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Jeudi 15 décembre, à 11h au Centre Diocésain Pape François, Mgr Xavier Malle a présenté ses vœux de Noël aux autorités civiles, militaires et religieuses, puis à 14h aux diocésains en l’église des Cordeliers, suivis de la messe à 15h30 et d’un goûter de Noël.

Ci-dessous :

  • Texte et audio de l’intervention de Mgr Xavier Malle lors de ses vœux aux autorités (dans le texte, les ajouts aux diocésains sont encadrés)
  • Texte et audio de l’homélie aux diocésains
  • Vidéo des vœux aux autorités civiles, militaires et religieuses

VOEUX de Mgr Xavier Malle AUX AUTORITES à 11h

Monsieur le président du Département, 

Monsieur le vice-président, 

Mesdames-Messieurs les conseillers départementaux,

Mesdames et messieurs les maires, adjoints aux maires et conseillers municipaux

Monsieur le colonel, commandant le 4ème chasseur,

Monsieur le délégué militaire départemental adjoint,

Monsieur le colonel, commandant la gendarmerie départementale,

Monsieur le commandant de compagnie de gendarmerie départementale à Briançon

Monsieur le général (2S), 

Monsieur le colonel représentant le directeur départemental du SDIS des Hautes Alpes

Monsieur le lieutenant-colonel, chef du groupement territorial nord et chef du centre d’incendie et de secours d’Embrun

Monsieur le commandant, chef du groupement territorial sud et chef du centre principal de Gap

Monsieur l’avocat représentant Madame le bâtonnier,

Madame la pasteure, représentant la communauté protestante, et monsieur le représentant de la communauté orthodoxe,

Mesdames et messieurs les membres du conseil épiscopal élargi,

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14h00 Vœux aux forces vives du diocèse (ce qui est encadré et ajouté à ces vœux aux diocésains)

Aux doyens, aux curés, aux autres prêtres en activité, aux prêtres retirés, 

Aux diacres et à leurs épouses, 

Aux religieuses et aux religieux, 

Aux salariés de l’association diocésaine, aux responsables de services diocésains salariés et bénévoles,

Aux représentants de l’Enseignement Catholiques, mesdames et messieurs les chefs d’établissement,

Aux représentants des associations liées au diocèse, ANDL, Association Saint Marcellin, Association PREHA, Patrimoine religieux et environnement dans les Hautes-Alpes, 

Aux représentants des associations caritatives et mouvements pastoraux,

Aux membres des nombreux conseils diocésains, à tous les fidèles qui nous rejoignent en cette journée 

chers frères et sœurs et chers amis, 

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Mesdames, messieurs, merci de votre présence pour ces vœux de Noël du Diocèse de Gap-Embrun. 

Qui aurait dit aux vœux de Noël 2019 qu’en mars 2020 nous serions confinés par un virus et qu’une crise économique sans précédent arriverait ?

Qui aurait dit aux vœux de Noël 2021 qu’en février 2022 une guerre d’invasion aurait lieu en Europe avec à la clef une crise énergétique ?

Qui aurait dit aux vœux de Noël 2022 qu’en… Je m’arrête là car vous allez me prendre pour un oiseau de mauvais augure. 

Alors que profondément, même si les temps sont durs, ou justement parce que les temps sont durs, c’est avec véritable Espérance, joie et confiance, que nous fêterons Noël dans quelques jours, et que nous entrerons dans l’année 2023.

Et pourtant, je vous l’assure, nous ne sommes en rien indifférents à la marche du monde. Au contraire, rien de ce qui est humain ne nous est étranger.

C’est le poète romain Térence, mort à Rome en 159 avant Jésus-Christ qui l’écrivait : « Je suis un homme, je considère que rien de ce qui est humain ne m’est étranger. » (Heautontimoroumenos, v. 77)

La constitution du Concile Vatican II intitulée Gaudium et Spes, les joies et les espoirs, sur l’Église dans le monde de ce temps, a repris cette intuition pour l’adapter aux chrétiens : « Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. » (GS1)

Martin Steffens, un philosophe français élargit la perspective en nous y introduisant chacun, dans un ouvrage en 2017, intitulé Rien de ce qui est inhumain ne m’est étranger. Chacun de nous peut à tout instant faire tout le mal possible, je cite : « Nous sommes originellement concernés par la question du mal, cernés par sa possibilité. » Il relève notre impuissance à en venir à bout seuls, et pour les chrétiens, le recours nécessaire à Dieu. Pour nous, la seule issue est de suivre le Christ, qui nous a précédés dans nos chutes.

Aussi, je suis désolé pour ceux qui aimeraient enfermer les chrétiens dans les sacristies, car je vais aborder franchement certains sujets, concernant la société entière, puis concernant l’Église Catholique qui est dans les Hautes-Alpes

Concernant la vie en société

Certains sujets demandent parfois une parole courageuse de la part des Chrétiens et de leurs pasteurs. C’est ce courage, fondé sur sa foi, qui animait le cardinal Saliège, évêque de Toulouse, qui eut des paroles courageuses pour s’opposer à la persécution des juifs en 1942. En voici un court extrait : « Les Juifs sont des hommes, les Juives sont des femmes. Les étrangers sont des hommes, les étrangères sont des femmes. Tout n’est pas permis contre eux, contre ces hommes, contre ces femmes, contre ces pères et mères de famille. Ils font partie du genre humain. Ils sont nos frères comme tant d’autres. Un chrétien ne peut l’oublier. » Fin de citation.

Nous commémorons en cette année 2022 sa lettre pastorale. Elle a ainsi été lue le 15 août dans les églises de France après l’avoir été dans les synagogues.

Je suis heureux de mentionner qu’il a été évêque de Gap de 1925 à 1928.

 Je relève 4 principaux sujets en cette fin d’année 2022. 

1/ En Ukraine, le canon gronde à quelques heures de route de notre pays.

Un journaliste russe a écrit peu après le 25 février et s’être réfugié à l’étranger : nous étions en Russie, nous nous sommes réveillés en Union Soviétique.

A Rome, ce 8 décembre, devant la statue de l’Immaculée, le Pape n’a pu retenir son émotion pour l’Ukraine en priant Marie :

Vierge Immaculée, j’aurais voulu aujourd’hui
t’apporter les remerciements du peuple ukrainien,
pour la paix que nous demandons au Seigneur depuis si longtemps.
Au lieu de cela, je dois encore t’apporter la supplication
des enfants, des personnes âgées, 
des pères et des mères, des jeunes gens
de cette terre martyrisée, qui souffre tant.
Mais en réalité, nous savons tous
que tu es avec eux et avec tous ceux qui souffrent,
comme tu l’as été à côté de la croix de ton Fils.

Louons notre pays pour l’effort important qu’il fait pour aider l’Ukraine, pour accueillir ses réfugiés et pour atténuer les conséquences de cette guerre d’invasion pour nos concitoyens.

D’un mal, nous avons l’habitude de dire que Dieu peut en tirer un bien. Puisse ainsi cette crise nous contraindre à une vie sobre, et nous faire progresser vers un accueil inconditionnel de nos frères et sœurs dans la détresse.

2/ En France, en principe, je cite, « la laïcité garantit le libre exercice des cultes et la liberté de religion » ; c’est une citation du site internet du gouvernement. 

La liberté de culte est-elle menacée par la récente loi visant à conforter le respect des principes de la République ? Même si l’ensemble des cultes en France le pense, le Conseil Constitutionnel ne l’a pas jugé ainsi. Nous attendons l’avis du Conseil d’État, qui rappelons-nous avait jugé sévèrement les confinements prolongés des cultes pendant la pandémie. Puis nous jugerons sur pièce, dès le mois de juin prochain puis dans 5 ans. Comment se passeront la reconnaissance par les préfectures tous les 5 ans de notre qualité cultuelle ? Pourrais-je continuer à parler librement comme je le fais ce matin devant vous, sans craindre que la communauté catholique ne soit disqualifiée au regard des normes alors établies ? Et si, nous aussi, un jour nous nous réveillons en régime autoritaire, un autocrate n’aurait-il pas avec cette loi toutes les armes pour tenter de contrôler les cultes et leurs paroles ?

3/ La fin de vie : nous évêques venons d’adresser une lettre pastorale intitulée « Ô mort où est ta victoire ? » 1Co 15, 55

Cette question de Saint Paul dans son épitre aux Corinthiens traite d’une question venue du fond des âges, alors qu’un débat s’instaure avec le but affiché de légaliser le suicide assisté et l’euthanasie. J’ai lu de nombreuses interventions de soignants des services de soins palliatifs qui rejettent fortement ce qui leur semble une fausse piste. Au lieu de donner la mort, accompagnons les vivants vers la vie éternelle par les soins palliatifs. Les 5 conférences de Carême 2023 du diocèse et du sanctuaire Notre-Dame du Laus seront sur le thème « de la mort à la vie ».

Qu’à l’occasion des débats à venir, les Chrétiens soient convaincus comme dit le Pape François, que « la ‘bonne mort’ est une expérience de la miséricorde de Dieu, qui est proche de nous aussi dans ce dernier moment de notre vie ». 

4/ Le passage des réfugiés dans nos montagnes nécessite aussi une parole courageuse, car ce n’est pas une question ponctuelle, aux vues des dérèglements climatiques et du sous-développement de tant de pays.

Je voudrais cette année attirer l’attention sur notre expérience du manque réel de place d’urgence dans notre département, spécialement à Briançon, mais aussi à Gap. Plusieurs fois par semaine, nous ouvrons les salles paroissiales de Briançon pour accueillir ceux qui ne peuvent dormir aux ‘Terrasses Solidaires’. 

Je voudrai aussi relayer les craintes concernant le prochain projet de loi immigration, à partir de ce qui se vit au camping de Gap. Il est illusoire de vouloir renvoyer chez eux certains migrants. Certaines familles y sont hébergées certes dans des bonnes conditions et j’en remercie les services de l’État, mais il est inhumain de leur interdire de travailler depuis plusieurs années. Je n’ai pas de solution à apporter et ce n’est pas ma mission, mais encore une fois, rien de ce qui est humain ou inhumain n’est étranger aux Chrétiens.

Concernant la vie en diocèse

Au niveau international, ce qui a des répercussions dans notre diocèse, l’Église universelle est engagée dans un synode sur la synodalité,

pour expérimenter le mode synodal, se fondant sur l’écoute du peuple de Dieu et de l’Esprit Saint, comme mode de fonctionnement habituel en Église. Nous avons vécu une période en diocèse, puis au niveau national ; actuellement c’est au niveau continental que se poursuit ce travail, avant le synode romain d’octobre 2024.

Cette manière synodale de fonctionner, nous l’avons vécu concrètement à l’occasion des trois années de discernement d’une vision pastorale pour le diocèse, 

qui se sont conclues le 26 novembre dernier au cours d’un rassemblement diocésain au sanctuaire ND du Laus, par la promulgation de la Mission Altitude, titre de cette vision pastorale, qui se décline en 6 orientations missionnaires pour les années 2022-2030.

A cette occasion, j’ai proposé une lettre pastorale intitulée Montagne, portez au peuple la paix ! selon une belle parole biblique d’un psaume : vous pourrez la trouver à l’entrée de l’auditorium (de l’église) ainsi qu’une synthèse en 4 pages. L’objectif d’une vision pastorale est de donner du courage, aux Chrétiens car dans ces temps difficiles, la mission des chrétiens du diocèse de Gap-Embrun est de porter cette paix du Christ aux habitants des Hautes-Alpes. Un Conseil Pastorale Diocésain, rassemblant laïcs, religieuses, prêtres et diacres, sera initié dès le mois de janvier prochain pour aider à cet élan missionnaire.

Diocèse de Gap-Embrun, c’est en effet le nouveau nom pour notre diocèse, avec un tiret.

Depuis 2007, le titre d’Embrun a été rattaché à celui de Gap, par Rome à la demande du diocèse, mais juridiquement sans acter le changement de nom proprement dit. L’habitude a été prise d’utiliser couramment « Diocèse de Gap et d’Embrun ». Mais l’Annuaire pontifical, indiquait toujours comme nom « Diocèse de Gap, auquel est rattaché le titre d’Embrun ». Sur la demande de la Congrégation pour les évêques, à mon arrivée en 2017, j’ai dû utiliser le nom provisoire de « Diocèse de Gap (+Embrun) » pour symboliser ce rattachement ; dans l’attente de pouvoir faire une nouvelle demande à Rome, laquelle a abouti pour notre joie, par un décret romain du 5 juin 2022. Les noms des deux anciens diocèses sont donc maintenant solidement unis et inscrits dans notre nouveau nom.

Notre vie en diocèse est aussi marquée par notre engagement contre les abus sexuels au sein de l’Église. 

Nous évêques, depuis Lourdes en novembre dernier, avons adressé une autre lettre pastorale aux chrétiens et aux personnes de bonne volonté, intitulés « Bouleversés et résolus », résumant notre état d’esprit, alors que de nouveaux faits d’abus étaient révélés. Nous avons voulu redire que l’Église catholique est engagée indéfectiblement dans un travail de vérité sur les abus sexuels commis en son sein. Elle le doit d’abord aux personnes victimes, mais aussi par rapport aux auteurs d’abus, à tous les chrétiens et à tous les habitants de notre pays. 

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Le pasteur protestant Dietrich Bonhoefferr dans un texte sur la vie communautaire, écrit à propos de l’Église : « la fraternité chrétienne n’est pas un idéal humain, mais une réalité donnée par Dieu. (…) Pour que Dieu puisse nous faire connaître la communauté chrétienne authentique, il faut que nous soyons déçus, déçus par les autres, déçus par les chrétiens en général, ou tout au moins déçus par nous-mêmes. » Fin de citation. Que la période que nous continuons à traverser nous fasse grandir dans notre amour de l’Église, non une Église idéalisée, mais une Église réelle, composée de pécheurs repentants sur chemin de conversion et de sainteté, et pleine de miséricorde pour les pécheurs.

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Au niveau national des mesures importantes continues à être prises et dans le diocèse, trois décisions deviendront effectives cette année : 

  • La création d’un service diocésain pour la protection des enfants et des personnes vulnérables, en remplacement d’un groupe de travail autour de l’évêque pour suivre ces questions. En effet, nous occuper des enfants est dans notre mission ; les protéger l’est aussi, et cela est maintenant inscrit dans la structure même des services diocésains.
  • Ce service est dirigé par une mère de famille, professeur, et non plus par un clerc.
  • En janvier, je signerai une convention avec l’association Enfant en danger 05, bien connue sur le Gapençais, pour leur déléguer la mission de notre cellule d’écoute afin de professionnaliser cette nécessaire écoute de la parole des personnes victimes, sans nous en désintéresser.

Je vais aborder maintenant une chose plus joyeuse, les travaux immobiliers 

qui ont aboutis cette année. Je remercie d’ailleurs les services diocésains qui les préparent et les accompagnent ainsi que nos généreux donateurs qui les rendent possibles, malgré nos difficultés financières, qui perdurent en raison de la crise économique et énergétique. L’Église ne vit que de dons.

Vous avez appris que je vais personnellement déménager. Je vais quitter l’été prochain le boulevard général de Gaulle – évêché depuis la loi de 1905 suite à l’expulsion de l’évêché historique qui était à l’emplacement de l’actuel conseil départemental – pour rejoindre deux petites maisons accolées au Centre Diocésain Pape François, côté patinoire. Le but est certes d’abord de faire des économies de fonctionnement, mais aussi de me rapprocher des services diocésains.

Le 17 juin dernier, j’ai béni la salle paroissiale saint Martin de Laragne entièrement rénovée et équipée en vidéo transmission. La paroisse de Laragne a maintenant un bel outil pastoral.

Le 3 juillet j’ai béni le nouveau Centre d’Accueil des Pèlerins du Sanctuaire Notre-Dame du Laus, ainsi que la cour intérieure réaménagée, entièrement financé par les donateurs du Sanctuaire. 

Le 2 décembre dernier, nous avons avec monsieur le président du département posé la première pierre de la chaufferie bois pour l’ensemble du Sanctuaire, et je remercie toutes les autorités publiques qui permettent cette réalisation pour une énergie décarbonée.

Nous allons maintenant nous concentrer sur une troisième tranche de travaux au Laus ; tout ce que nous rêvons de réaliser dans la basilique et autour : le parvis, la montée, le vestiaire des sœurs, l’extension du transept droit et la création d’un cloître de verdure, ainsi que la rénovation du bâtiment Sainte-Thérèse, en gite accessible aux bourses modestes.

Avec regret, en raison de l’augmentation importante des prix des chalets en bois, nous avons dû reporter à de meilleurs temps le projet de nouveau camping, sur le site de la colline de Gyquière, qui visait le même but.

L’ensemble de ces travaux, tout en améliorant l’expérience des pèlerins et facilitant l’équilibre financier du sanctuaire, donnent du travail à des entreprises du département.

Enfin, concernant les travaux, comment ne pas mentionner les futurs travaux au collège-lycée saint Joseph à Gap, dont en particulier la partie lycée qui sera complétement reconstruite grâce à un investissement important des sœurs de Saint Joseph. Qu’elles en soient infiniment remerciées. 

En action de grâce, je veux remercier ceux qui ont quitté le service du diocèse et ceux qui y sont arrivés ; pardonnez-moi si je ne peux citer tout le monde.

A la Curie, Camille Valette responsable de la communication, après une année de travail a suivi son époux et a laissé sa mission à Sonia Courant-Rossi. Marie Michaux assistante à l’évêché est partie en Normandie près de ses parents âgés, remplacée par Léa Bitard et Gaïdig Lévêque comme assistantes, chacune à mi-temps à l’évêché. 

Au Sanctuaire ND du Laus, le père Ludovic Frère est parti en année sabbatique à Rome et nous accueillons un nouveau recteur, le père Michel Desplanches, qui nous confirme que la Provence commence dans les Hautes-Alpes, au fil de la Durance !

 A l’Association Notre-Dame du Laus, l’hôtellerie du sanctuaire, un Crévolins skieur, le président Guy Ignesti, a slalomé sans sortie de piste dans les années covid, et c’est un amiral, Denis Guillaume, arrivé pour la retraite dans le Guillestrois, qui lui succède. Nul ne doute qu’il saura tenir la barre en ces temps énergétiques difficiles !

C’est l’occasion d’un grand coup de chapeau à tous ceux qui se dévouent 

dans les paroisses, le sanctuaire, et la curie diocésaine. Un autre grand coup de chapeaux aux membres des différents conseils dans l’Église, que ce soit au niveau des paroisses ou du diocèse. 

Ainsi je suis reconnaissant aux prêtres du conseil presbytéral qui travaillent beaucoup. Parmi ses travaux, en lien avec le conseil épiscopal élargi, ils ont participé au discernement de la restructuration des paroisses, première mise en application de la seconde orientation missionnaire diocésaine : passer d’une logique de clocher à une communauté de vallée. Nous avons en effet encore 168 paroisses juridiques, mais en réalité 15 secteurs paroissiaux, et nous allons les restructurer en suivant une logique de vallée, correspondant à la réalité de la vie des gens. Vous découvrirez en début d’année prochaine les nouvelles paroisses, avec un double nom : le nom d’un saint, signifiant pour les chrétiens de cette vallée, accolé à un nom géographique, pour facilement les situer. Je laisse le suspens, car les dernières consultations sont en cours.

Concernant les personnes, je veux vous inviter à prier pour nos deux séminaristes, en formation au séminaire d’Aix en Provence, Alexandre en première année et Joseph en troisième année, et surtout à continuer à prier pour les vocations sacerdotales et consacrées.

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Alors que nous sommes ensemble, notre cher père Bertrand Gournay est sur la table d’opération à Paoli-Calmette à Marseille, pour une opération prévue pour durer 8 heures. Il sait que nous allons offrir cette eucharistie pour lui. J’invite ceux qui le désirent, à offrir les bienfaits de leur communion pour le p Bertrand et pour ses médecins.

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Voyez que si ces années ne sont pas faciles pour notre Église catholique et pour les Chrétiens, l’Église dans les Hautes-Alpes lève les yeux vers les splendides sommets enneigés, contemplant à travers eux le Créateur, pour mieux accueillir, accompagner, avec la tendresse de Marie Mère, tant et tant de personnes en attente de sens, de joie, d’espoir, et leur annoncer l’Esperance en Jésus, l’enfant de Bethléem.

Alors avec espérance, joie et confiance, je vous souhaite un joyeux Noël, (et) une bonne année 2023 et une bonne Mission Altitude 2022-2030 !

homélie de mgr xavier malle aux diocesains a la messe à 15h30

« Rejouis-nous » avons-nous entendu dans la prière d’ouverture de cette messe, « Crie de joie » invite Isaïe dans notre première lecture. 

Cela fait un peu méthode Coué, c’est à dire comme me renseigne internet : « une méthode fondée sur l’autosuggestion et l’autohypnose, due au psychologue et pharmacien français Émile Coué de la Châtaigneraie » ! En réalité il n’en est rien. Nous parlons ici d’une joie divine, d’une grâce de Dieu, d’un cadeau de Dieu. Elle est bien exprimée dans la prière d’ouverture : « Seigneur nous sommes pour toi des serviteurs indignes, attristés par la conscience de nos fautes ». Si le gros de nos soucis vient de nos propres péchés, nous sommes aussi attristés par des éléments qui le plus souvent ne dépendent pas de nous : maladies, infirmités, échecs. « Nous t’en prions » oui, c’est une prière, car par nos propres forces, nous ne pouvons transformer cette tristesse en joie ; la joie chrétienne est un don. « Nous t’en prions : réjouis-nous par l’avènement de ton Fils unique, qui apporte le salut. » Voilà la source de la joie chrétienne : Noël ! L’avènement de ton Fils unique, qui apporte le salut. Et ce salut, il n’est pas qu’à la fin des temps ou qu’au sommet de notre vie, quand nous contemplerons Dieu face à face. Nous en vivons déjà, car non seulement Jésus est né, mais il est mort et vivant pour nous. Alors on comprend la finale de la prophétie de bénédiction d’Isaïe adressé à la femme stérile. « Même si les montagnes s’écartaient, si les collines s’ébranlaient, ma fidélité ne s’écarterait pas de toi, mon alliance de paix ne serait pas ébranlée, – dit le Seigneur, qui te montre sa tendresse. » Bien sûr, ce vocabulaire de la montagne nous est cher, notre vision pastorale en est remplie, nous qui vivons dans des vallées surmontées de hautes et belles montagnes. Nous savons d’expérience que les montagnes peuvent s’écarter, les collines s’ébranler. Cela coûte d’ailleurs bien cher au département ! Nous le savons aussi d’expérience dans nos vies. Les plus solides peuvent s’effondrer. Dieu nous redit : « quel que soit ce qui arrive, je suis avec toi. Je t’ai racheté, Je t’aime. Ma fidélité ne s’écartera pas de toi, mon alliance de paix ne sera pas – elle- ébranlée. »

Juste avant de partir pour l’hôpital de Marseille, le père Bertrand Gournay m’a envoyé un beau cadeau, sa relecture de notre vision et de la lettre pastorale.

Nous publierons son texte en janvier, car là vous avez un peu la tête à la fête de famille qui s’annonce ! En particulier, j’ai été touché par ces paroles du spécialiste de la Bible qu’il est : « Dans la Bible, l’image de la montagne renvoie à la force, à la fermeté, à la solidité, à la fidélité de Dieu (rocher, bouclier, forteresse, refuge, …). Force et fermeté mais pas seulement. Il est parfois aussi évoqué sous l’aspect du souffle et « d’une brise légère à travers une fente d’une montagne » (Cf. le Livre des Rois 19, 9-14). La discrétion de l’action de Dieu auprès des hommes rejoint celle de la naissance de Jésus qui vient pour prendre soin du peuple et des peuples, comme le dit la Lettre Pastorale, afin que chaque habitant des Hautes-Alpes reçoive la paix du cœur. » C’est pour nous une certitude de foi : son alliance de paix, inaugurée à Noël et scellée à Pâques, ne sera pas ébranlée. C’est la source de notre joie. 

Mais quand on a connu ce grand amour, comme quand on a connu un grand amour, on veut que tout le monde le sache. 

On veut le partager. Comme dit encore le père Bertrand : « La Bible exprime et décrit ce que Dieu a fait depuis la création de l’univers jusqu’au salut de l’homme, de son âme. Le projet de Dieu est donc joyeux, immédiatement positif … Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. (Jean 3.16) Dans cette même direction, la joie du salut ouvert à tous les hommes au sein de la Création, rejoint la vision sur l’avenir que présente la Lettre Pastorale. Elle veut répondre aux appels de l’Esprit pour mieux servir nos contemporains dans leur vie quotidienne et ainsi mieux « étancher » leur soif de vie spirituelle. »

Je vous invite donc à lire, à méditer, à travailler la lettre pastorale, et à en partager le fruit à plusieurs, dans les petits groupes synodaux, dans les conseils paroissiaux, dans les associations catholiques, etc.

En fait, ce que le Pape François nous invite à être, des disciples missionnaires, c’est tout simplement à être d’autres Jean-Baptiste, tel que le décrit Notre Seigneur Jésus dans l’Évangile. « Qu’êtes-vous allés regarder au désert ? (…) un homme habillé de vêtements raffinés ? Mais ceux qui portent des vêtements somptueux et qui vivent dans le luxe sont dans les palais royaux. » Frères et sœurs, les gens ne viennent pas à l’Église pour la beauté de nos églises ou de nos palais, mais pour rencontrer des témoins de l’amour de Dieu, ceux qui pourront leur annoncer que Jésus est mort et ressuscité pour eux. « Alors, qu’êtes-vous allés voir ? Alors, qu’êtes-vous allés voir ? un prophète ? Oui, je vous le dis ; et bien plus qu’un prophète.  C’est de lui qu’il est écrit : Voici que j’envoie mon messager en avant de toi, pour préparer le chemin devant toi. »

Je termine en relisant notre vision pastorale entrecoupée de la Parole de Dieu qui l’éclaire : 

Les yeux levés vers la splendeur de tes sommets,

Le Seigneur mon Dieu est ma force ; il me donne l’agilité du chamois ; il me fait marcher dans les hauteurs. Ha 3, 19

depuis tes diverses vallées,

Comme un berger veille sur les brebis de son troupeau quand elles sont dispersées, … je les rassemblerai … je les ferai paître sur les montagnes d’Israël, dans les vallées, dans les endroits les meilleurs.  Ez 34, 12 et 13

Église dans les Hautes-Alpes,

Le Seigneur est mon rocher, mon salut Ps 61, 2

ouvre de nouvelles voies, 

Montagnes, éclatez en cris de joie ! Isaïe 49, 13

accueille et accompagne,

Montagnes, portez au peuple la paix ! Ps 71, 3

avec la tendresse de Marie : 

Marie se mit en route et se rendit avec empressement vers la région montagneuse – Luc 1, 39

annonce Jésus Christ !

Venez ! Montons à la montagne du Seigneur ! Isaïe 2, 3

AMEN !

Photos de cette journée à retrouver via ce lien :

https://flic.kr/s/aHBqjAjody

Ecoutez les vœux de Monseigneur Xavier Malle aux autorités :

https://www.rcf.fr/actualite/evenements-0?episode=322062

Vidéo des vœux :