Vivre l’Avent 2015 avec des diacres du diocèse de Gap et d’Embrun
  • 28 novembre 2015

« Dans le cadre de la pastorale familiale de notre diocèse, dit Philippe Castagno, j’ai reçu pour mission une attention particulière aux blessés de la Vie, naissante ou finissante, mais aussi à celles et ceux qui sont douloureusement atteints dans leurs unions conjugales : personnes séparées, divorcées et parfois, comme le dit le langage courant, divorcées remariées ou vivant maritalement. »

Première semaine de l’Avent
Philippe Castagno

« Ma royauté n’est pas de ce monde », disait Jésus devant Pilate. Et voilà que l’Évangile de ce premier dimanche de l’Avent vient nous affirmer : « Alors, on verra le Fils de l’homme venir dans une nuée, avec puissance et grande gloire ».

Quel mystère que cette période de l’Avent, un chemin, une préparation d’une rencontre entre Jésus et notre humanité. En prenant chair de notre chair ce Roi devient petit enfant, se faisant le plus petit et le plus pauvre afin que les plus insignifiant des hommes puissent se reconnaître en Lui. Don d’Amour parfait où grandeur et petitesse se côtoient de si près qu’ils embrassent le monde entier !

Inutile d’être « intello » pour s’approcher de cet amour. En cette période troublée, marquée par des événements récents, y compris sur notre terre de France, l’Église est invitée à vivre un nouvelle année liturgique, à entrer aussi dans un jubilé, celui de la Miséricorde. Une année sainte qui s’annonce pour nous et pour ce monde qui en a tant besoin. « Redressez-vous et relevez la tête » nous dit Jésus dans l’évangile de ce premier dimanche de l’Avent, « votre rédemption approche ».

Cette rédemption est déjà palpable lorsque nous prions, lorsque nous recevons les sacrements, en particulier l’eucharistie ou le pardon de Dieu, c’est alors seulement que nous pouvons pardonner à nos frères et à nous-mêmes.

Dans l’eucharistie, Jésus s’offre pleinement à notre demande, aux seules paroles du prêtre, de jour comme de nuit. Ce n’est pas Lui qui programme l’heure où Il se donne, Il ne s’invite pas à la manière humaine dans nos conseils pastoraux, pour y fixer les heures de messes. Nous fixons ces heures à sa place et Il se laisse alors bousculer par notre emploi du temps.

La divinité de Jésus, révélée dans cette simplicité, n’est pas une contradiction, un simple compromis, mais bien la nature même du Fils de l’homme, la manifestation de la Vérité. « Je suis le chemin, la vérité et la vie » déclare-t-Il dans Jean chapitre 14, verset 6.

Cette vérité du don total ne mérite pas d’être tordue. Ce Jubilé, cette année de la Miséricorde qui sera inaugurée le 8 décembre prochain, appelle à l’Amour vrai ! Sans cette vérité, pas d’amour…

Ne pensons pas faire cautionner nos actes par Dieu, qui nous répondrait « c’est pas si grave… », mais faisons plutôt le choix de la vérité dans l’Amour, vrai sens de la Miséricorde qui accueille nos faiblesses dans les entrailles mêmes de Dieu, dans sa sensibilité maternelle si bien incarnée par notre Mère du ciel !

Avec le synode pour la Famille nous pouvons rendre grâce pour celles, des familles, qui sont témoins de ce grand Amour, et prier pour celles qui ne sont pas forcément en mesure d’accueillir cette vérité à cause des blessures reçues ou données, souvent les deux à la fois. Nous pouvons tous nous y reconnaître, sans chercher à stigmatiser certains, mais en priant les uns pour les autres.

Dans le cadre de la pastorale familiale de notre diocèse, j’ai reçu pour mission une attention particulière aux blessés de la vie, naissante ou finissante, mais aussi à celles et ceux qui sont douloureusement atteints dans leurs unions conjugales : personnes séparées, divorcées et parfois, comme le dit le langage courant, divorcées remariées ou vivant maritalement.

Après quelques années passées dans le diocèse de Saint-Étienne avec cette même mission, je ne peux que recevoir avec gratitude le travail accompli par nos évêques au cours de ce synode. Ce temps béni n’avait pas pour vocation de traiter ce seul sujet, mais il propose une clarification alliant la foi et la raison. Nous sommes tous invités à la vérité, la vie spirituelle ne s’alimente pas de démagogie ou de déni. Le Seigneur veut un vrai bonheur pour chacune et chacun d’entre nous, celui-ci ne peut se fonder que sur la transparence.

Et l’Enfant de la crèche nous y invite, Lui qui n’a pas caché sa pauvreté, sa nudité face au monde, de la mangeoire à la croix !

Alors je me permets de lancer une invitation : quelle que soit notre situation, pourquoi n’utiliserions-nous pas ce temps de l’Avent pour retrouver cette transparence, cette simplicité qui permet à Dieu d’accueillir pleinement ce que nous sommes, lorsque nous lui offrons notre péché et nos limites, pour qu’Il puisse nous offrir en retour le vrai bonheur, celui qui nous est destiné pour cette vie, malgré les épreuves ?

Nous n’avons pas d’or, pas de myrrhe ni d’encens, qu’importe, le temps qui nous sépare de Noël peut nous aider à faire le tour de nos faiblesses… pour les offrir au pied de la crèche !

Philippe Castagno
Diacre permanent
du diocèse de Gap et d’Embrun

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