de l’eau sur les ânes, tu tressais des nattes, tu élevais des chèvres, est pour nous un témoignage de l’estime que tu as pour notre communauté, pour notre région austère, pour notre pays, le Niger… Tu nous quittes pour rejoindre le Royaume de Dieu pour qui tu t’es donnée. Sois sûre que tu n’as pas vécu inutilement, parce que tu nous laisses un héritage riche et varié qui nous permet de faire face aux obstacles de la vie et de prouver au monde entier que la cohabitation entre les religions est possible… »

Ce partage de vie, nous le vivons aux quatre coins du monde, dans les favelas, au milieu de tribus isolées, au cœur de peuples marqués par la souffrance, au Pakistan par exemple… je pense à nos Petites Sœurs de Mossoul réfugiées dans un camp avec leurs voisins. Plus proche de nous, nous le vivons dans les périphéries et les quartiers multiraciaux de nos villes…

Il n’est pas dans notre vocation d’entrer dans un apostolat bien organisé. Il peut y avoir, là aussi, un dépouillement à vivre, mais dans la certitude qu’une vie livrée avec Jésus et à sa suite peut être comme une semence jetée en terre. Elle pourra un jour germer et porter du fruit.

Nous avons choisi la vie. Et choisir la vie, n’est-ce pas choisir de suivre le Christ en son mystère pascal de mort et de résurrection ?

Petite Sœur Françoise Geneviève

Site internet de la congrégation : Petites Sœurs de Jésus, de Charles de Foucauld

Mercredi prochain, solennité de l’Annonciation du Seigneur, vidéo par une Sœur du Prado, Sœur Françoise, de la communauté présente à Laragne-Montéglin (05).