Vivre l’Avent 2015 avec des diacres du diocèse de Gap et d’Embrun
  • 19 décembre 2015

« On a deux visitations, deux femmes heureuses de porter chacune l’enfant d’une promesse, un père muet et l’autre dont on ne sait rien ! Qu’est-ce que cela signifie ? » En couple, Jean-Pascal Casanova, diacre du diocèse, et Claire son épouse, présentent l’évangile du 4e dimanche de l’Avent.

Quatrième semaine de l’Avent
Jean-Pascal et Claire Casanova

Claire Casanova : Bonjour, je m’appelle Priscille, et lui c’est Cléophas mon époux. Nous habitons Aïn Karim en Judée, au sud de la Palestine. Nous sommes les voisins et amis de Zacharie et d’Élisabeth depuis toujours.

Jean-Pascal Casanova : Au fait, Priscille, tu l’as vue ce matin, Élisabeth ? Moi, j’ai essayé de trouver Zacharie mais depuis qu’il ne parle plus, on ne le voit plus.

CC : C’est vrai que depuis qu’il est monté à Jérusalem pour accomplir en tant que prêtre, son service d’offrande de l’encens à l’intérieur du sanctuaire, il est devenu muet. Figure-toi qu’Élisabeth m’a raconté qu’un ange était apparu à ce moment-là à Zacharie et lui avait annoncé qu’elle aurait un fils.

JPC : Impossible pour nous d’y croire, nous le savions bien et en étions désolés pour tous les deux, mais Élisabeth était « la stérile » comme on le disait au village. Et pourtant…

CC : J’ai vu de mes propres yeux son ventre s’arrondir de mois en mois ! Vraiment rien n’est impossible à Dieu. La joie est revenue dans cette famille, mais Zacharie ne parle toujours pas…

JPC : La semaine dernière alors que je travaillais aux champs, j’ai vu arriver chez Élisabeth, sa jeune cousine, Marie, je crois ?

CC : Oui… elle est arrivée avec empressement de Nazareth en Galilée, un petit village où rien ne se passe… d’habitude. En tout cas, elle a l’air bien jeune cette cousine et quelle lumière dans ses yeux…

JPC : Parce que tu l’as vue ?

CC : Tu sais bien, que nous les femmes, on a toujours des occasions de se rencontrer…

JPC : Et alors ?

CC : C’est incroyable ! C’était le lendemain de sa visite, je n’avais jamais vu Élisabeth aussi radieuse, encore plus que le jour où elle a appris qu’elle était enceinte. Au moment où Élisabeth a entendu la salutation de Marie, son enfant a tressailli en elle, et elle s’est sentie remplie de l’Esprit Saint !

JPC : Une visitation qui donne une joie plus grande encore que l’annonciation d’une bonne nouvelle, comment cela peut-il se faire ? À moins que derrière se cache un autre mystère ? La visitation de l’ange à Zacharie serait-elle moins importante que celle de Marie à sa cousine ? Pour nous, l’enfant d’Élisabeth est promis à un grand avenir, serait-il le messie tant attendu ?

CC : Nos pères dans la foi nous racontent que l’histoire du salut est souvent ponctuée de visites du Seigneur à son peuple. Elles ont pour but de le relever et de le sauver. Au cours de ces visites, le Seigneur parle à un cœur humble, simple, abandonné et confiant, fidèle dans la prière, qui s’ouvre à la miséricorde du Père.

JPC : Zacharie m’a d’ailleurs écrit l’autre jour sur sa tablette, que s’il ne parlait plus, c’était à cause de son manque de confiance en Dieu. Ah ! faire confiance quoiqu’il arrive, c’est le seul chemin qui nous mène vers l’Amour. Élisabeth, elle, y a toujours cru…

CC : Elle m’a dit que Marie était bénie plus que toutes les femmes car elle a cru à l’accomplissement des paroles qui lui furent dites de la part du Seigneur !

JPC : Mais quelles paroles ont pu ainsi faire bondir de joie un enfant dans le sein de sa mère ?

CC : Tu le gardes pour toi Cléophas, Marie est enceinte. Elle aussi, l’ange Gabriel l’a visité pour lui annoncer que le fruit de ses entrailles était béni.

JPC : Ainsi donc, si je comprends ce que tu me dis, on a deux visitations, deux femmes heureuses de porter chacune l’enfant d’une promesse, un père muet et l’autre dont on ne sait rien ! Qu’est-ce que cela signifie ?

CC : Regarde bien ces deux femmes : l’une est vieille, l’autre très jeune, tu comprends ?

JPC : Non, toujours pas !

CC : Heureusement que les femmes sont là ! Cela vous est difficile d’entrer dans la confiance. Bon… Dieu restaure un corps ridé duquel il efface la honte et offre à son peuple la nouvelle alliance par une jeune fille vierge. Ces deux enfants seront porteurs de cette alliance, chacun avec sa propre grâce.

JPC : Nous verrons bien… c’est vrai que chacun de nous a sa propre grâce.

CC : En tout cas, pour la femme et l’homme de notre temps, ce récit… revisité, empli d’allégresse, de confiance en la Parole incarnée, est une invitation à nous laisser ensemble, revisiter, restaurer, fortifier à travers le cœur de Marie. Oui, Jésus veut rencontrer nos familles quelles qu’elles soient, pour que la grâce de Noël habite en nos cœurs et nous permettent nous aussi de vivre des visitations auprès de celles et ceux qui en ont tant besoin.

JPC & CC : À vous toutes et tous, joyeuses visitations et bon Noël !

Jean-Pascal et Claire Casanova
Diacre permanent
du diocèse de Gap et d’Embrun
et son épouse

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