Au cours de ce Carême, divers membres de services diocésains s’expriment tour à tour, chaque semaine.

En ce troisième dimanche de Carême, Michel Gruère, diacre et délégué épiscopal pour la solidarité, nous parle de solidarité, de fraternité, de rencontre.

Troisième semaine de Carême
Michel Gruère

Bonjour,

C’est dans le cadre du conseil de solidarité du diocèse de Gap et d’Embrun que j’interviens pendant ce temps de carême qui nous est donné par l’Église. « Carême », quarante jours avant la résurrection du Christ : temps joyeux où nous ouvrons nos oreilles, nos yeux, nos mains, notre cœur à la présence de Dieu dans nos vies.

Cette présence de Dieu dans nos vies, il en est bien question dans tous les échanges que nous avons quotidiennement. Mais, me direz-vous, comment Dieu est-il présent à mes côtés ?  En quoi je peux le rencontrer, dans mon travail, dans la rue, dans ma vie quotidienne ?

Je vous parlais de solidarité. On pourrait y rajouter la fraternité. Derrière ces notions de solidarité et de fraternité, je mettrais tous les liens que je peux créer avec ceux qui m’entourent. C’est vrai dans le cercle familial bien évidemment, mais aussi au-delà, dans l’attention à ceux qui sont sur mon chemin, à ceux dont je désire me faire proche, à ceux qui sont dans mon travail.

L’être humain porte en lui-même le souci de l’autre. Je crois que c’est pour moi une certitude inscrite dans mes profondeurs. Du coup je me dis que c’est peut-être aussi le cas de chacun d’entre nous. Portons-nous dans notre cœur le souci de l’autre ? Je sais que je ne peux vivre tout seul dans un monde aseptisé, sans problème, en m’isolant des « autres ».

Je sais aussi que tout seul je ne peux pas apporter des solutions à tous les maux de la terre. Je l’accepte, ce sont mes limites. Mais ce n’est pas cela que l’on attend de moi. Pour cela faisons confiance aux associations que nous soutenons : le Secours catholique, le CCFD – Terre solidaire, Saint Vincent de Paul… Toutes ces associations qui sont présentes dans notre diocèse.

Ce que l’on attend de moi, ce n’est pas tant de vouloir donner à ceux qui me sont proches quelque chose. C’est d’être présent et solidaire avec ce qu’ils vivent. C’est engager la conversation avec celui que je croise de temps en temps, regarder d’un œil différent celui que j’avais déjà catalogué dans ma tête avec méfiance, suspicion.

Prendre mon téléphone pour demander des nouvelles de celui dont mon cœur me parle. La solidarité c’est prendre le temps de la rencontre.

Pour ce dimanche la parole de Dieu qui nous est proposée est justement celle de la rencontre de Jésus avec la Samaritaine. Vous voyez cette scène : Jésus est fatigué, il a marché toute la matinée, il s’assied sur la margelle du puits.

Le dialogue improbable avec cette femme, une Samaritaine, s’engage autour d’une phrase banale, à notre portée : « Donne-moi à boire ». Mais déjà dans cette rencontre on sent le désir de partager, d’aller plus loin… Jésus ne se détourne pas de cette fraternité, de cette solidarité.

Oui, la solidarité c’est prendre le temps de la rencontre et c’est en cela que Dieu peut être présent à mes côtés parce qu’il peut être de toutes mes rencontres.

En contemplant le Christ, en le regardant prier, en le suivant dans ses rencontres, en l’écoutant enseigner à partir du concret de la vie de ceux qu’il côtoie, je peux accueillir son invitation à me faire serviteur les uns des autres à sa suite. Qui sait si, au-delà des fragilités, des faiblesses, il n’ouvrira pas des chemins de vie, d’espérance ?

Quand je regarde quelqu’un, Seigneur,
Donne-moi ton regard
Seigneur, apprends-moi à voir les richesses
Que tu as mises au cœur de l’autre.

 

Michel Gruère
Diacre
Délégué épiscopal pour la solidarité