You are currently viewing Voici que je fais toute chose nouvelle ! Homélies Ceillac et Guillestre lors de la visite pastorale 2 et 3 avril 2022

Samedi 3 avril à Ceillac / Dimanche 3 avril à Guillestre – 5ème dimanche du Carême

Voici le texte de base de ces deux homélies, le résultat est un peu différent à Ceillac et à Guillestre !

Savez-vous ce que Jésus a écrit dans le sable ?

Mon hypothèse : « Voici que je sais toute chose nouvelle! » Car tel est le coeur de la prophétie d’Isaïe, et de ce 5ème dimanche du Carême.

C’est important à entendre alors que nous traversons une période difficile, début de sortie du Covid, en crise climatique et maintenant cette guerre d’invasion de l’Ukraine, à nos portes. La peur de mon enfance (invasion soviétique et bombe atomique) a tout d’un coup repris vie ! Comment garder l’espérance ? Il est vrai que depuis 30 ans, mis à part les guerres lointaines, nous nous sentions en sécurité. C’est peut-être alors l’occasion de réciter l’acte d’espérance ! Le réciter, car l’espérance est une vertu chrétienne, plus exactement une vertu théologique, infusée au moment de notre baptême, comme la foi et la charité, mais elle a besoin d’être entraînée – récitée – pour ne pas se scléroser. Car comme dit le Pape François, « ne nous laissons pas voler notre espérance ».

Dans la première lecture, du livre d’isaïe, nous avons comme une dialogue entre le passé et ce toutes choses nouvelles. « Ainsi parle le Seigneur, lui qui fit un chemin dans la mer ». C’est le mode habituel des hébreux de proclamer leur foi, proclamer les merveilles que Dieu a fait dans l’histoire pour son peuple élu, et ici la traversée de la Mer rouge pendant la fuite d’Egypte. Le psaume est un autre exemple à propos du retour d’exil : « Quand le Seigneur ramena les captifs à Sion, nous étions comme en rêve ! »

Pour nous aussi c’est important : faire mémoire de notre histoire sainte, de la présence de Dieu dans nos vies, personnelles et communautaires. Dieu ne nous a pas abandonné, il  ne va pas nous abandonner.

Mais notre foi si elle est tournée vers le passé en action de grâce, n’y reste pas bloqué, car Dieu agit, alors dit Dieu, « Ne faites plus mémoire des événements passés, ne songez plus aux choses d’autrefois. Voici que je fais une chose nouvelle :elle germe déjà, ne la voyez-vous pas ? Oui, je vais faire passer un chemin dans le désert. »

Et nous avons alors deux beaux exemples.

Saint Paul dans la seconde lecture; pour qui il y a un avant et un après sa conversion sur le chemin de Damas, sa rencontre avec Jésus vivant : « Tous les avantages que j’avais autrefois, je les considère comme une perte à cause de ce bien qui dépasse tout : la connaissance du Christ Jésus, mon Seigneur. À cause de lui, j’ai tout perdu ; je considère tout comme des ordures, afin de gagner un seul avantage, le Christ. » Oui, frères et soeurs, le moment le plus important de notre vie est celui où nous avons rencontré personnellement Jésus. Car la connaissance du Christ Jésus, le verbe connaître pour un hébreu est plus qu’intellectuel, c’est une expérience.

C’est cette expérience qu’a faite la femme adultère. Ne nous trompons pas, Jésus ne canonise pas son péché, n’abolit pas le commandement « tu ne commettras pas d’adultère », mais il lui offre son pardon et la remet sur le bon chemin : « Moi non plus, je ne te condamne pas. Va, et désormais ne pèche plus. »

Alors cette expérience, nous pouvons la refaire, et nous convertir régulièrement ! Nous pouvons l’espérer pour notre monde. 

Dans une semaine, dimanche 10 avril, ce sera le dimanche des Rameaux. Cette fête connaît encore une belle fréquentation, particulièrement de chrétiens peu pratiquants. On peut s’interroger sur ce phénomène ! Est-ce un reste de religiosité populaire, très respectable, de planter des rameaux dans les champs ? N’est-ce pas plutôt par ce que cette fête a un lien avec l’espérance ; lien si bien signifié par la couleur verte des rameaux ? Après l’hiver, c’est le printemps ! Nous savons pourtant qu’elle ouvre la Sainte Semaine, terrible semaine de souffrance de Notre Seigneur Jésus Christ, mais qu’au bout il y a Pâques. 

Quelle est notre espérance ? Relisons le catéchisme de l’Église Catholique §1817 : « L’espérance est la vertu théologale par laquelle nous désirons comme notre bonheur le Royaume des cieux et la Vie éternelle, en mettant notre confiance dans les promesses du Christ et en prenant appui, non sur nos forces, mais sur le secours de la grâce du Saint-Esprit. »

Saint Paul écrit à propos d’Abraham : « Espérant contre toute espérance, il crut et devint ainsi père d’une multitude de peuples » (Rm 4, 18). En 2025, ce sera un nouveau Jubilé dans notre Église, et le Pape lui a donné comme thème « Témoins de l’espérance ».

Comme Abraham, espérons contre toute espérance d’autant que depuis le 25 mars, l’humanité, la Russie et l’Ukraine sont confiées par le Pape et par nous à l’intercession et à la tendresse du cœur immaculé de Marie. Alors avec Marie, redisons l’acte d’espérance : « Mon Dieu, j’espère avec une ferme confiance, que vous me donnerez, par les mérites de Jésus-Christ, votre grâce en ce monde et, si j’observe vos commandements, le bonheur éternel dans l’autre, parce que vous l’avez promis et que vous êtes fidèle dans vos promesses. » Amen