Il est possible de vivre Noël autrement que dans la surconsommation et la démesure, nous dit le père Jean-Baptiste Rougny.

Troisième semaine de l’Avent
Père Jean-Baptiste Rougny

« Bientôt, Noël chantera ; bientôt, l’enfant dans la crèche… » C’est un chant de Noël. C’est un chant qui s’inscrit un peu dans la préparation que nous vivons ces jours-ci. Il me vient deux petits événements que je mets en parallèle pour comprendre un petit peu cette préparation qu’on essaie de vivre. La rencontre d’un copain peintre la semaine dernière, lundi matin. Il était fatigué. Et puis je lui ai posé la question en lui disant bonjour : « Tu as pu te reposer un peu ce week-end ? » Et il me dit : « Non, même pas. Même pas car Noël approche et il va falloir offrir des cadeaux aux enfants. Tout ça c’est coûteux et je ne veux pas que mes enfants aient des cadeaux moins importants que leurs copains. » Et on sentait chez lui une certaine lassitude, une certaine fatigue, un peu de découragement peut-être. Et un moment après je vais retrouver une équipe qui était là autour d’une table qui était en train de préparer la campagne de « Noël autrement », « Vivre Noël autrement », avec cette invitation à un Noël sans cadeaux. C’est un peu provocant un Noël sans cadeaux, mais avec imagination, avec générosité.

Parler de Noël c’est parler de la joie que nous attendons, qui nous est offerte. Cette joie le prophète Isaïe en parle beaucoup. Ce sont les textes de ce dimanche. La joie, je pense à une parole un jour de Patrick Viveret : « Comment on va passer d’une société de la démesure, et donc du mal-être, à une société de la sobriété, et donc de la joie de vivre ». Et ça rejoint la parole du président Kennedy qui pouvait dire un jour : « À quoi ça sert d’aller sur la lune si c’est pour s’y suicider ! » Ou encore cette parole que me disait un jour une amie : « Ce ne sont pas forcément les pâtes qui nourrissent, c’est la joie ! »

La joie, on ne voudrait pas qu’elle soit barrée, qu’elle soit abîmée par nos cupidités, par nos avidités, par nos désirs de consommer à outrance. Cette joie, elle est fragile et on aimerait qu’elle soit offerte à toute l’humanité. Noël c’est vraiment la tendresse de Dieu offerte à tous. Et c’est une des dimensions du mot « catholique », selon la « totalité ». Est-ce que les choix que nous faisons sont des choix qui sont faits pour toute la famille humaine ? Eh bien cette tendresse de Dieu, elle est offerte à tous. Elle peut être barrée par la marchandise, par les marchands, par nos cupidités. Eh bien qu’elle soit vraiment offerte à tous et que nous puissions remercier tous ceux et celles qui nous aident autour de nous à mettre dans nos cadeaux de la simplicité, de la générosité, de l’imagination. Et alors oui, la joie sera au rendez-vous ! La joie qui nous est donnée… par Celui qui vient !

Père Jean-Baptiste Rougny
Prêtre du diocèse de Gap et d’Embrun

Pour la campagne Vivre Noël autrement à laquelle le Père Jean-Baptiste Rougny fait référence, voir : Vivre Noël autrement

Cet article a 1 commentaire

  1. Mas

    En écho à vos propos que j’approuve, Père, j’ai une petite histoire vraie : j’essaie d’apprendre la générosité à ma petite fille de 10 ans et je lui ai proposé de réaliser elle-même des petits cadeaux pour son entourage.
    Depuis le début de l’Avent, avec beaucoup d’imagination et de persévérance, elle a réalisé de jolies choses en piochant dans ma réserve de bricolage, sans rien acheter.
    Alors qu’elle emballait son dernier cadeau elle m’a dit ceci : « Je suis tellement heureuse, c’est la première fois que ça m’arrive, mais j’ai plus de hâte à voir les autres ouvrir les cadeaux que je leur ai fabriqué que j’en ai à ouvrir ceux que je vais recevoir ! »
    Elle avait tant de lumière dans les yeux qu’il me semble qu’elle aussi, cette année, accueillera Noël un peu « autrement » avec une joie plus pure.

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