« Même dans les déserts et les tempêtes, dans l’éducation de nos enfants notamment, je savais que Dieu était présent à nos côtés, pour nous aider. Et toi ? » En couple, Michel Gruère, diacre du diocèse, et Brigitte son épouse, présentent la résonance en eux des lectures du 3e dimanche de l’Avent.

Troisième semaine de l’Avent
Michel et Brigitte Gruère

Brigitte –  Aujourd’hui dans ce que nous propose l’Église, nous entendons ce cri de joie du livre de Sophonie : « Joie, le Seigneur est en toi, tu seras dans la joie et le Seigneur aura en lui ta joie et ton allégresse. »

Michel – Continuons par la joie, accompagnée de « la paix qui dépasse toute intelligence et tout ce qu’on peut concevoir », dans cette épître aux Philippiens. Ce fut pour nous Brigitte et moi une ligne de conduite dans notre vie de couple parce que c’est cette lecture que nous avions choisie pour notre mariage. Quelle résonnance cette parole en toi, Brigitte ?

Brigitte – Moi, ce qui me plaisait dans cette parole, c’est « ne soyez inquiet de rien, faites vos demandes à Dieu, et sa paix viendra. » Et c’est vrai que ça a marché, je me suis sentie accompagnée dans notre engagement, notre engagement de couple. Même dans les déserts et les tempêtes, dans l’éducation de nos enfants notamment, je savais que Dieu était présent à nos côtés, pour nous aider. Et toi ?

Michel – Puisqu’il est question de joie je dirais que pour moi la joie est un marqueur qui me permet de vérifier si je suis dans la bonne direction. C’est elle qui me dit si je suis ajusté à la volonté de Dieu, et en conséquence si je fais bonne route, si je ne suis pas en train de dérailler.

L’idée que la paix de Dieu dépasse toute intelligence et demeure dans mon cœur, est fondamentale pour retrouver mon chemin malgré mes errances.

Avec la bonne parole de Luc nous voyons cette volonté de la foule de se faire baptiser par Jean, de revenir vers Dieu, de retrouver la bonne distance avec Lui, de poser ses valises dans une démarche de recentrage sur ce qui est important dans ma vie.

Chacun d’ailleurs pose la question « Que devons-nous faire ? » Luc insiste sur cette question posée à diverses personnes qui viennent voir Jean : la foule, des publicains, les soldats. « Que devons-nous faire ? »

Brigitte –  Jean Baptiste répond finalement d’une manière toute simple : il ne nous demande pas de changer notre métier ni de faire quelque chose d’exceptionnel, mais il nous propose de faire des choses très simples en rapport avec notre situation concrète.

Michel –  Dans ma vie qu’elle soit professionnelle ou privée cette question a été, et est encore, présente dans mes choix. Je me souviens de ce désir d’être présent à ma place dans les tâches que l’on me demandait de faire. Un peu comme cette expression « droit dans ses bottes ».

Je n’avais pas un travail très passionnant, j’ai bien souvent voulu ruer dans les brancards, ma vanité me faisant penser que je valais mieux que cela. Il m’a semblé important de faire mon métier avec simplicité du mieux que je pouvais.

Dans ma vie privée ce « que devons-nous faire » est plus crucial notamment dans la vie de couple et dans l’éducation de nos enfants comme tu le disais, Brigitte. Le questionnement a été continuel, et parfois douloureux, et maintenant il est encore présent.

Brigitte – Ce qui est important pour moi, c’est de regarder dans ce que je fais, notamment dans ce beau service d’accompagnement des funérailles : si je laisse de la place à Dieu, si je le laisse me précéder, ou si j’agis pour mon propre compte. Il est toujours présent à mes côtés, et c’est moi souvent qui n’y suis pas. C’est cette intimité avec le Christ que je désire en ce temps de l’avent.

Michel –  Le peuple était en attente nous dit Luc. J’aime beaucoup cette attente : elle est signe que rien n’est fini. Que nous ayons 10, 50, 80 ans, cette attente est toujours nouvelle. À tous les âges de la vie notre relation à Dieu nous apporte quelque chose de nouveau. Cette attente que nous signifions dans ce temps de l’avent, est aussi, et peut-être plus, l’attente de Dieu qui frappe à notre porte et nous dit : « Quand pourrai-je venir chez toi et partager ta vie… » Alors Bon avent.

Brigitte –  Alors bon avent.

Michel –  Bon avent aussi.

Michel et Brigitte Gruère
Diacre permanent
du diocèse de Gap et d’Embrun
et son épouse