Présentation du Diocèse de Gap et d’Embrun

En bref

Le diocèse de Gap et d’Embrun correspond au département des Hautes-Alpes.

Son évêque actuel est Mgr Jean-Michel di Falco Léandri.

Sa superficie est de 564 311 hectares et sa population de 138 605 habitants en population municipale, 143 962 en population totale, pour 172 communes (référence statistique : 1er janvier 2011).

Il est divisé en 3 archiprêtrés et 6 doyennés : l’archiprêtré Saint-Arnoux regroupe les doyennés
du Gapençais, de l’Avance-Durance et du Champsaur-Valgaudemar ; l’archiprêtré Saint-Arey
correspond au doyenné du Buëch-Dévoluy ; et l’archiprêtré Saint-Marcellin comprend les
doyennés de l’Embrunais-Savinois-Guillestrois-Queyras et du Briançonnais.

Le diocèse comporte 194 paroisses, la plupart correspondant au territoire des communes.

Histoire

L’actuel diocèse de Gap et d’Embrun correspond au département des Hautes-Alpes. Il regroupe la plupart des territoires qui, jusqu’en 1801, ont appartenu à deux diocèses différents : celui d’Embrun et celui de Gap.

Le diocèse d’Embrun (363 – 1801)

L’évangélisation de la partie Nord de l’actuel diocèse de Gap et d’Embrun fut faite par Saint Marcellin et ses compagnons, Vincent et Domnin. Ils furent envoyés comme missionnaires depuis le Piémont par Saint Eusèbe de Verceil. Saint Marcellin fut sacré premier évêque d’Embrun en 363. Il est le patron secondaire de notre diocèse.

Le Concile de Nicée avait posé comme règle : un évêque par « cité » et un métropolitain par « province ». Devenue l’une des 21 métropoles de l’Empire sous Charlemagne, Embrun se trouve métropolitain des diocèses de Digne, Grasse, Vence, Senez, Glandève et Nice, c’est-à-dire des diocèses montagneux à l’est de la Durance.

Au Moyen-âge sous l’influence des monastères, la vie religieuse se développe. Après la fondation par Saint Eldrade en 860 d’un prieuré dépendant de la Novalaise au Monêtier-les- Bains, ce sera la fondation de Notre-Dame de Boscodon en 1132, filiale de l’Ordre de Chalais. De 1170 à 1225, construction de la cathédrale d’Embrun, joyau de l’art roman, avec ses pierres bicolores et ses lions, signes de l’influence lombarde. Au XIIIe siècle, un prieuré franciscain s’ouvre à Briançon. Les dominicains en ouvrent un en 1226. Et au Monêtier, des cisterciens relèvent le prieuré ruiné des moines de la Novalaise. À partir de 1349, date où le Dauphiné passe à la couronne de France, les rois vont manifester une dévotion particulière à Notre-Dame d’Embrun, sous le vocable de Notre-Dame du Réal. On note que l’archevêque Jacques Gelu, son contemporain, fut un vaillant défenseur de Jeanne d’Arc et de sa mission. Au XVIe siècle, ce diocèse fut très meurtri par les débats et les violences de la Réforme : surtout à Briançon, en Vallouise et au Queyras, sans oublier la vallée de Freissinières où, au siècle précédent, s’étaient réfugiés les disciples de Pierre Valdo, les « vaudois ».

À la suite de l’Édit de Nantes de 1598, des temples sont construits partout, et une cohabitation, même si elle est difficile, s’établit.

En 1685, à la Révocation, les temples furent rasés et beaucoup d’huguenots fuirent vers le Piémont et l’Allemagne. Dès 1583, les jésuites avaient tenté d’ouvrir un collège à Embrun, ils peuvent le faire en 1606. Ce collège aura un rayonnement considérable, même au-delà de 1764, où il passera aux mains du diocèse, l’Ordre des jésuites ayant été interdit à cette date par le roi. À la fin du XVIIe siècle, l’archevêque Charles de Genlis eut la tâche délicate de discerner, l’authenticité des apparitions de la Vierge Marie à Benoîte Rencurel, au hameau du Laus. Cette sainte fille, guidée par Marie, resta de 1664 à sa mort en 1718 au service de la miséricorde de Dieu et de la conversion des pécheurs. Ce fut l’origine du sanctuaire et du pèlerinage de Notre-Dame du Laus, refuge des pécheurs.

En 1727, l’archevêque Pierre de Tencin convoque à Embrun un Concile régional visant à stopper l’expansion janséniste. L’évêque de Senez y fut sanctionné. Les grilles du sanctuaire de la cathédrale, mises à cette occasion, en sont encore le témoin. Le dernier archevêque d’Embrun, Pierre-Louis de Leyssin, fuyant la Révolution, se réfugia en Allemagne où il mourut en 1802. Ce diocèse a disparu. Il n’a pas été rétabli.

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